pierre pelouzet

Arnaque au crédit impôt recherche : une liste pour guider les patrons

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logo-mediateur-entreprisesLors de notre rendez-vous hebdomadaire avec le Médiateur des Entreprises, Pierre Pelouzet, nous abordons régulièrement la problématique du Crédit Impôt Recherche (CIR), dispositif auquel les entreprises ont parfois des difficultés à accéder. Le Parisien revient sur le sujet, voici un extrait de l’article.

⇒ Retrouvez ici les podcasts du Rendez-vous du Médiateur au Business Club de France

« Pour éviter les abus de certains cabinets de conseil indélicats, le médiateur des entreprises a labellisé une trentaine d’organismes auxquels les PME peuvent s’adresser.

Il espérait bien arrondir les fins de mois, faciliter un peu ses investissements, booster sa compétitivité. Voilà pourquoi, il y a deux ans, Jean* a fait appel à un cabinet de conseil pour l’aider à obtenir le sésame de toutes les entreprises qui misent aujourd’hui en France sur la recherche : le crédit impôt recherche (CIR). Il faut dire que cette manne, financée par l’Etat à hauteur de près de 6 Mds€ par an et calculée sur les dépenses de recherche au sein d’une entreprise, est du pain bénit.

⇒ La liste des acteurs de conseil en CIR et CII référencés est ici 

Sauf que le dossier et les nombreuses fiches techniques à renseigner pour le décrocher sont extrêmement fastidieux pour un petit patron. Alors, comme la grande majorité des TPE-PME candidates au CIR, le patron de cette entreprise de biotechnologie, installée à Lille (Nord), a confié cette mission à un cabinet spécialisé, qui facture son expertise à 10 % du CIR perçu. Bingo ! Plus de 150 000 € décrochés pour la PME. Environ 15 000 € pour le cabinet. Mais un an plus tard, le fisc a mis son nez dans le dossier. Le cabinet de conseil avait tout simplement plagié des documents scientifiques qui n’avaient rien à voir avec le travail de Jean pour enrichir le dossier. Evidemment, l’administration fiscale s’en est aperçue. Et le patron a dû rembourser son CIR, pas forcément au meilleur moment. (…)

Lire ici l’article intégral 

Vive la 3ème révolution industrielle! Emission spéciale avec Erik Orsenna, Grégoire Sentilhes, Philippe Vasseur, Pierre Pelouzet. C’était au Business Club (podcast)

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piccollageLogo-BFMBusiness-sans-contourAu Business Club de France
Uniquement sur BFM Radio! 

→ Diffusion : samedi 25/2/2017 à 7h | dimanche 26/2/2017 à 14h

VIVE LA 3ÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE!

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NOS INVITÉS:

  • GRÉGOIRE SENTILHES, président de Nextstage
  • ERIK ORSENNA, écrivain, économiste, conseiller d’état honoraire, entrepreneur
  • PHILIPPE VASSEUR, Commissaire spécial à la revitalisation et à la réindustrialisation des Hauts de France.
  • PIERRE PELOUZET, Médiateur des Entreprises

Ecouter, réécouter et télécharger cette émission:

La 3ème révolution industrielle est en marche! Définie par l’économiste américain Jeremy Rifkin, elle va bouleverser l’économie, le travail, la consommation, la communication. Grégoire Sentilhes analyse cette révolution dans son dernier ouvrage, préfacé par Erik Orsenna. Tous deux présents sur ce plateau exceptionnel, ils apportent leur vision résolument optimiste, aux côtés de Philippe Vasseur, Commissaire spécial à la revitalisation et à la réindustrialisation des Hauts de France, première région à avoir lancé la 3ème révolution industrielle selon les principes de J. Rifkin. Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, insiste sur la notion de confiance dans le milieu des affaires. 

⇒ VIVE LA 3ÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE, « Tous entrepreneurs de nos destins », par GRÉGOIRE SENTILHES – préfacé par ERIK ORSENNA

Editions: NextStage / Sortie: 12 janvier 2017

viverevolution sentilhes.jpg« Soyez l’entrepreneur de votre vie. Le XXIe siècle y est favorable comme jamais…

Les nouveaux géants que sont Apple, Google, Facebook, Amazon, Microsoft ne sont que la part émergée de l’iceberg. Hier inconnues, ces cinq sociétés-là dominent le monde. Mais le mouvement est général. C’est SAP en Allemagne, Alibaba, WeChat, Baidu en Chine… La 3e révolution industrielle est en marche : c’est une révolution de la connaissance.

Les avancées technologiques quelle génère ouvrent des portes à toutes les innovations, à toutes les transformations, de toute importance et en tous domaines. De cette dynamique, l’entrepreneur est le moteur, le coeur. L’arbre qui fait la forêt. La force vitale qui se nourrit du sol, s’ancre dans les territoires et mobilise toutes les énergies pour monter vers la lumière.

Et l’entrepreneur, ne le cherchez pas : c’est vous !

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Grégoire Sentilhes, serial entrepreneur, président de Nextstage

QU’EST-CE-QUE LA 3ÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE selon G. Sentilhes? Une révolution industrielle se produit lorsqu’il y a l’émergence d’un nouveau moyen de communication et d’une nouvelle source de production d’énergie, qui débouche sur une nouvelle organisation de la société.

  • 1ère révolution industrielle : de l’invention de l’imprimerie jusqu’à machine à vapeur (jusqu’en 1850 – durée 400 ans)
  • 2ème révolution industrielle : émergence des média de masse + pétrole + électricité = industrialisation des biens de consommation puis des services avec l’informatique
  • A partir des années 1995, émergence de l’internet: zéro utilisateur en 1995 sur Internet, puis 1 milliard en 2010, puis 6 milliards en 2015 et 40 milliards d’objets connectés en 2020. Et en même temps l’énergie change de nature, c’est de moins en moins un produit (avec l’évolution des cours du pétrole) et de plus en plus un service: c’est qqch qu’on stocke, qu’on partage et qu’on peut produire soi même, donc qui devient totalement décentralisé.

Quand on combine ces évolutions ça donne une nouvelle chaîne de valeur ajoutée.

Le saviez-vous? « Entrepreneur » est un mot français qui date de 1422.

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LES 4 GRANDES TENDANCES DE FOND

  • L’économie drivée par la valeur de nos émotions

Elle est nourrie par la qualité de l’expérience client: avec Apple, L’Oréal, Chanel, Ferrari, par exemple, l’émotion est un catalyseur clé de nos décisions. Pourquoi nos émotions sont-elles plus importantes maintenant qu’avant? Dans les sociétés occidentales, nous n’avons jamais eu autant de temps libre. Egalement: nous n’avons jamais eu autant accès aux informations. A terme, c’est la fin d’un monde où on produisait des biens en s’appuyant presque exclusivement sur l’exploitation des ressources naturelles. Le temps libre et Internet créent le marché de l’économie de la connaissance et mettent au centre la culture, des loisirs, la valeur de nos émotions et la qualité de nos expériences.

  • L’économie du partage et à la demande

Joseph Proudhon, théoricien du socialisme libertaire, a dit en 1840 «  la propriété c’est le vol ». De plus en plus aujourd’hui il s’agit de mettre à disposition du client une solution ou un service incorporant ou non un bien, pour une durée déterminée ou indéterminée, au travers d’une plateforme s’appuyant sur les technologies de l’information.

D’où l’importance d’avoir à sa disposition des communautés d’utilisateurs potentiels. Apple envisage ainsi lui-même de devenir opérateur télécom. Il faut faciliter la manière dont le client s’empare de l’offre, rapidement et à un coût faible.

  • L’économie industrielle

Les industriels du XXIème siècle qui réussissent ne sont plus ceux qui se contentent de fabriquer des produits, mais ceux qui incorporent de l’intelligence en amont, par exemple avec les robots ou l’impression 3D, et en aval avec l’internet des objets. Non seulement la conception et la fabrication de la machine deviennent intelligentes, mais la machine elle-même le devient et se substitue à l’homme pour les tâches répétitives. En aval, l’internet des objets permet aux industriels de capitaliser du savoir à partir de la courbe d’expérience et d’utilisation de leur produit, et d’offrir ainsi un service à valeur ajoutée. Il y aura en 2020 quarante milliards d’objets connectés – et sans doute 10 fois plus en 2030!

  • L’économie positive

Compte tenu des évolutions économiques et démographiques, le développement de nos activités abîme la planète. Il faut diminuer les émission de CO2. C’est dans le « consommer moins » que se situe une grande partie de notre croissance économique. Celle-ci est de moins en moins fondée sur l’exploitation des ressources naturelles, et de plus en plus sur l’économie de la connaissance. Exemple d’entreprise: Greenflex (optimisation de la performance environnementale des entreprises). L’entreprise a fait faire 60 millions d’économies par an à la SNCF sur ses factures énergétiques (les conducteurs avaient tendance à conduire leur motrice de façon « émotionnelle », comme un ado conduirait une moto. On leur a appris à conduire moins à l’adrénaline). Greenflex réalise près de 200 millions de CA et est rentable depuis sa création.

Pour faire émerger les « GAFA » françaises (plateformes), il faut:

  • investir l’épargne dans l’économie réelle (on a une épargne considérable)
  • il faut penser grand : c’est une question d’éducation
  • il faut un arbitrage entre la logique du long terme et la fiscalité. Elle est assise sur le travail et détruit la logique du capital qui a du sens lorsqu’il est investi à long terme.

telechargementLES INGRÉDIENTS DE L’ENTREPRENEURIAT

  • La bonne intuition – « La seule bonne idée relève souvent du mythe. La plupart des entrepreneurs se contentent d’adapter par petites avancées technologiques ou organisationnelles et d’intégrer des solutions pour faire émerger des process innovants. Voilà ce qui permet de bâtir des univers qui créent durablement de la valeur »
  • L’énergie – L’énergie de trouver des financements, de recruter, de fédérer les équipes, de transformer la vision en produit, service, de convaincre les clients et les distributeurs.
  • L’équipe – Le système éducatif français est peu conçu aujourd’hui pour cultiver la valeur du travail en équipe et le respect du travail de l’autre. A une logique de déploiement de l’énergie entrepreneuriale, on préfère toujours celle de la compétition individuelle. Il s’agit de battre l’autre.
  • L’obstination – Tous les systèmes vivants connaissent le tâtonnement, l’échec avant la réussite. Et c’est normal car l’échec fait partie intégrante de la vie. C’est peut-être seulement au bout de deux ou trois boutures que la graine prend. Parmi les centaines d’investissements que nous avons faits, nous avons vu des entrepreneurs végéter un an, deux ans, échouer, pour démarrer enfin vraiment.
  • La valeur de l’échec – Une des vraies lacunes du système français est l’absence de droit à l’erreur. Aux Etats-Unis, un entrepreneur est riche de ses expériences et de ses cicatrices. Un homme qui vient voir un investisseurs sans montrer de cicatrices liées à des échecs apparaît comme un débutant ou un menteur.

