Ecouter ou réécouter Le Business Club de France du 9 et 10 juin 2012
Au sommaire :
- Spécial Outre mer avec Akuo Energy
- Phone Régie
- Emile Henry
Avec Jean Ballandras, responsable du développement Akuo Energy
A propos d’Akuo
- Activité : développement, production et exploitation de centrales d’énergie renouvelables.
- Date de création et lieu : 2004
- CA : prévisionnel en 2014 : 750 millions d’euros
- Effectif : 70 personnes dans le monde
Présent en France métropolitaine, dans les DOM, en Italie, Espagne, Pologne, Croatie, Bulgarie, Turquie, Inde, États-Unis et Uruguay.
Eolien : 85% de l’activité – Europe Turquie Amérique du Sud, Etats Unis, Inde
Solaire : 10 % de l’activité – ils font partie des 3 premiers acteurs en France, Italie
Agrinergie : concept innovant ; installation de panneaux solaires sur des serres agricoles, sur de très grandes surfaces, ce permet de ne pas « gaspiller » de terres arables. Projet inauguré à La Réunion et en Guadeloupe en 2010.
Biomasse : 2,5 %
Hydraulique : 2,5 %
Jean Ballandras était Secrétaire général aux Affaires économiques à la Préfecture de la Réunion jusqu’au printemps 2011. Il est l’initiateur du programme GERRI (Green Energy Revolution : Reunion Island – programme développement durable visant l’autonomie énergétique de l’île) à la Réunion.
Le projet GERRI se fixe l’objectif de faire de la Réunion le premier territoire au monde, d’ici 2030, d’intégration dans une société de toutes les innovations environnementales intéressant la mobilité, l’énergie et ses usages, l’urbanisme, la construction et le tourisme.
Guy Dupont à propos de GERRI : "Je n’ai pas de raisons de baisser les bras"
Début 2012, où en est le projet GERRI* ? Un projet qui fera, si le calendrier est tenu, de la Réunion une île autonome énergétiquement à l’horizon 2030. Guy Dupont, sa tête pensante depuis avril 2011, nous répond avec réalisme sur l’avancée des projets les plus emblématiques de l’houlomotricité jusqu’à celui d’énergie thermique des mers (ETM) qui est tombé à l’eau, pour filer vers les Antilles. Entretien.
Il y a deux lectures possibles. Si nous nous tablons sur une version très large de GERRI où la Réunion serait arrivée à la pointe, on a encore un très très long chemin. A côté de ça, oui, on a des projets qui sont dans les tuyaux et qui avancent bien. Mais pour que la Réunion soit entièrement autonome en 2030, beaucoup d’eau passera encore sous les ponts, c’est le cas de le dire !Quelles sont donc les dernières actualités ?
Nous avons organisé le 9 décembre dernier un colloque sur les énergies marines. Il s’agissait de faire état de ce qui se passe sur le sujet et de juger des expériences diverses qui peuvent se faire ailleurs dans le monde. Eh bien on a pu se rendre compte qu’on était pas les plus mauvais. Parfois on est même au-dessus des autres, mais ça ne suffit pas. Concernant l’utilisation de la houle, je pense aux exemples de l’Ecosse et du Portugal où sous cette forme novatrice de stockage d’énergie, nous ne sommes pas si mal à la Réunion.Quels projets majeurs sont les plus à même d’aboutir rapidement ?
Trois dossiers sont avancés. Je peux citer le projet SWAC à Saint-Denis. Il fera intervenir un système de climatisation utilisant de l’eau de mer. Concrètement, des tuyaux de 1,5m de diamètre situés jusqu’à 1.500m de profondeur iront pomper de l’eau à 4 ou 5° qui, envoyés dans un échangeur thermique iront rafraîchir des grands bâtiments comme l’aéroport, les hôpitaux, etc… bref les grandes structures. Grâce à ce système on économise énormément d’énergie : c’est moins 40 Mégawatts annuels d’économie sans compter le fait que cette source d’énergie pourrait aboutir sur d’autres utilisations puisque cette eau des profondeurs est très chargée en nutriments. Je pense notamment aux projets dans le domaine des algues.Dans le Sud, le projet PELAMIS doit voir étendre au large de Saint-Pierre des sortes de gros boudins flotteurs de 3 à 4m de large et jusqu’à 100m de long. La pression de la houle entre les différentes articulations de la structure créera de l’énergie qui pourra même être stockée. Nous y attendons 30 Mw d’économie.Le troisième projet s’appelle CETO. On est dans le même schéma avec l’utilisation de l’énergie marine des vagues. Les bouées disposées sur les fonds marins sont mises en mouvement par l’énergie de la houle et transmet son mouvement à une pompe qui met un fluide sous pression. Le fluide sous pression est transporté à terre où une turbine couplée à un alternateur transforme l’énergie en électricité. A terme, c’est 30 Mégawatts de production qui repart sur le réseau EDF qui est attendue.
Des trois projets, c’est donc en tout environ une centaine de Mégawatts gagnée en économie d’énergie.
Pour que les gens aient un ordre d’idée, les Réunionnais consomment pour combien de mégawatts à l’année ?
Environ 450 Mw. On serait donc à un petit quart de la consommation annuelle à la Réunion.
Il avait déjà filé avant que je n’arrive à ce poste mais le projet ETM en était encore au stade de la recherche fondamentale quasiment. En plus, il n’aurait délivré un rendement en mégawatts modeste, que 15 Mw, et pour un coût initial beaucoup plus important que les trois autres, soit entre 300 à 400 millions d’euros.Les Réunionnais entendent parler du projet GERRI depuis des années mais qu’est-ce qui se cache derrière le projet GERRI, en moyens humains ?
Vous allez être étonné. Nous sommes trois ! Moi même en tant que président bénévole et deux autres collègues.On vous a confié les rênes de GERRI en avril 2011, êtes-vous toujours enthousiaste ?
Je n’ai pas de raisons de baisser les bras. La Réunion m’a beaucoup apporté, il est normal que je sois à mon tour à son service. Je suis en retraite et je ne suis pas d’une nature contemplative.*Green Energy Revolution Reunion Island
Article complet ici
L’Outre mer…
Pourquoi restons nous figés, nous les métropolitains, sur les clichés : soleil, cocotiers, musique et fêtes lorsque nous parlons des des territoires, départements, régions et pays d’outre-mer. Ces "clichés" ont la peau dure et écartent systématiquement toute vision de territoire extrêmement innovant. Gerri est une expérience pilote pour la planète. Toujours à La Réunion, l’entreprise Bioalgostral est parvenu à fabriquer du carburant à partir de micro-algues. Et ce carburant a même fait voler un avion !
Pour commencer, voici une courte émission de la chaine Arte qui va vous expliquer ce qu’est l’outre-mer aujourd’hui.
Mayotte est devenu un département en 2011
Et maintenant, quelques extraits d’émissions sur les entrepreneurs ultramarins…


