À la fin de l’année 2023, Amazon annonçait le lancement de sa nouvelle offre publicitaire sur Prime Video, avec une première mise en place aux États-Unis dès janvier 2024. En avril, cette fonctionnalité a été étendue à tous les abonnés. Désormais, les utilisateurs peuvent rencontrer des publicités de 15 à 60 secondes au début de films ou épisodes de séries. Amazon précise que ces publicités ne seront diffusées qu’en début de contenu, sans interruption pendant le programme, bien que certains témoignages suggèrent le contraire.
Amazon prévoit d’intensifier sa stratégie publicitaire en 2025
Pour ceux qui préfèrent éviter ces publicités, il est possible de se désabonner contre un supplément mensuel de 1,99 dollar. Il a été révélé que ce paiement ne se contente pas d’éliminer les annonces, mais permet aussi de réactiver des fonctionnalités comme le Dolby Atmos et le Dolby Vision, qui ne sont plus disponibles avec la version contenant de la publicité.
Comme prévu, Amazon a de grandes ambitions dans le domaine de la publicité. Dans une interview accordée au Financial Times, la société a confirmé qu’elle comptait augmenter « légèrement » la quantité de publicités diffusées en 2025.
Selon Kelly Day, vice-présidente de Prime Video International, la publicité deviendrait plus présente au cours de l’année prochaine. Bien que les détails exacts de cette augmentation restent flous, l’intention est claire et devrait se renforcer au fil du temps.
Ce qui est certain, c’est qu’Amazon s’attendait à une baisse importante du nombre d’abonnés suite à l’introduction de cette fonctionnalité. Bien qu’une diminution ait effectivement eu lieu, elle a été bien moins marquée que ce qui était anticipé. Kelly Day a précisé : « Nous n’avons pas observé de vague massive de clients qui annulent ou abandonnent leur abonnement. »
Cependant, le Financial Times rapportait en juillet que bien que beaucoup d’abonnés aient initialement opté pour la suppression des publicités, ce nombre a chuté rapidement, ne représentant plus qu’une fraction de moins de 10 % des 200 millions d’abonnés payants dans le monde. Ce point n’a pas été commenté par la vice-présidente.
Amazon : des ambitions publicitaires croissantes pour Prime Video en 2025
Malgré l’activation obligatoire de la publicité pour tous les abonnés, les revenus générés ont été légèrement inférieurs aux attentes des analystes. Fin août, les revenus publicitaires d’Amazon s’élevaient à 12,77 milliards de dollars, contre 13 milliards attendus, bien que cela représente une augmentation de 20 %. Ce chiffre correspondait à la fin du premier trimestre complet durant lequel la publicité sur Prime Video a été déployée à l’échelle mondiale.
Les perspectives semblent néanmoins encourageantes pour Amazon. La société a récemment annoncé que son objectif de revenus publicitaires pour 2025, soit plus de 1,8 milliard de dollars, avait déjà été dépassé, selon The Information.
Les marques auront également accès à de nouveaux formats publicitaires. En plus des publicités diffusées dans les contenus, Amazon prévoit l’introduction de nouveaux types de présentations, comme les carrousels. Selon Ars Technica, la société cherche à accroître la présence publicitaire lors des mises en pause des vidéos.
Prime Video face à la concurrence : vers une saturation du marché de la publicité ?
Dans un article précédent, le Financial Times soulignait que les tarifs publicitaires d’Amazon étaient plus abordables que ceux de ses concurrents. L’entreprise surveille de près l’évolution du marché, qui, jusqu’à présent, dépendait principalement des revenus générés par le site Amazon lui-même.
Cette nouvelle source de revenus devrait rapidement croître, mais Prime Video arrive sur un marché déjà bien occupé, où la question de la saturation demeure pertinente. Disney, Netflix, Max, Paramount : tous ont déjà lancé des offres d’abonnement moins chères incluant des publicités. Actuellement, 38 % des abonnements à ces services comprennent une option publicitaire.
Cependant, certains indicateurs méritent une attention particulière. Pour les consommateurs, l’époque des abonnements bon marché et simples d’utilisation semble révolue. Les tarifs augmentent, les fonctionnalités et le nombre d’écrans disponibles varient en fonction des forfaits, de nombreuses séries sont abandonnées, et presque toutes les plateformes, à l’instar de Disney+, durcissent leur politique sur le partage de comptes.