ATTENTION À NE PAS JURER QUE PAR LES STARTUPS

  • Parce que la France n’est pas une Californie qui s’ignore. On n’a pas les universités californiennes qui attirent les meilleurs étudiants et entrepreneurs du monde entier. Mais aussi: on n’a pas autant de venture capitals, dont les moyens sur la Silicon Valley dépassent souvent le milliard de dollars (aucun fonds de capital-risque en Europe n’atteint cette taille).
  • Parce qu’on manque de bon sens en concentrant nos efforts sur les startups alors que les PME ne demandent qu’à grandir (exemple de l’Allemagne et de son Mittelstand). Pour cela, il faut les aider à innover, à se développer à l’international et à acquérir leurs concurrents. 

Notre pays a commis une erreur stratégique en ne croyant pas assez aux ETI. La France souffre parce qu’elle a de très grands groupes mais qu’en dessous le vide est béant. Nous n’avons que 4600 ETI, contre 8500 en Italie, 10 000 en Grande-Bretagne et 12500 en Allemagne. Une PME qui devient une ETI crée en moyenne 250 emplois supplémentaires.

PARCOURS DE GRÉGOIRE SENTILHES

Grégoire Sentilhes est un serial entrepreneur-investisseur de long terme dans les ETI de demain. Il est le co-fondateur du G20 des Entrepreneurs et de Citizen Entrepreneurs. Il a été l’un des pionniers de l’internet : co fondateur et président de Screaming media à New York. Il a commencé aux Etats-Unis et est revenu en France suite au 11 septembre 2001.

NEXTSTAGE

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  • Société de capital investissement
  • Spécialiste de l’accompagnement à long terme des entreprises de taille moyenne
  • Valorisation : 143 millions €
  • 45,6 millions investis à travers un portefeuille de 8 sociétés
  • entré en bourse le 20 décembre 2016
  • Montant de la levée de fonds: 27,2 millions €
  • Secteurs d’investissement privilégiés:
    • Economie du partage
    • Internet industriel
    • Economie positive
⇒ ERIK ORSENNA, écrivain, économiste, conseiller d’état honoraire, entrepreneur
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Erik Orsenna

« Un beau jour, Jacques Attali, mon grand frère, m’a proposé de rejoindre une petite entreprise qui avait pour objet de lancer en France le premier livre électronique. Formidable aventure de Cytale, soldée par une faillite. Mais le virus de l’entrepreneuriat était entré en moi. Il n’en est plus sorti. Depuis, j’écris chaque matin trois heures, mais beaucoup du reste de mes journées est occupé par des entreprises où j’interviens comme conseil ou comme (minuscule) actionnaire ».

« Oui, nous vivons une époque de bouleversements technologiques profonds. Mais ils ouvrent des portes, comme jamais, à toutes les initiatives. Regardez le marché de l’énergie. Aucun, il y a encore dix ans, n’était plus verrouillé: monopoles, centrales énormes, charbon, gaz ou nucléaire obligent… »

« Le numérique a tout bouleversé, la miniaturisation réduit les contraintes chaque jour davantage. L’expérience que nous menons chez Greenflex (pour résumer: efficience énergétique et environnementale) me réjouit tous les jours. Elle apporte la preuve qu’on peut être utile (à la planète) et profitable. Quelque chose me dit d’ailleurs, incorrigible optimiste, que bientôt seules les entreprises utiles, vraiment utiles, seront profitables ».

Soyons entrepreneurs de nous-mêmes. Et permettons au maximum de s’épanouir dans ce déploiement.

DANS L’EXPRESS – 2014

Aimons les entrepreneurs plutôt que de les désespérer !

On connaît l’écrivain académicien. On sait moins qu’Erik Orsenna, docteur en économie, fut professeur spécialiste des matières premières pendant onze ans et conseiller culturel à l’Elysée sous François Mitterrand. L’entreprise est un nouveau terrain d’évidente curiosité pour cette personnalité multiple et ce travailleur acharné.

L’Expansion. Depuis quand remonte votre intérêt pour les entreprises ?

Erik Orsenna. « Depuis toujours. Les questions de l’emploi et de l’équipe m’ont toujours frappé. Sans l’entreprise, il n’y a pas d’emploi. Et puis, j’avais une nostalgie, comme un regret vis-à-vis d’elle et je voulais à mon tour participer à une équipe au service d’un projet. J’ai pris ma retraite anticipée du Conseil d’Etat il y a cinq ans, et après une vie occupée par le service public, c’était le moment d’entrer dans ce monde-là. J’ai eu une première expérience avec une société de livres électroniques montée avec Jacques Attali. Je suis aujourd’hui présent dans l’univers des entreprises à divers titres, administrateur de Carbios [valorisation des déchets plastiques], membre du conseil de surveillance de Greenflex [services en développement durable], associé et conseiller de l’agence Les Rois Mages [conseil en communication].

Quel rôle doivent jouer les TPE/PME dans le tissu économique et social ?

*Il faut rompre avec ce que René Ricol appelle « l’univers hostile », dont les entrepreneurs souffrent et qui les laisse à bout de souffle. Il faut arrêter de les désespérer et leur dire que nous les aimons ! Avant de vouloir faire une fortune éventuelle, voire hypothétique, c’est eux qui créent le gros des bataillons de l’emploi. Ils ont aussi besoin de continuité : c’est insensé de voir que dans un monde si instable, l’Etat est le plus grand producteur d’instabilité réglementaire, fiscale… 

Que manque-t-il aux entreprises françaises pour s’épanouir ?

Ce qui me frappe, c’est que beaucoup de Français ont envie d’aimer l’entreprise. Si beaucoup de jeunes veulent créer la leur plutôt que d’en intégrer une, c’est souvent par peur d’être confrontés à l’incertitude de l’emploi, à l’idée qu’ils seront pressurisés, baladés de stages en CDD avant d’être jetés. La première chose qui manque, c’est donc l’accueil. Une entreprise doit montrer qu’on peut y être heureux. Deuxième point à résoudre, faire grandir les entreprises face aux questions de transmission, de fiscalité, de financement, pour générer une nouvelle vague d’ETI qui façonnera l’imaginaire et l’optimisme français. (NDLR: ça rejoint le propos de G. Sentilhes) Troisième élément, les grandes entreprises captent la croissance mondiale, mais n’investissent pas suffisamment en France. Les PME ne doivent pas être des intérimaires à moindre coût écrasés par les puissantes, mais des partenaires de croissance. 

BIOGRAPHIE d’ERIK ORSENNA

Né à Paris, le 22 mars 1947 (de son vrai nom Érik Arnoult), d’une famille où l’on trouve des banquiers saumurois, des paysans luxembourgeois et une papetière cubaine. Après des études de philosophie et de sciences politiques, il choisit l’économie. De retour d’Angleterre (London School of Economics), il publie son premier roman en même temps qu’il devient docteur d’État. Raymond Barre préside son jury. Orsenna est un pseudonyme, le nom de la vieille ville du Rivage des Syrtes, de Julien Gracq.

Suivent onze années de recherche et d’enseignement dans le domaine de la finance internationale et de l’économie du développement (Université de Paris I, École normale supérieure).

En 1981, Jean-Pierre Cot, ministre de la Coopération, l’appelle à son cabinet. Il s’y occupera des matières premières et des négociations multilatérales. Deux ans plus tard, il rejoint l’Élysée en tant que conseiller culturel de François Mitterrand (et rédacteur des ébauches de ses discours subalternes). Dans les années 1990, auprès de Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, il traitera de la démocratisation en Afrique et des relations entre l’Europe du Sud et le Maghreb.

Entre-temps, il a quitté l’Université pour entrer, en décembre 1985, au Conseil d’État. Aujourd’hui conseiller d’État honoraire, il est revenu à des activités d’économiste et d’entrepreneur.

Parallèlement, il écrit notamment des romans, dont La Vie comme à Lausanne, prix Roger Nimier 1978, L’Exposition coloniale, prix Goncourt 1988, Madame Bâ (2003). Ses contes, dont La grammaire est une chanson douce (2001), traitent de la langue française. D’autres livres abordent des sujets plus scientifiques (Portrait du Gulf Stream, 2004) ou économiques (Voyage aux pays du coton, 2006 ; L’Avenir de l’eau, 2008 ; Sur la route du papier, 2012). Il a longtemps présidé le Centre de la mer (Corderie royale, à Rochefort). Depuis mars 2016, il est ambassadeur de l’Institut Pasteur. Élu à l’Académie française, le 28 mai 1998, au fauteuil de Jacques-Yves Cousteau (17e fauteuil).

⇒ LA 3ÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE SELON JEREMY RIFKIN

L’expression Troisième Révolution industrielle, popularisée par Jeremy Rifkin depuis 2006, désigne une nouvelle révolution industrielle et économique qui se distinguerait des secteurs d’activité classiques de la production et aurait démarré à la fin du xxe siècle avec le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

LES 5 PILIERS (source: Transition Energétique.org)

les-8-piliersLe premier pilier est le passage aux énergies renouvelables. Mais comment collecter ces énergies ? La logique a d’abord été de créer des parcs solaires géants dans les régions ensoleillées et des fermes éoliennes là ou le vent souffle constamment. Si cette démarche est nécessaire, elle ne suffit pas à couvrir nos besoins. Contrairement au charbon ou au pétrole, les énergies renouvelables se trouvent partout et à l’infini. Pourquoi alors mettre en place un système de collecte centralisé ?

C’est le pilier numéro deux : il faut transformer chaque bâtiment en micro-centrale électrique. Chaque maison, chaque immeuble doit collecter, sur site, le soleil sur son toit, le vent sur ses murs, transformer ses ordures en biomasse, exploiter la chaleur géothermique sous ses fondations.

Le troisième pilier est le plus complexe à maîtriser, il s’agit du stockage de l’énergie. La technologie de l’hydrogène est, à ce jour, la plus prometteuse. Il faut ensuite trouver le moyen de distribuer l’ensemble de l’énergie produite par ces millions de bâtiments.

Le quatrième pilier est fondamentalement coopératif. Il s’appuie sur la transformation du réseau électrique en un Internet de l’énergie où chacun pourra vendre et acheter son électricité.

Enfin, le dernier pilier concerne le transport, avec le déploiement de véhicules propres, électriques ou à hydrogène, branchables sur le réseau. Ces cinq piliers doivent être mis en place simultanément, sinon leurs fondations ne tiendront pas.

⇒ DANS LES HAUTS DE FRANCE: rev3 – avec PHILIPPE VASSEUR
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Philippe Vasseur, commissaire à la revitalisation et à la réindustrialisation des Hauts de France

Le 25 octobre 2013, à l’occasion du World Forum Lille, la Chambre de commerce et d’industrie de région Nord de France et le Conseil régional Nord-Pas de Calais ont présenté officiellement leur projet stratégique de Troisième révolution industrielle en Nord-Pas de Calais, élaboré en collaboration avec Jeremy Rifkin. Le projet a été impulsé par Philippe Vasseur.

