La Banque Postale souhaite éliminer les frais avec KissKissBankBank

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La Banque Postale tourne une page en mettant en vente KissKissBankBank. Cette start-up est en effet le leader du financement participatif. Elle avait été rachetée à 100 % en 2017. Sous la direction de Stéphane Dedeyan, nouveau PDG depuis fin 2023, la banque réoriente sa stratégie. L’objectif : se recentrer sur ses activités clés dans un secteur bancaire en pleine évolution. Les détails ici !

La Banque Postale se sépare de KissKissBankBank & Co : une décision stratégique

La Banque Postale revoit sa stratégie et tourne la page avec KissKissBankBank. Rachetée à 100 % en 2017, la plateforme de financement participatif, désormais regroupée sous le nom KissKissBankBank & Co, est mise en vente. Selon Les Echos, une banque d’affaires a été mandatée il y a quelques mois pour trouver des acquéreurs.

Cette cession inclut plusieurs filiales : Lendopolis, spécialisée dans les énergies renouvelables, Goodeed, une régie publicitaire solidaire, et Youmatter, axée sur les médias et la formation en RSE. Cependant, Microdon, acteur de l’arrondi solidaire en magasin, reste hors du périmètre de vente. En effet, son activité se rapproche de celle de la banque. Au total, le groupe emploie une centaine de personnes.

La Banque Postale réévalue KissKissBankBank et ajuste sa stratégie bancaire

La Banque Postale confirme qu’une réflexion est en cours concernant KissKissBankBank, sans préciser si une vente est envisagée ni le périmètre concerné. « La Banque Postale procède régulièrement à des revues stratégiques de ses activités dans un marché bancaire en constante évolution », a déclaré le groupe aux Echos.

Lors du rachat de la start-up, l’objectif était de bâtir un « pôle de finance progressiste », en accompagnant de petites entreprises dans leur croissance, explique un expert du secteur. Mais aujourd’hui, cette ambition ne semble plus être une priorité.

Ce changement s’inscrit dans une série de transformations au sein de la banque, notamment avec l’arrivée de Stéphane Dedeyan comme nouveau dirigeant au printemps, après le départ de Philippe Heim. Sa mission principale : recentrer les activités de la banque sur ses fondamentaux et réorienter ses investissements.

Cette stratégie s’est récemment traduite par la décision de fermer Ma French Bank, la banque en ligne de La Banque Postale. Bien que populaire auprès des clients, celle-ci n’a pas atteint la rentabilité ni trouvé de modèle économique durable, avait expliqué le groupe dans un communiqué.

Un défi complexe

Au-delà de l’impact social de ces start-ups, c’est leur rentabilité insuffisante qui explique en partie ce changement de cap. 2024 a été une année difficile surtout pour le financement participatif. Il est affecté par l’inflation, l’incertitude politique et la pression réglementaire.

Le défi de concilier grands groupes et start-up n’est pas nouveau. En 2023, La Poste s’est séparée de Stuart, une entreprise spécialisée dans la livraison du dernier kilomètre, acquise en 2017. La rupture avec Stuart montre la difficulté pour les grandes entreprises publiques de tirer profit des start-ups dans leur stratégie globale.

La Banque Postale n’est pas la seule à revoir sa stratégie. En début d’été, la Société Générale a cédé la néobanque Shine au groupe danois Ageras, après quatre ans de collaboration.

Ce phénomène se déroule dans un contexte où de nombreuses banques réévaluent leur investissement dans les fintechs. Cela est dû à la tension entre la culture d’innovation des start-ups et les exigences de rentabilité des grands groupes.

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