 

 

DANS LES ÉCHOS – novembre 2016

La troisième révolution industrielle, sobre et technologique, dans les Hauts-de-France

Développement durable, transition énergétique, internet des objets, imprimantes 3D… La région Hauts-de-France a fait le pari de la troisième révolution industrielle il y a trois ans. Le temps est venu des premiers dividendes.

Xavier Bertrand était en Chine du 19 au 22 octobre, accompagné de l’économiste Jeremy Rifkin à qui la région Nord avait confié une mission il y a deux ans. L’objectif de ce voyage en Chine du président de la région Hauts-de-France est de présenter l’action concrète issue de ce rapport : la politique structurante de la troisième révolution industrielle adoptée pour la première fois au monde à l’échelle d’une région, comme nouveau levier de développement. Et si possible ramener plusieurs investisseurs chinois dans ses filets. Le projet, adopté sous l’impulsion de Philippe Vasseur, alors président de la CCI de région, et Daniel Percheron, alors président PS de la région, est désormais devenu une réalité, pleinement endossée par la nouvelle majorité et élargie aux Hauts-de-France. « On n’est plus dans l’idée, on est dans la réalité », se réjouit Xavier Bertrand.

Economie circulaire : les entreprises entrent dans la ronde

Après une mise en route lente autour d’un concept parfois complexe à vulgariser, dont le mariage d’Internet et des énergies renouvelables, la dynamique s’accélère incontestablement. Rebaptisée Rev3, la démarche a généré plus de 700 initiatives extrêmement diverses. Certaines sont structurantes comme le programme Méthania qui vise à multiplier les unités de biométhanisation pour faire de la région le leader européen en matière de biométhane injecté, ou encore le pôle de chimie verte et des matériaux agrosourcés pour nourrir l’éco-conception et construire l’après-pétrole. La construction passive est aussi un enjeu majeur dans une région de 6 millions d’habitants dont deux tiers des logements datent d’avant 1975. Les Hauts-de-France revendiquent déjà une position de leader sur ce thème, au même niveau que l’Île-de-France. C’est encore le programme So Mel, so connected qui vise à faire de la métropole lilloise un territoire d’expérimentation grandeur nature des réseaux électriques intelligents, bardés de capteurs capables notamment de gérer en douceur les intermittences des énergies renouvelables.

Laboratoire de l’économie circulaire

Rev3, ce sont aussi des centaines d’initiatives à l’échelle d’entreprises, de collectivités, d’associations et d’universités, dont la densité commence à donner une véritable impression d’ensemble. On y trouve aussi bien des fabricants d’imprimante 3D, capables de produire à coût très bas des prothèses, comme Dagoma à Roubaix , ou des montures de lunettes, comme Aoyama Optical à Villeneuve d’Ascq. L’économie circulaire y a aussi toute sa part comme l’implantation de Hainaut Plast Industry à Cambrai : l’industriel y recyclera les couches de polymères dans une unité unique en Europe. Les granules produits finiront en tuyaux d’arrosage, en dalles ou en moquette. Dans un autre univers, le fabricant de billards haut de gamme Toulet, à Bondues , se lance dans la création d’un billard en bois entièrement recyclé.

L’avenir de l’aluminium se lit dans le marc de café

Derrière l’impulsion de départ donnée par la Région et la CCI Nord de France, les entreprises s’approprient désormais la démarche, sans même parfois se revendiquer de Rev3. « Dans le Nord, vous avez plein d’entrepreneurs qui sont des taiseux, qui ne se font pas mousser mais qui font le boulot en cherchant des solutions durables », analyse Emmanuel Druon, dirigeant du fabricant d’enveloppes Pocheco, à Forest-sur-Marque . En vingt ans, ce militant de « l’écolonomie » a transformé son entreprise de 125 salariés en véritable laboratoire de la production sobre et durable, ses pratiques lui ont permis d’économiser 15 millions d’euros, et fait d’ailleurs l’objet d’un passage remarqué dans le film Demain. Pour lui la région peut devenir, sur ses propres forces, une « vallée de l’écolonomie ».

Elle peut d’ailleurs compter aussi sur des outils financiers spécifiques mis en oeuvre pour accompagner toute la démarche. Parmi eux, un livret d’épargne populaire dédié à la troisième révolution industrielle (ce qui rejoint le propos de G. Sentilhes – et Erik Orsenna, voir plus bas – sur la nécessité d’utiliser l’épargne pour financer les entreprises), et qui a déjà collecté 15 millions d’euros en dix-huit mois, mais aussi un fonds d’investissement unique en France, doté de 40 millions , qui a vocation à prendre des participations dans des entreprises engagées dans la Rev3. De quoi alimenter une boucle vertueuse.

DANS LE JOURNAL DES ENTREPRISES – juin 2016

Hauts-de-France. La région attire les grandes entreprises et les ETI

Les Hauts-de-France ont la particularité d’être la région de province dans laquelle les emplois dépendent le plus de grandes entreprises : 330.000 ETP (soit 31 %) sont concernés. Une tendance particulièrement accrue dans le département du Nord, où 35 % des salariés travaillent pour le compte d’une grande entreprise.(…)

2e région pour la présence des ETI

Dans la région Hauts-de-France, les ETI emploient 25 % des salariés en ETP : selon l’Insee, c’est deux points de plus qu’à l’échelle nationale. La région se classe ainsi 2e, derrière Pays de la Loire, pour la part de salariés au sein des ETI. Sur les 5.200 ETI françaises, 1.900 sont ainsi implantées dans la région. Et on les retrouve particulièrement dans les trois départements picards, où les ETI emploient tout de même 27 % des salariés. Six emplois sur dix dépendant d’une ETI sont concentrés dans deux secteurs : l’industrie manufacturière (40 %) et le commerce (20 %). L’industrie manufacturière est plus présente de trois points qu’en France de province. Enfin, les ETI internationales sont davantage représentées dans la région qu’ailleurs en France : 31 % d’entre elles sont à capitaux étrangers, soit cinq points de plus qu’au niveau national.

PARCOURS DE PHILIPPE VASSEUR

Il fut notamment rédacteur en chef des « Echos » sept ans après y être entré comme stagiaire, son diplôme de l’ESJ de Lille en poche. Il est aussi l’inventeur des pages saumon du « Figaro ». Après vingt ans de presse et une interview marquante de Giscard pour TF1, il entre en politique. Il sera élu à cinq reprises ( « jamais battu à aucune élection « , souligne-t-il, non sans une pointe de fierté), quatre fois député du Pas-de-Calais et une fois maire de Saint-Pol-sur-Ternoise, puis ministre (de l’agriculture de J. Chirac), avant de quitter la scène politique en 2000.

carte-npdcpCHIFFRES CLÉS HAUTS DE FRANCE

Démographie

  • 6 006 853 habitants (données 2015 – soit 10 000 habitants de plus qu’en 2014 selon l’Insee, grâce à l’augmentation de l’espérance de vie)
  • environ 10 % de la population nationale
  • 3ème région la plus peuplée de France
  • 1ère région pour la jeunesse de sa population (France métropolitaine)

Économie

  • PIB régional : 153 milliards d’euros (4ème PIB régional)
  • 7,3 % du PIB de la France
  • 3ème région pour les investissements internationaux
  • 4ème région exportatrice
  • Fort entrepreneuriat familial : Auchan (Famille Mulliez), Roquette (Famille Roquette), Bonduelle (Famille Bonduelle), Lyreco (Famille Gaspard), Lesaffre (Famille Lesaffre), Paul (Famille Holder)
⇒ PIERRE PELOUZET
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Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises

Dans la Tribune: « La confiance reste le chaînon manquant de la reprise. Tant que les chefs d’entreprises n’auront pas véritablement foi en l’avenir, ils préfèreront conserver une attitude attentiste, en retardant leurs investissements et les embauches« , explique Pierre Pelouzet, le médiateur national des entreprises.

Loin des débats en cours, Pierre Pelouzet insiste sur le rôle de la médiation. « La vocation de ce dispositif est justement de restaurer ce climat de confiance entre tous les acteurs de l’économie, publics et privés« , poursuit Pierre Pelouzet en vantant l’utilité de la charte des Relations fournisseurs responsables et du label Relations fournisseurs responsables.

La peur du gendarme, symbolisé par le durcissement des sanctions contre les retards de paiement, est-il efficace ? « La loi ne peut pas tout régler. Il faut remettre de l’humain dans les relations inter-entreprises si l’on veut aboutir à des résultats. Les résultats de la médiation témoignent des avantages du dialogue. Après une séance de ‘purge’ au cours de laquelle les parties soldent parfois avec violence leurs différends, les échanges sont très constructifs. La nécessité d’organiser une nouvelle médiation est rarissime« , observe-t-il. De fait, pour la première fois depuis 2008 et l’entrée en vigueur d’une réglementation des délais de paiement par la Loi de modernisation de l’économie, les retards de paiement reculent. Actuellement, ils ne s’élèvent plus « qu’à » 12,7 jours contre 13, 7 jours au quatrième trimestre, ce qui situe la France au niveau de la  moyenne européenne. « C’est encourageant. Je rappelle qu’un jour de retard dans le paiement d’une facture représente un trou d’un milliard pour la trésorerie des entreprises« , précise Pierre Pelouzet. Pour mémoire, les retards de paiement expliqueraient 25% des sinistres d’entreprises, soit 15.000 défaillances chaque année.

Le médiateur des entreprises lance les travaux de simplification des factures, avec l’objectif de réduire les retards de paiement

Publié le Mis à jour le

logo-mdeLe problème de la facturation

Constatant que de nombreuses défaillances d’entreprises sont notamment liées à des retards de paiement de clients, le médiateur des entreprises avait mis en place un groupe de travail permanent sur ce sujet, proposant des bonnes pratiques pour réduire les retards de paiement.

Ses travaux ont mis en lumière le grand nombre d’informations que les clients demandent à leurs fournisseurs de faire figurer sur chaque facture, ainsi que la complexité des processus de référencement des fournisseurs, de facturation et de validation des factures avant paiement. Ces exigences, propres à chaque entreprise ou administration, et dont une partie va au-delà de la réglementation, constituent un frein à un paiement des factures dans les délais légaux.

A l’issue de ces travaux préalables, le médiateur des entreprises a fait part de ses constatations aux ministres concernés.

Proposer des solutions opérationnelles afin de réduire les délais de paiement

Le ministre de l’économie et des finances, Michel SAPIN, et le secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État et de la simplification, Jean-Vincent PLACÉ, ont confié au médiateur des entreprises, Pierre PELOUZET, et au Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), une mission de simplification et d’harmonisation des mentions non obligatoires de facturation afin d’améliorer les délais de paiement.

L’objectif de cette mission est d’élaborer des propositions opérationnelles pouvant porter sur la promotion d’un modèle unifié de facture et d’outils innovants, ainsi que l’adaptation d’outils existants tels que les logiciels de facturation ou les plateformes de réception des factures.

La première réunion de travail de la mission, réunissant des représentants de grandes entreprises, de PME, d’acteurs publics et de fédérations professionnelles, a lieu aujourd’hui.

L’ubérisation: amie ou ennemie? C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

uberisationLogo-BFMBusiness-sans-contourAu Business Club de France
Uniquement sur BFM Radio! 

→ Diffusion : samedi 21/1/2017 à 7h | dimanche 22/1/2017 à 16h

ÉMISSION SPÉCIALE
ASSISES DE L’UBÉRISATION

Ecouter, réécouter et télécharger cette émission:

⇒ Pour des raisons de sécurité, Les Assises de l’Ubérisation, qui devaient avoir lieu le mercredi 25 janvier, ont été reportées à une date ultérieure, que nous vous communiquerons rapidement. 
Inscriptions ici 

♦ Téléchargez le livre-bleu-de-l-uberisation, recueil des grandes mesures préconisées par les experts de l’Observatoire en faveur de « nouveaux équilibres »

NOS INVITÉS:

  • Denis Jacquet, chef d’entreprise, Président de l’observatoire de l’ubérisation, Président et membre fondateur de Parrainer la croissance
  • Sergine Dupuy, Directrice Générale de BeeBoss
  • Benjamin Chemla, cofondateur de Stuart
  • Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises

Au programme des Assises :

  • Comment s’adapter ?
  • Doit-on lutter contre l’ubérisation ?
  • Peut-on accompagner le mouvement ?
  • Doit-on craindre d’être ubérisé ?
  • Les ubérisés doivent-ils racheter les disrupteurs ?
  • Quelles nouvelles formes de travail doit-on faciliter ?
  • Quel financement pour permettre l’essor de nouveaux modèles économiques ?
  • Quel droit du travail pour demain ?
  • Quelle protection sociale pour les indépendants ?
  • Quelle fiscalité de l’économie collaborative ?
  • Quelle gouvernance des données ?
  • Comment former des talents dont l’économie de demain a besoin ?
⇒ Denis Jacquet et Grégoire Leclercq ont publié en décembre dernier « L’ubérisation:  un ennemi qui vous veut du bien? » chez Dunod

uberisation.jpgUN EXTRAIT: « La promotion de l’amélioration de la condition humaine à travers des techniques d’amélioration de la vie, comme l’élimination du vieillissement et l’augmentation des capacités intellectuelles, physiques ou psychologiques, fait partie des sujets à la fois les plus commentés mais aussi les plus spectaculaires.

L’idée, sous-jacente, c’est que tout objet, mais surtout tout être humain soit une succession de lignes de code. Une immatérialité. Ainsi vu par les génies de la « Singularity », l’homme perd chair et âme, pour être une ligne programmable, déprogrammable, reprogrammable. Peu de poésie, de lumières, de spiritualité dans tout cela. Nous sommes composés de données, alignons-les et voyons quoi en faire. L’enveloppe physique n’est qu’un mauvais handicap, un vêtement utile à lui donner une apparence sympathique, et nous pouvons dès lors nous en passer facilement, puisque l’intelligence collective alimentée par la donnée de toutes nos intelligences cumulées, et augmentée par des super-serveurs, pourrait très bien se passer de l’homme qui la portait à l’origine.

De la même façon que les radiateurs peuvent du jour au lendemain fournir l’énergie dont ont besoin les serveurs. Les philosophes, anthropologues, sages et intellectuels de l’histoire, mais nous aussi, simples citoyens, devrions être a minima « interpellés » par cette perspective. C’est une forme de négation de l’esprit de ce qui nous a créés. De l’intérêt même d’avoir des humains sur Terre.

(…) Il faut faire une nette différence entre les tenants du transhumanisme et ceux du post-humanisme. Les premiers peuvent simplement avoir envie d’améliorer la vie de l’homme, d’en sublimer les capacités naturelles en les augmentant. Certains tirent leur réflexion de divers mouvements qui ont animé notre planète, et la France en particulier. Se délivrer d’un carcan, d’une limitation, que la religion, puis les convenances et la « bien-pensance » nous ont empêché de dépasser. Une forme d’anarchsime face à la tyrannie d’un système qui nous contrôlerait mieux si nous restions à sa portée. Dépasser cette dictature, se libérer de ces chaînes pour être en situation de plus grande liberté, serait ce qui constituerait le fond de la pensée de certains transhumanistes. On peut également faire une nette différence entre l’augmentation réelle des capacités, et l’augmentation qui conserve une nature thérapeutique, qui soigne, répare l’existant sans toucher à sa nature même. Il y aurait alors la bonne technologie, celle qui répare, sans changer le moteur et la carrosserie ».

INTERVIEW DE DENIS JACQUET DANS CONSOCOLLABORATIVE.COM – 21/12/2016

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Denis Jacquet, président de l’Observatoire de l’ubérisation

Pouvez-vous apporter plus de précisions sur le terme d’ubérisation ?

L’expression a été utilisée pour la première fois par Maurice Lévy, le PDG de Publicis. Pour moi, elle exprime le bouleversement que la vulgarisation des technologies et l’accélération de leur utilisation créent dans notre société. Elles touchent potentiellement l’homme, avec le post-humanisme ; le travail, avec la robotisation de notre autonomie et l’autodétermination, avec l’intelligence artificielle ; ou encore le modèle capitaliste, basé sur un équilibre toujours renégocié entre capital et travail, qui saute avec l’arrivée des indépendants, ceux-là même qui forment la base du modèle de l’ubérisation. Le tout est financé par des fonds qui cherchent à monter des monopoles, qui échappent à toute concurrence en contournant les modèles existants.

Pourquoi le modèle de l’économie collaborative est-il remis en cause aujourd’hui ?

uberisation-300x203D’après moi, c’est d’abord la faute des politiques. Ils sont aveuglés par la toute-puissance américaine et veulent ‘se payer les Ricains’. Or, ils ne réalisent pas qu’en égratignant des géants qui se remettront facilement des lourdes pénalités, ils vont tuer nos petits acteurs français, qui n’ont pas les reins assez solides pour y survivre. Alors, en France, on interdit –UberPop, Heetch–, on taxe –YouTube, Airbnb– et on soumet au RSI –la location de voiture entre particuliers, par exemple. Au lieu d’observer, réguler et adapter, on tue, sans réfléchir, une économie qui mérite de se développer car elle crée de la valeur et des emplois pour les basses qualifications et progressivement pour les moyennes qualifications. C’est donc politique et dogmatique. Et aucun candidat à la présidentielle n’en parle, c’est dommage.

Le collaboratif n’est-il pas une nouvelle mode vendue par le capitalisme ?

Il n’y a pas ou peu d’économie vraiment collaborative au sens pur du terme, entre particuliers, en circuit court, non capitalisée. Cela ne représente rien en poids économique. Il n’y a pas de mal à ce que le collaboratif soit assis sur un modèle libéral. En revanche, c’est problématique qu’il soit forgé sur un modèle encore plus capitaliste que l’ancien, qui ne fonctionne déjà plus. Le capitalisme permet la pérennité, il ne faut pas en avoir peur. Il faut plutôt redouter que le petit nombre d’investisseurs mondiaux qui possède ces plateformes s’enrichissent encore sans partager la valeur avec ceux qui la font et accroissent toujours les inégalités. Ce n’est pas la machine le problème, mais ceux qui s’en servent. Il faut donc chercher comment, par quel mécanisme, nous pourrions assurer le partage de la valeur créée.

Comment cadrer le développement du modèle économique collaboratif ? Quels moyens mettre en place ?

Je pense qu’il ne faut pas légiférer mais réguler et adapter en permanence. On ne peut pas graver dans le marbre une économie virtuelle qui échappe au physique. Exemple : rendre les livreurs ou chauffeurs VTC actionnaires des plateformes implique de faire comprendre le double intérêt de cette initiative. Si la boîte a du succès, les indépendants toucheront, grâce à leur travail, l’équivalent de plusieurs années de revenus. Donc tout le monde est content et l’ascenseur social, pour les plus faibles, se remet en route. Et cela, grâce à un capitalisme populaire, qui achète du capital par son travail. Autre exemple : la question des protections de santé, de retraite, d’une assurance chômage. Ceux qui les mettront en place rafleront la mise. Comment ? En attirant les indépendants avec de meilleures conditions sociales.

Le numérique est-il un outil d’ouverture ou d’individualisme?

Difficile à dire. Le numérique donne un support à des révolutions, un rempart à des injustices, la capacité de se mobiliser pour les autres de façon plus large et surtout plus transparente. Mais en même temps, on est sans cesse tenté de sacrifier cela à l’égoïsme et l’immédiateté. L’ubérisation peut devenir notre plus beau rêve ou notre pire cauchemar.

DANS LA DÉPÊCHE – décembre 2016

visu_1444214100Denis Jacquet : «Il faut un statut des indépendants»

L’ubérisation : ami ou ennemi ? C’est à nous d’en décider. C’est porteur de plein de choses très positives, et tout son contraire. Si on prend l’exemple d’actualité, le conflit VTC contre Uber, on a d’un côté des gens qui à 67 % étaient auparavant au chômage de longue durée et ont pu s’insérer dans la vie active grâce à ces plateformes, même si les conditions sont difficiles. Mais mieux vaut être esclave du travail que du chômage. Vu de ce côté, c’est donc positif. Après, ils sont en train de connaître ce que les salariés en un siècle ont connu des soubresauts, des ajustements, dans une économie déséquilibrée par l’arrivée du numérique. Uber est en train d’apprendre que même dans un petit pays comme la France, avec quelques dizaines de milliers de chauffeurs, il faut composer et négocier avec eux. Le problème avec ce conflit, c’est qu’on a l’impression que l’ubérisation ne concerne que le transport. Alors qu’en fait tous les secteurs sont concernés.

L’ubérisation qu’on présente comme un progrès n’est-elle pas en fait synonyme de paupérisation pour les travailleurs ? Il ne faut pas laisser prospérer les mauvaises dérives, arriver à une précarisation, pour que ce statut d’indépendant soit plutôt dynamique et protégé. Il faut faire un statut des indépendants pour tous les secteurs, pas que pour les chauffeurs, en disant à quel chômage ils ont droit, système assurantiel ou de répartition ; ont-ils accès à une mutuelle ou pas, formation ou pas… À 25 ans vous faites du vélo tous les jours pour livrer, tout va bien, mais à 65 ans vous ne pédalerez pas tous les jours. Il faut leur donner la possibilité de se dire que ce job n’est que temporaire, pour permettre une élévation sociale. Si on le réfléchit en ces termes-là, l’ubérisation peut devenir extrêmement intéressante.

Les pouvoirs publics essaient d’imposer des cadres réglementaires à ces start-up. Qui va gagner le bras de fer ? Ce que j’aimerais c’est que les politiques essaient de comprendre cette économie avant de la réguler. Tout le monde est très dogmatisé. On ne demande pas à nos élus de faire le café du commerce, mais d’être éclairé. Pour le moment, il y a peu de lumière chez eux. Ensuite, je pense qu’il y a moyen de mettre en place un statut des indépendants, qui se ferait entre les plus grandes plateformes françaises et les indépendants eux-mêmes. On n’a pas forcément besoin du législateur, juste d’un outil de contrôle, voire de sanction – ça s’appelle la justice – pour corriger les dérives. Le marché est en tension, en manque de main-d’œuvre, il n’y a pas assez de codeurs, de livreurs, de chauffeurs, donc les candidats iront dans les plateformes qui proposeront le modèle social qui les protégera le plus.

L’UBERISATION ET LA MÉDIATION DES ENTREPRISES – avec PIERRE PELOUZET

LOGO MDE.jpgLa médiation et l’observatoire de l’ubérisation travaillent main dans la main pour accompagner ces nouveaux acteurs : par la médiation préventive.

  • Renouer le dialogue avec les entreprises « classiques » qui avaient le monopole jusque-là et ces nouveaux acteurs tout en considérant tous les enjeux sociaux, juridiques, économiques.
  • Proposer un terrain « neutre » de dialogue pour que chacun comprenne les problématiques des autres
  • Accompagner cette transition numérique
BEEBOSS, avec SERGINE DUPUY

beeboss.jpgBeeBoss est une plateforme de services à la demande qui s’adresse :

  • aux talents qui souhaitent gagner simplement un revenu de complément. L’ambition est d’offrir à chaque personne une flexibilité en termes de revenu avec la possibilité de travailler librement, tout en bénéficiant d’une vraie protection sociale.
  • mais aussi aux entreprises (marques et distributeurs) de concevoir, vendre et fournir des services à la demande à leurs clients en faisant appel à des centaines de milliers de talents sans les contraintes administratives habituelles de l’emploi salarié.

Ce que propose BeeBoss :

  • Une communauté massive d’auto-entrepreneurs volontaires pour effectuer plus de 25 types de missions (livraison, jardinage, bricolage, coiffure, garde d’enfant, coaching sportif..)
  • Une conformité légale et sociale totale dans la gestion des talents et de la facturation
  • Un système de contrôle initial et continu de l’identité, la fiabilité, la qualité et le savoir faire des talents
  • Des outils mobiles et web organisant et facilitant la gestion de missions pour les auto-entrepreneurs- Une gestion solidaire des auto-entrepreneurs (Assurance, accès au logement facilité, centrale d’achat…)
  • Une intégration simple dans les sites marchands pour construire et proposer des missions

Dernières actualités:

  • le cap des 10 000 talents en base qui représentent ainsi des dizaines de milliers d’heures de travail disponibles sur plus de 20 savoir faire (montage de meuble, assistance informatique, bricolage, jardinage, dog sitting etc..)
  • les premiers partenariats entreprises (car BeeBoss est dédiée aux entreprises) ont été lancées et démarrent bien. Ils occupent déjà nos talents sur l’assistance informatique, le montage de meubles et le bricolage, la coiffure et la manucure auprès des clients de ces entreprises.
  • le grand partenaire de ce démarrage d’année est Price Minister, première plateforme e-commerce française à combiner ses offres de produits à du service, opéré par BeeBoss.

BEEBOSS en CHIFFRES

  • Activité: plateforme de services à la demande (plus de 20 métiers au catalogue)
  • Date de création: mi-2016
  • Siège social: Paris
  • CA: année fiscale non terminée – CA 2017 prévisionnel: 5 millions
  • Effectif:18

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DANS LES ÉCHOS – septembre 2016

BeeBoss prend en main les petits boulots des entreprises

La start-up parisienne, hébergée par l’atelier Redpill, propose aux géants de la distribution les services d’autoentrepreneurs qui leur permettent de compléter leurs offres.

Un petit job mais pas n’importe quoi. C’est l’idée de BeeBoss. Cette start-up parisienne lance une plate-forme de services destinée aux entreprises qui souhaitent en faire plus pour leurs clients. « D’un côté, il y a des firmes qui pourraient vendre davantage si elles pouvaient associer un service à leurs prestations et, de l’autre, il y a des talents, retraités, chômeurs, étudiants ou salariés qui cherchent un complément de ressources », explique la fondatrice de BeeBoss, Sergine Dupuy. Ce peut être un magasin de meubles qui propose quelqu’un pour monter une étagère, un opérateur télécoms ou un distributeur de produits high-tech qui fournit une aide à domicile pour mettre en service une box ou un ordinateur. D’autres peuvent avoir besoin d’un jardinier ou d’un coiffeur… 20 métiers sont prévus au catalogue. Un type de services que les entreprises ne peuvent pas assurer par leurs propres moyens. « Elles ne peuvent pas embaucher les 10.000 personnes nécessaires pour couvrir l’ensemble du territoire et ces prestations ponctuelles n’occuperaient pas suffisamment un salarié », poursuit Sergine Dupuy.

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Sergine Dupuy, Directrice Générale de BeeBoss

« Cela n’aurait pas pu se faire à une autre époque, à un autre moment, dans une autre société, plaide Sergine Dupuy. Il y a actuellement un contexte économique dans lequel des gens cherchent à avoir un autre revenu, à travailler. S’y ajoute une poussée sociale, une évolution comportementale de salariés qui ont un vrai savoir-faire, qui sont lassés du lien de subordination avec un employeur et veulent leur indépendance. » Et surtout, les moyens techniques sont maintenant suffisamment fiables pour le faire.

Système d’évaluation

Du Palm aux débuts de l’ADSL en passant par le marketing digital, Sergine Dupuy n’est pas une nouvelle venue dans le domaine. Elle cumule une expérience des gros projets, « plutôt genre connectés », s’amuse-t-elle. Pas question pour elle d’être l’apôtre de services déstructurant pour la société. « Je veux faire quelque chose de massif, sociétal et juste », affirme-t-elle. BeeBoss ne travaille qu’avec des autoentrepreneurs qui disposent des diplômes nécessaires s’ils exercent une profession réglementée. Elle s’engage sur la qualité du travail fourni (il y a un système d’évaluation et de contrôle) et est rémunérée directement par le magasin ou l’entreprise qui fait appel à ses services. La start-up rémunère alors l’autoentrepreneur (tous les 15 jours). Elle prélève 15 % sur le montant de la prestation, essentiellement pour financer les assurances et les avantages dont bénéficient les autoentrepreneurs comme la caution bancaire qui peut leur être accordée pour signer un bail ou une mutuelle. (…)

STUART, avec BENJAMIN CHEMLA

stuart.png[Stuart] est la spin-off d’une pépite française du food-delivery, Resto-In, rachetée par La Poste. Ses fondateurs, Benjamin Chemla et Clément Benoit, ont imaginé une plate-forme de mise en relation à la demande avec une flotte de livreurs indépendants.

« C’est le partenaire technologique que l’on aurait rêvé avoir quand on a lancé Resto-In, s’enthousiasme Benjamin Chemla. D’ailleurs, le duo s’est vite rendu compte qu’un tel intermédiaire était attendu par de nombreux commerçants classiques et en ligne. On a été rejoints dès le départ par des patrons du e-commerce et investisseurs comme Jacques Antoine Granjon (Vente privée), Olivier Mathiot (Priceminister – Rakuten), Jean-David Blanc (Allociné), Hervé Louis (Sushi Shop)« , se félicite l’entrepreneur. (ndlr: 22 millions € levés en novembre 2015)

Le groupe La Poste a aussi investi 20 millions d’euros dans la toute jeune start-up pour acquérir 20% de son capital et accélérer son développement, notamment à l’international.

UNE PLATE-FORME TECHONOLGIQUE

« La force de Stuart c’est sa technologie, qui organise la rencontre de l’offre et de la demande », insiste son fondateur. La plate-forme attribue de manière automatique, en temps réel, des courses sollicitées par des utilisateurs – des entreprises comme Franprix ou Pizza Hut, par exemple – à des livreurs qui se trouvent, à l’instant T, près du point de retrait. Tous se fait en temps réel et en quelques minutes.

Les algorithmes sont constamment affinés pour optimiser l’affectation des courses en fonction d’un certain nombre de critères : poids, taille des colis, distance à parcourir, mode de déplacement du livreur. « On travaille même à mettre en place une faculté de prévision de la demande, pour anticiper les pics d’activité dans des zones et des créneaux horaires précis« , ajoute Benjamin Chemla. La jeune pousse dit s’être concentrée sur la robustesse de sa plate-forme pour supporter de forts volumes de demandes.

UN ÉCOSYSTÈME NOUVEAU

Plusieurs milliers de livreurs indépendants parisiens se sont inscrits sur la plate-forme pour le lancement. Même succès à Londres et Barcelone, les deux autres villes où Stuart se lance simultanément.

En France, deux types de partenaires livreurs s’inscrivent. Des sociétés de transport qui peuvent diversifier leurs activités et optimiser leurs déplacements, et des livreurs indépendants, sous le statut d’auto-entrepreneurs. Cette dernière catégorie représente environ un tiers des inscrits. Parmi eux, des étudiants qui veulent travailler quelques heures pour financer les études, des salariés à la recherche d’un complément de revenus, des intérimaires et demandeurs d’emplois. « Mais tous nos livreurs motorisés font partie de sociétés de transport« , précise le patron de Stuart. Ils ont la capacité de s’activer ou de se désactiver sur l’application quand ils le souhaitent.

Côté professionnels, Stuart a convaincu des grosses sociétés comme CDiscount, qui s’appuie sur l’outil pour son offre de livraison alimentaire express (ce qui lui permet de devancer Amazon !), et des petits commerces de quartier. « Notre solution va donner la faculté à des commerces qui ne s’étaient pas digitalisés de créer facilement un service de distribution rapide ». Les utilisateurs peuvent soit utiliser manuellement l’application, soit intégrer Stuart à leur site web ou leur logiciel de caisse via une API. (source: L’Usine Digitale)

STUART EN CHIFFRES

  • Activité: plate-forme de mise en relation à la demande avec une flotte de livreurs indépendants
  • Date de création: 2014
  • Siège social: Paris
  • CA: « Nous ne communiquons pas encore notre CA, mais vous pouvez mentionner une levée de fonds record de 22 millions d’euros, un soutien de business angels de renom – O. Mathiot, J-A Granjon, J-D Blanc, et du groupe La Poste »
  • Effectif: 90 salariés implantés dans 5 villes : Paris, Londres, Barcelone, Lyon, Madrid

TRIBUNE DE BENJAMIN CHEMLA DANS LES ECHOS – Septembre 2016

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Benjamin Chemla, cofondateur de Stuart

Et si l’uberisation n’avait pas attendu l’émergence des plateformes digitales ?

La croissance des plateformes digitales, célébrée par les consommateurs, décriée par certains acteurs traditionnels, inquiète tous ceux qui leur reprochent de détruire des emplois et de les remplacer par des formes d’activités « précaires ». Ces détracteurs de la nouvelle économie oublient pourtant deux réalités.

La première est le potentiel de création d’emplois (directs et induits) et de richesse associé à ces plateformes. La seconde renvoie aux secteurs économiques dans lesquels se développent ces plateformes : transport de personnes, services de livraison, hébergement et restauration… Voici quelques exemples d’activités que touche le phénomène d’ »uberisation ».

Dans ces secteurs, le travail atypique est d’usage depuis longtemps et parfois même la norme. Les plateformes n’ont donc pas inventé, loin s’en faut, le modèle dérogatoire au CDI à temps plein. Mieux, elles pourraient au contraire jouer un rôle décisif dans l’invention du modèle social de demain, favorable à l’emploi et respectueux des personnes.

Un levier pour l’emploi

L' »uberisation » définit les situations où les intermédiaires historiques se voient concurrencer par des plateformes numériques qui mettent en relation directe « le consommateur » avec « le producteur ». L’intermédiation ne disparaît pas, mais change de nature : une infrastructure coûteuse et relativement intensive en main-d’oeuvre est remplacée par un service semi-automatisé, qui tire parti des innovations technologiques des dernières années.

Certes, cette dynamique pose un défi de transformation considérable pour les intermédiaires traditionnels et une partie de leurs métiers. Toutefois, contrairement à certaines prédictions alarmistes, les créations d’emplois ou d’activités font bien plus que compenser les pertes d’emplois potentielles.

L’appel d’air créé par l’émergence des plateformes est manifeste dans les services de transport aux particuliers : la montée en puissance des services de véhicules de tourisme avec chauffeur a permis la création de dix mille emplois ces trois dernières années.

De même, les services de livraison rapide, souvent assurés par des coursiers à vélo, se développent de façon exponentielle dans les grandes villes. Néanmoins, ils ne se substituent à aucun emploi existant et offrent des sources de revenus immédiats et nouveaux à des populations qui ne veulent ou ne peuvent pas travailler à temps plein. Aux États-Unis, les étudiants comptent ainsi pour 25 % des collaborateurs de ces plateformes.

De manière générale, près de 200 000 auto-entrepreneurs français recourent déjà aux services des plateformes pour trouver des missions. Face à un chômage endémique et à la crise du modèle salarial classique, le développement du travail indépendant et les missions offertes par les plateformes sont une solution avant d’être un problème. 90 % des emplois créés au Royaume-Uni en 2013, en sortie de crise, n’ont-ils pas bénéficié à des indépendants ?

L’uberisation des emplois avant Uber

Les détracteurs de la nouvelle économie reprochent également aux plateformes de substituer des emplois précaires à des emplois stables. Cette deuxième idée reçue, plus répandue, invite au rappel de quelques fondamentaux.

Penchons-nous sur les secteurs « uberisés » ou susceptibles de l’être. Malgré leur diversité apparente, ces activités de services ont un point commun : le caractère fluctuant, imprévisible ou cyclique de la demande des clients y impose depuis toujours des formes d’organisation du travail très éloignées du CDI à temps plein classique. Deux exemples :

Dans l’industrie des taxis, quatre statuts différents sont accessibles aux chauffeurs, mais 80 % optent pour le statut d’indépendant, 3 % seulement sont salariés. Dans la coiffure également, la disparition de 10 000 salariés depuis 2002 a presque été entièrement compensée par le développement du travail indépendant. Et si lui aussi se voyait touché demain par l’uberisation ?

Les plateformes, terreau d’innovations sociales

Dans cette histoire, les plateformes marquent donc moins une rupture qu’un changement d’échelle. Cette situation est selon nous une chance à saisir. Les métiers uberisés pouvaient vivre autrefois dans une zone juridique grise, à l’abri des innovations sociales et économiques majeures. Il s’agissait en outre souvent de secteurs dans lesquels prospéraient des pratiques à la limite du droit.

Ce n’est plus possible aujourd’hui. Les plateformes, par leur taille croissante, l’uniformisation des pratiques qu’elles autorisent, peuvent servir de tremplin à la mise en place de protections et d’un accompagnement sur mesure pour les travailleurs indépendants.

Notre conviction est que cette responsabilité sociale des plateformes sera la clef de leur développement et de leur pérennité future. L’enjeu majeur est donc de trouver un juste équilibre entre liberté d’entreprendre, développement de l’emploi, protection des personnes et respect des comptes sociaux. Voici quelques règles qui nous semblent concourir à cet objectif :

  • Éviter de vouloir faire rentrer à tout prix la diversité des nouvelles formes d’activités dans les habits étroits du salariat ; introduire, sous des conditions à définir, une présomption de non-salariat pour les collaborateurs des plateformes.
  • Définir des principes de protection (politique de formation, assurances…) plutôt que des règles uniformes.
  • Établir un système simple de collecte des cotisations sociales, qui pourrait par exemple être géré par les plateformes elles-mêmes, devenant ainsi des tiers de confiance.

Notre écosystème de start-ups est un des plus dynamiques au monde : donnons-nous clairement les moyens d’exploiter les potentialités inédites de la nouvelle économie, en termes d’innovation et de croissance !

La 400ème du Business Club de France (2ème partie) – rediffusion ce week-end!

Publié le Mis à jour le

400 celebration monumentLogo-BFMBusiness-sans-contourREDIFFUSION

On a fêté fin octobre la 400ème émission du Business Club de France! 

Voici le programme de la 2ème partie. Pour le programme de la 1ère partie, c’est ici.

2ème PARTIE – NOS INVITÉS:

  • Farid Lahlou, cofondateur de Des Bras de Plus
  • Gianbeppi Fortis, PDG de Solutions 30
  • Franck Levy, président de Woollip
  • Paul Morlet, président fondateur de Lunettes pour tous
  • Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises

Pour écouter ou réécouter cette émission: 

 

des-bras-en-plusDES BRAS EN PLUS – avec Farid Lahlou
  • Des Bras En Plus est la première offre de déménagement low cost en France.
  • Créée en 2012 par 3 associés : Massoud Ayati, Zafar Baryali et Farid Lahlou
  • 40 collaborateurs
  • 70 sociétés partenaires partout en France
  • 4 agences physiques à Paris et région parisienne
  • 10 000 déménagements réalisés (à fin 2015)
  • 98%  de satisfaction client
  • Un chiffre d’affaires espéré de  4 millions d’euros en 2016
  • Grand Prix du Moovjee, réseau de jeunes entrepreneurs, en 2012

Farid, comment est née l’aventure « Des Bras En Plus » ? DANS PARLONS PME

Des bras en plusAvec Massoud Ayati et Zafar Baryali, mes deux copains de promo de l’EDC Paris Business School, nous avons fait toutes sortes de petits boulots dans le déménagement pour payer nos études. En découvrant tout le processus de A à Z, nous avons constaté que cette activité était très ancrée dans la tradition, que le secteur était très concurrentiel mais qu’il y avait sans doute moyen d’innover. D’où l’idée de fonder en 2010 la société Des Bras En Plus. »

Justement, en quoi innovez-vous ?

Nous sommes partis d’un chiffre frappant : 80 % des gens déménagent par leurs propres moyens, sans se faire aider alors que le déménagement, on le sait, est placé en 3ème position dans les sources majeures de stress ! Il y avait aussi tout un effort à faire pour lever un certain nombre de barrières : le prix (en moyenne 1500 euros chez un déménageur classique), les contraintes (il faut faire venir quelqu’un, attendre un devis, c’est très vite compliqué pour les actifs) et la transparence (les devis sont compliqués, peuvent varier du simple au triple sans qu’on sache pourquoi, la facturation semble parfois à la « tête du client »)… D’où notre offre de déménagement « low cost », à la carte, mais avec, et c’est primordial, des prestations de qualité !

Quels sont les points sur lesquels vous avez mis l’accent ?

En premier lieu, la configuration du déménagement : le client choisit la taille du véhicule, le nombre de déménageurs et la durée de la prestation. Ensuite, une offre élargie par rapport aux déménageurs traditionnels, ce qui abaisse le panier moyen autour de 500 euros. Puis, le recours à nos propres équipes de déménagement que nous formons de manière similaire à nos méthodes (nous avons créé la « Des Bras En Plus Family »). Enfin, pour le support logistique nous avons recruté des développeurs pour réécrire les logiciels métier en SAS. Résultat : on peut passer commande en 2 minutes et en trois clics au lieu de 30 auparavant, notamment lors des pics de réservation le matin et le soir, lorsque les déménageurs traditionnels sont fermés !

Quelle est votre clientèle ?

Des cadres surbookés, des parents d’étudiants qui s’inquiètent pour leur progéniture, mais aussi des personnes âgées… Nous avons commencé sur le marché des particuliers, mais aujourd’hui 30% de nos commandes concernent le monde professionnel, notamment pour la manutention du quotidien (déplacement de mobilier, déménagement d’un étage à l’autre…)

Quelle stratégie avez-vous adopté ?

Notre projet, c’est clairement de démocratiser le déménagement et notre ambition, au niveau national, est de devenir le numéro 1 du secteur en 2020. Comme notre activité ne repose pas sur la récurrence (on déménage plutôt rarement), nous misons sur le bouche à oreille et la recommandation pour améliorer notre notoriété. 30% de nos commandes proviennent des recommandations de nos anciens clients. Cela réclame de viser une satisfaction optimale de nos usagers grâce à une relation client sans faille, et de toujours coller aux attentes du marché.

C’est pourquoi nous avons pour habitude de nous remettre en cause, de nous révolutionner tous les six mois. A l’image de ce qui se pratique dans le tourisme, nous avons mis en place une tarification dynamique (« yield management »), nous lançons un programme de franchise et nous avons conçu aussi une offre unique en son genre, JUM (Juste un meuble ») qui concerne, comme son nom l’indique, tous ceux qui ne doivent déplacer qu’une seule pièce de mobilier. Et si le client souhaite jeter quelques affaires, nous les récupérons gratuitement pour les remettre à Emmaüs ! 

FR-Solutions_30_blanc_print_1_SOLUTIONS 30 – Gianbeppi Fortis
  • Activité: géant européen du service et de l’assistance à domicile pour les technologies numériques
  • Date de création: 2003
  • Lieu: Paris
  • CA: 125,1 millions (+ 12,2% et 20% de croissance moyenne/ an depuis sa création)
  • Effectif: 2075 salariés + 1 millier d’indépendants
  • 10 000 rendez-vous par jour
  • Plus de 10 millions d’interventions réalisées depuis la création
  • Le groupe est né en 2003 avec le déploiement de l’ADSL pour aider les utilisateurs à installer leur matériel
  • «On installe ou on dépanne votre ordinateur chez vous ou à distance en trente minutes», tel était le slogan en 2003 de la PME qui s’appelait alors PC30.

Solutions 30 couvre actuellement la totalité du territoire en France, Italie, Espagne, Benelux et Allemagne.

D’ici 3/5 ans le Groupe prévoit de tripler de taille

Solutions 30 s’est déjà positionné sur des marchés dont les perspectives de croissance sont également très importante. C’est notamment le cas du secteur de la e-santé pour
lequel Solutions 30 a créé une nouvelle offre de service, Care 30 TM et développe déjà des partenariats de collaboration avec les acteurs clés de ce nouveau marché (fabricants, FAI, assureurs,collectivités locales…).

SOLUTIONS 30 en 2008 – année de lancement du Business Club de France

CA: 36,2 millions €

Implantation en Italie

  • DATES CLÉS
  • 2003 Création
  • 2005 entrée en bourse
  • 2008 implantation en Italie
  • 2009 implantation aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne
  • 2015 Solutions 30 signe un contrat géant pour déployer les compteurs Linky
  • 2016 participation de 50% dans JFS, son homologue belge

Woollip_Position1.jpg

WOOLLIP – Franck Levy

Woollip réinvente la façon de dormir pendant les voyages. Ce coussin, inspiré des chaises de massage, supporte le buste et la tête vers l’avant et permet de se relâcher complètement en adoptant la position la mieux adaptée au repos. C’est la fin des torticolis, des maux de dos et de la guerre des accoudoirs !

Woollip a récemment démarré sa campagne de financement collaboratif sur Kickstarter afin de pouvoir être ensuite distribué dans tous les aéroports.

Ce nouveau « must have » des voyageurs est aussi léger qu’un smartphone et se glisse dans un bagage à main. Pliable et gonflable son design ergonomique breveté le rend tout simplement renversant.

C’est en 2013, au court d’un trop long vol inconfortable qu’ils ont eu ensemble l’idée de ce coussin frontal.

Il aura fallu 18 mois de recherches accompagnés de professionnels du Design, de l’Ergonomie, de la Santé et de l’Aérien pour déterminer la position idéale et créer le premier prototype.

  • Actuellement en financement sur Indiegogo (site US). 447% financés le 11 mai 2016.
  • La campagne sur Kickstarter (site français) avait récolté les 55 000 € recherchés en quelques jours seulement
  • Les Woollip sont en cours de livraison, 2000 ont déjà été livrés il y a 1 mois.
  • Prix: environ 30€
lunettes_pour_tous.jpgLUNETTES POUR TOUS – Paul Morlet

Paul Morlet a 26 ans

A l’origine: les lunettes publicitaires de Lulu Frenchie

Création en 2010 de Lulu Frenchie, spécialisé dans la fabrication de lunettes publicitaires avec messages sur les verres.

Plus de 350 points de vente en France

Partenariat avec le PSG

Vente aux particuliers sur le site – on peut designer sa propre paire

fullsizerender
Michel Picot et ses lunettes Lulu Frenchie aux couleurs de BFM Business!

Procédé unique qui ne gêne pas la vision : il s’agit d’un film spécial qu’on pose sur les verres. Il fait venir les montures de Chine et applique en France le film.

Parmi les clients les plus réputés : Snoop Dog, Lady Gaga, 50 Cent, Mélanie Laurent,  Norman (fait des vidéos), Jean Roch

L’HISTOIRE

« Collégien en ZEP, dernier de la classe, j’ai été orienté par mon prof de gym vers un BEP en électricité. Puis sans conviction non plus, j’ai passé un bac pro en alternance à la SNCF dans l’informatique« , narre ce Lyonnais, fils d’un formateur technique et d’une secrétaire. Il passe quelques mois dans un groupe de radio avant de lancer en octobre 2010 avec deux associés son projet, financé par ses 5.000 euros d’économies. « J’avais vu à la télé une soirée poker où la pub était partout sauf sur les visages des joueurs, d’où l’idée des lunettes« , explique-t-il. Les particuliers peuvent passer commande sur son site internet, à partir de 9-10 euros la paire. La livraison est garantie pour tous en 24 heures jusqu’à New York, assure Lulu Frenchie.

LUNETTES POUR TOUS – 2014

Effectif: 105
CA: 6 millions d’euros en 2016 – taux de croissance a doublé entre 2015 et 2016.

Lunettes Pour Tous, c’est le pari fou d’un jeune entrepreneur de 26 ans, Paul Morlet, qui veut démocratiser les lunettes de vue en proposant des paires à 10 euros en 10 minutes. Avec Xavier Niel à son capital, l’entreprise réussit grâce à d’énormes volumes de ventes, générant plus de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires.

A 20 ans, le jeune entrepreneur investit toutes ses économies dans l’achat d’un stock de lunettes de soleil en Chine et crée la start-up Lulu Frenchie. Les lunettes fantaisies se vendent dans le monde entier. « Les stars comme Lady Gaga et David Guetta ont envoyé des selfies avec mes lunettes sur le nez et les médias se sont emparés du sujet, s’amuse-t-il. J’en ai vendu 4,5 millions et au bout de deux ans, je faisais 1 million d’euros de CA. Mais j’avais besoin d’un plus grand défi. » A l’occasion d’un déplacement en Chine, il prend conscience en échangeant dans l’avion avec un cadre d’Essilor du vrai prix des verres –1,5€– et de la « marge colossale que dégagent les fabricants verriers et les distributeurs ». L’opportunité est trop belle. Paul Morlet décide d’en faire son business.

En 2014, Lunettes Pour Tous démarre en attaquant avec un bon coup marketing : « Nous avons montré que les opticiens étaient des voleurs qui vendent des produits soit-disant « made in France » qui sont en fait fabriqués en Chine. Le label Origine France Garantie n’est qu’un bout de papier qui s’achète au bureau de contrôle. » Au bout du compte, il reçoit 60 menaces de mort. L’entrepreneur ne cède pas pour autant et lance coup sur coup trois boutiques à Paris, Lyon et Marseille. « On fabrique plus de 500 paires sur nos trois magasins et on en vend 250 par jour dans notre boutique parisienne, avec une marge brute à 50%, soit près de 100 fois le volume actuel d’un opticien classique », se félicite Paul Morlet.

Lunettes Pour Tous compte s’implanter sur l’ensemble de l’Hexagone d’ici 3 ans, pour atteindre 20 boutiques en 2017 et 50 d’ici 2019 avec deux ouvertures en cours à Bordeaux et à Lille. L’enseigne vise l’implantation de magasins dans les grandes capitales européennes à partir de 2017.

En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/idees-de-business/comment-lunettes-pour-tous-revolutionne-le-secteur-de-l-optique-300969.php?shpjbASCuXGikBu4.99

LOGO MDE.jpgPIERRE PELOUZET – Médiateur des Entreprises
  • 98 % des saisines du Médiateur proviennent de TPE et PME.
  • Près de 1000 SAISINES par an

Qui saisit la Médiation?

  • TPE : 43 % des saisines
  • PME : 45 %
  • ETI : 6 %
  • Grandes entreprises: 1 %
  • Médiations collectives: 4 %
  • Secteur public et apparenté : 1 %

Secteurs d’activité

  • Commerce: 12%
  • Construction/BTP: 7%
  • Industrie: 15%
  • Services: 31%
  • Secteur public et apparenté: 35%

TAUX DE RÉUSSITE: 75%

DANS QUEL CAS ?

  • Clauses contractuelles déséquilibrées
  • Modification unilatérale ou rupture brutale de contrat
  • Non-respect d’un accord verbal
  • Conditions de paiement non respectées (retards de paiement, retenues injustifiées, pénalités abusives)
  • Services ou marchandises non conformes
  • Atteinte d’un droit de propriété intellectuelle
  • Non-versement du CIR-CII

2 TYPES DE MÉDIATIONS

  • La médiation individuelle concerne les relations entre un acteur économique et son client ou son fournisseur ;
  • La médiation collective regroupe plusieurs entreprises face à un même client ou fournisseur, ou face à un groupe de clients ou de fournisseurs.

On fête la 400ème émission du Business Club de France! 2ème partie: Des Bras en Plus, Solutions 30, Woollip, Lunettes pour tous, et le Médiateur des Entreprises. A ne manquer sous aucun prétexte! (Podcast)

Publié le Mis à jour le


400 celebration monumentLogo-BFMBusiness-sans-contourEMISSION SPÉCIALE
Uniquement sur BFM Radio!

→ Diffusion : samedi 29/10/2016 à 7h | dimanche 30/10/2016 à 16h

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2ème PARTIE – NOS INVITÉS:

  • Farid Lahlou, cofondateur de Des Bras de Plus
  • Gianbeppi Fortis, PDG de Solutions 30
  • Franck Levy, président de Woollip
  • Paul Morlet, président fondateur de Lunettes pour tous
  • Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises

Pour écouter ou réécouter l’émission :

⇒ Retrouvez ici le programme de la 1ère partie

des-bras-en-plusDES BRAS EN PLUS – avec Farid Lahlou
  • Des Bras En Plus est la première offre de déménagement low cost en France.
  • Créée en 2012 par 3 associés : Massoud Ayati, Zafar Baryali et Farid Lahlou
  • 40 collaborateurs
  • 70 sociétés partenaires partout en France
  • 4 agences physiques à Paris et région parisienne
  • 10 000 déménagements réalisés (à fin 2015)
  • 98%  de satisfaction client
  • Un chiffre d’affaires espéré de  4 millions d’euros en 2016
  • Grand Prix du Moovjee, réseau de jeunes entrepreneurs, en 2012

Farid, comment est née l’aventure « Des Bras En Plus » ? DANS PARLONS PME

Des bras en plusAvec Massoud Ayati et Zafar Baryali, mes deux copains de promo de l’EDC Paris Business School, nous avons fait toutes sortes de petits boulots dans le déménagement pour payer nos études. En découvrant tout le processus de A à Z, nous avons constaté que cette activité était très ancrée dans la tradition, que le secteur était très concurrentiel mais qu’il y avait sans doute moyen d’innover. D’où l’idée de fonder en 2010 la société Des Bras En Plus. »

Justement, en quoi innovez-vous ?

Nous sommes partis d’un chiffre frappant : 80 % des gens déménagent par leurs propres moyens, sans se faire aider alors que le déménagement, on le sait, est placé en 3ème position dans les sources majeures de stress ! Il y avait aussi tout un effort à faire pour lever un certain nombre de barrières : le prix (en moyenne 1500 euros chez un déménageur classique), les contraintes (il faut faire venir quelqu’un, attendre un devis, c’est très vite compliqué pour les actifs) et la transparence (les devis sont compliqués, peuvent varier du simple au triple sans qu’on sache pourquoi, la facturation semble parfois à la « tête du client »)… D’où notre offre de déménagement « low cost », à la carte, mais avec, et c’est primordial, des prestations de qualité !

Quels sont les points sur lesquels vous avez mis l’accent ?

En premier lieu, la configuration du déménagement : le client choisit la taille du véhicule, le nombre de déménageurs et la durée de la prestation. Ensuite, une offre élargie par rapport aux déménageurs traditionnels, ce qui abaisse le panier moyen autour de 500 euros. Puis, le recours à nos propres équipes de déménagement que nous formons de manière similaire à nos méthodes (nous avons créé la « Des Bras En Plus Family »). Enfin, pour le support logistique nous avons recruté des développeurs pour réécrire les logiciels métier en SAS. Résultat : on peut passer commande en 2 minutes et en trois clics au lieu de 30 auparavant, notamment lors des pics de réservation le matin et le soir, lorsque les déménageurs traditionnels sont fermés !

Quelle est votre clientèle ?

Des cadres surbookés, des parents d’étudiants qui s’inquiètent pour leur progéniture, mais aussi des personnes âgées… Nous avons commencé sur le marché des particuliers, mais aujourd’hui 30% de nos commandes concernent le monde professionnel, notamment pour la manutention du quotidien (déplacement de mobilier, déménagement d’un étage à l’autre…)

Quelle stratégie avez-vous adopté ?

Notre projet, c’est clairement de démocratiser le déménagement et notre ambition, au niveau national, est de devenir le numéro 1 du secteur en 2020. Comme notre activité ne repose pas sur la récurrence (on déménage plutôt rarement), nous misons sur le bouche à oreille et la recommandation pour améliorer notre notoriété. 30% de nos commandes proviennent des recommandations de nos anciens clients. Cela réclame de viser une satisfaction optimale de nos usagers grâce à une relation client sans faille, et de toujours coller aux attentes du marché.

C’est pourquoi nous avons pour habitude de nous remettre en cause, de nous révolutionner tous les six mois. A l’image de ce qui se pratique dans le tourisme, nous avons mis en place une tarification dynamique (« yield management »), nous lançons un programme de franchise et nous avons conçu aussi une offre unique en son genre, JUM (Juste un meuble ») qui concerne, comme son nom l’indique, tous ceux qui ne doivent déplacer qu’une seule pièce de mobilier. Et si le client souhaite jeter quelques affaires, nous les récupérons gratuitement pour les remettre à Emmaüs ! 

FR-Solutions_30_blanc_print_1_SOLUTIONS 30 – Gianbeppi Fortis
  • Activité: géant européen du service et de l’assistance à domicile pour les technologies numériques
  • Date de création: 2003
  • Lieu: Paris
  • CA: 125,1 millions (+ 12,2% et 20% de croissance moyenne/ an depuis sa création)
  • Effectif: 2075 salariés + 1 millier d’indépendants
  • 10 000 rendez-vous par jour
  • Plus de 10 millions d’interventions réalisées depuis la création
  • Le groupe est né en 2003 avec le déploiement de l’ADSL pour aider les utilisateurs à installer leur matériel
  • «On installe ou on dépanne votre ordinateur chez vous ou à distance en trente minutes», tel était le slogan en 2003 de la PME qui s’appelait alors PC30.

Solutions 30 couvre actuellement la totalité du territoire en France, Italie, Espagne, Benelux et Allemagne.

D’ici 3/5 ans le Groupe prévoit de tripler de taille

Solutions 30 s’est déjà positionné sur des marchés dont les perspectives de croissance sont également très importante. C’est notamment le cas du secteur de la e-santé pour
lequel Solutions 30 a créé une nouvelle offre de service, Care 30 TM et développe déjà des partenariats de collaboration avec les acteurs clés de ce nouveau marché (fabricants, FAI, assureurs,collectivités locales…).

SOLUTIONS 30 en 2008 – année de lancement du Business Club de France

CA: 36,2 millions €

Implantation en Italie

  • DATES CLÉS
  • 2003 Création
  • 2005 entrée en bourse
  • 2008 implantation en Italie
  • 2009 implantation aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne
  • 2015 Solutions 30 signe un contrat géant pour déployer les compteurs Linky
  • 2016 participation de 50% dans JFS, son homologue belge

Woollip_Position1.jpg

WOOLLIP – Franck Levy

Woollip réinvente la façon de dormir pendant les voyages. Ce coussin, inspiré des chaises de massage, supporte le buste et la tête vers l’avant et permet de se relâcher complètement en adoptant la position la mieux adaptée au repos. C’est la fin des torticolis, des maux de dos et de la guerre des accoudoirs !

Woollip a récemment démarré sa campagne de financement collaboratif sur Kickstarter afin de pouvoir être ensuite distribué dans tous les aéroports.

Ce nouveau « must have » des voyageurs est aussi léger qu’un smartphone et se glisse dans un bagage à main. Pliable et gonflable son design ergonomique breveté le rend tout simplement renversant.

C’est en 2013, au court d’un trop long vol inconfortable qu’ils ont eu ensemble l’idée de ce coussin frontal.

Il aura fallu 18 mois de recherches accompagnés de professionnels du Design, de l’Ergonomie, de la Santé et de l’Aérien pour déterminer la position idéale et créer le premier prototype.

  • Actuellement en financement sur Indiegogo (site US). 447% financés le 11 mai 2016.
  • La campagne sur Kickstarter (site français) avait récolté les 55 000 € recherchés en quelques jours seulement
  • Les Woollip sont en cours de livraison, 2000 ont déjà été livrés il y a 1 mois.
  • Prix: environ 30€
lunettes_pour_tous.jpgLUNETTES POUR TOUS – Paul Morlet

Paul Morlet a 26 ans

A l’origine: les lunettes publicitaires de Lulu Frenchie

Création en 2010 de Lulu Frenchie, spécialisé dans la fabrication de lunettes publicitaires avec messages sur les verres.

Plus de 350 points de vente en France

Partenariat avec le PSG

Vente aux particuliers sur le site – on peut designer sa propre paire

fullsizerender
Michel Picot et ses lunettes Lulu Frenchie aux couleurs de BFM Business!

Procédé unique qui ne gêne pas la vision : il s’agit d’un film spécial qu’on pose sur les verres. Il fait venir les montures de Chine et applique en France le film.

Parmi les clients les plus réputés : Snoop Dog, Lady Gaga, 50 Cent, Mélanie Laurent,  Norman (fait des vidéos), Jean Roch

L’HISTOIRE

« Collégien en ZEP, dernier de la classe, j’ai été orienté par mon prof de gym vers un BEP en électricité. Puis sans conviction non plus, j’ai passé un bac pro en alternance à la SNCF dans l’informatique« , narre ce Lyonnais, fils d’un formateur technique et d’une secrétaire. Il passe quelques mois dans un groupe de radio avant de lancer en octobre 2010 avec deux associés son projet, financé par ses 5.000 euros d’économies. « J’avais vu à la télé une soirée poker où la pub était partout sauf sur les visages des joueurs, d’où l’idée des lunettes« , explique-t-il. Les particuliers peuvent passer commande sur son site internet, à partir de 9-10 euros la paire. La livraison est garantie pour tous en 24 heures jusqu’à New York, assure Lulu Frenchie.

LUNETTES POUR TOUS – 2014

Effectif: 105
CA: 6 millions d’euros en 2016 – taux de croissance a doublé entre 2015 et 2016.

Lunettes Pour Tous, c’est le pari fou d’un jeune entrepreneur de 26 ans, Paul Morlet, qui veut démocratiser les lunettes de vue en proposant des paires à 10 euros en 10 minutes. Avec Xavier Niel à son capital, l’entreprise réussit grâce à d’énormes volumes de ventes, générant plus de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires.

A 20 ans, le jeune entrepreneur investit toutes ses économies dans l’achat d’un stock de lunettes de soleil en Chine et crée la start-up Lulu Frenchie. Les lunettes fantaisies se vendent dans le monde entier. « Les stars comme Lady Gaga et David Guetta ont envoyé des selfies avec mes lunettes sur le nez et les médias se sont emparés du sujet, s’amuse-t-il. J’en ai vendu 4,5 millions et au bout de deux ans, je faisais 1 million d’euros de CA. Mais j’avais besoin d’un plus grand défi. » A l’occasion d’un déplacement en Chine, il prend conscience en échangeant dans l’avion avec un cadre d’Essilor du vrai prix des verres –1,5€– et de la « marge colossale que dégagent les fabricants verriers et les distributeurs ». L’opportunité est trop belle. Paul Morlet décide d’en faire son business.

En 2014, Lunettes Pour Tous démarre en attaquant avec un bon coup marketing : « Nous avons montré que les opticiens étaient des voleurs qui vendent des produits soit-disant « made in France » qui sont en fait fabriqués en Chine. Le label Origine France Garantie n’est qu’un bout de papier qui s’achète au bureau de contrôle. » Au bout du compte, il reçoit 60 menaces de mort. L’entrepreneur ne cède pas pour autant et lance coup sur coup trois boutiques à Paris, Lyon et Marseille. « On fabrique plus de 500 paires sur nos trois magasins et on en vend 250 par jour dans notre boutique parisienne, avec une marge brute à 50%, soit près de 100 fois le volume actuel d’un opticien classique », se félicite Paul Morlet.

Lunettes Pour Tous compte s’implanter sur l’ensemble de l’Hexagone d’ici 3 ans, pour atteindre 20 boutiques en 2017 et 50 d’ici 2019 avec deux ouvertures en cours à Bordeaux et à Lille. L’enseigne vise l’implantation de magasins dans les grandes capitales européennes à partir de 2017.

En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/idees-de-business/comment-lunettes-pour-tous-revolutionne-le-secteur-de-l-optique-300969.php?shpjbASCuXGikBu4.99

LOGO MDE.jpgPIERRE PELOUZET – Médiateur des Entreprises
  • 98 % des saisines du Médiateur proviennent de TPE et PME.
  • Près de 1000 SAISINES par an

Qui saisit la Médiation?

  • TPE : 43 % des saisines
  • PME : 45 %
  • ETI : 6 %
  • Grandes entreprises: 1 %
  • Médiations collectives: 4 %
  • Secteur public et apparenté : 1 %

Secteurs d’activité

  • Commerce: 12%
  • Construction/BTP: 7%
  • Industrie: 15%
  • Services: 31%
  • Secteur public et apparenté: 35%

TAUX DE RÉUSSITE: 75%

DANS QUEL CAS ?

  • Clauses contractuelles déséquilibrées
  • Modification unilatérale ou rupture brutale de contrat
  • Non-respect d’un accord verbal
  • Conditions de paiement non respectées (retards de paiement, retenues injustifiées, pénalités abusives)
  • Services ou marchandises non conformes
  • Atteinte d’un droit de propriété intellectuelle
  • Non-versement du CIR-CII

2 TYPES DE MÉDIATIONS

  • La médiation individuelle concerne les relations entre un acteur économique et son client ou son fournisseur ;
  • La médiation collective regroupe plusieurs entreprises face à un même client ou fournisseur, ou face à un groupe de clients ou de fournisseurs.

Médiation des entreprises: les chiffres clés 2015-2016

Publié le Mis à jour le

Créé en 2010, le service de médiation s’adresse à tous les acteurs économiques, publics comme privés. Il les aide à résoudre les difficultés pouvant émerger dans le cadre d’une relation contractuelle ou de la commande publique. Ce service, gratuit et confidentiel, vise à résoudre le différend en moins de trois mois et de façon amiable, en aidant les deux parties à trouver, elles-mêmes, une solution, formalisée par un protocole d’accord.

⇒ Chaque semaine, dans l’émission Business Club de France sur BFM Business Radio, la Médiation des Entreprises répond aux questions des entrepreneurs, quel que soit leur secteur d’activité.

Retrouvez ici tous les Rendez-vous du Médiateur au Business Club de France

LES CHIFFRES CLÉS 

Source: brochure « Renforcer la confiance entre les acteurs économiques » – Téléchargez le pdf: le_mediateur_des_entreprises

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