geoffroy roux de bezieux

Olivier Baussan: plus de 40 ans d’entrepreneuriat (L’Occitane, Le Petit Marseillais, Maison Brémond)! C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

Dans le prochain Business Club de France : 
Samedi 9/12/17 à 7h – Dimanche 10/12/17 à 15h

⇒ Uniquement sur BFM Business Radio 

provence      

⇒ PREMIÈRE PARTIE 

TALK 1: Olivier Baussan, serial entrepreneur, booste la Provence

LE FOCUS DE LA SEMAINE : La finale du Startup Contest à Bobino le 11 décembre

TALK 2 : LUCIBEL rapatrie ses productions en France

DEUXIÈME PARTIE: CRÉER, REPRENDRE, DÉVELOPPER

  • Les premiers dans l’entrepreneuriat de Nadia Tiourtie de CMARUE
  • Les conseils de  l’expert : Comment séduire un investisseur? Avec Marc Ménasé, fondateur de Menlook, investisseur

LE RENDEZ-VOUS DU MÉDIATEUR DES ENTREPRISES, avec Pierre Pelouzet


 TALK 1: OLIVIER BAUSSAN, fondateur de l’Occitane en Provence, Oliviers & Co, et repreneur de Maison Brémond, avec LAURE BAUSSAN

(Ré)écouter et télécharger cette interview:

Olivier Baussan, est un entrepreneur passionné. Son but: valoriser la Provence et ses ressources locales: lavande, amande, olivier. Sa première société, il l’a créée à l’âge de 24 ans, c’était… l’Occitane en Provence, connue aujourd’hui dans le monde entier grâce à ses devantures jaune d’or, reconnaissables entre mille. Olivier Baussan ne s’arrête pas là, il fonde ensuite Oliviers & Co, Première Pression (huile d’olive). Aujourd’hui, il a revendu ces entreprises, pour en racheter plusieurs autres: Les calissons du Roy René, la Maison Brémond. Portrait d’un serial entrepreneur engagé.

maison bremond

SA DERNIÈRE ACQUISITION: LA MAISON BRÉMOND 1830

  • Effectif : 50
  • CA 2017 France : < 9 ME
  • Nombre de Magasins : 17
  • Nombre de références produits : 400 ( épicerie sèche, confiserie, biscuiterie)
  • Filiale en Norvège.

HISTOIRE DE LA MAISON BRÉMOND

Au début du XIXe siècle, la famille Brémond installe son atelier de Confiseur au 36 cours Mirabeau à Aix en Provence. La Maison Brémond est alors une des grandes maisons qui font le commerce des amandes. Elle fabrique les fameux calissons d’Aix ainsi que des confiseries et propose une offre d’épicerie fine et des denrées rares à l’époque, comme des épices et du café.

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En 1973 la famille Borrelly reprend le flambeau. Suite à un incendie, le magasin a été transféré en 1986 rue d’Italie à Aix-en-Provence, où il se trouve encore aujourd’hui. Puis, la famille Borrelly s’est retirée en 1999 et a confié l’entreprise à une autre famille aixoise connue : Mme et Mr Farine, propriétaires de la Confiserie du Roy René.

La Maison Brémond Fils a été reprise en 2015 par Olivier Baussan et sa fille, Laure.

LE PARCOURS D’OLIVIER BAUSSAN

  • 1976 : création de L’Occitane (en 1976 il a 24 ans)
  • 1980-82 : inauguration de la première boutique L’Occitane à Volx, à côté de Manosque.
  • 1982 : Le Petit Marseillais est créé avec Monsieur Langellé. Marque cédée à  Johnson et Johnson en 2006. 
  • 1992-95 :1992 cession de la majorité à un fond d’investissement financier. Reinold Geiger rachète l’Occitane au  fonds d’investissement.  Olivier Baussan reste actionnaire et membre du conseil d’administration. Il s’occupe des développements produits et de l’image. 
  • 1995-96 : inauguration de la première boutique l’Occitane à Hong-Kong.
  • 1996 : ouverture de la première boutique l’Occitane à New-York
  • 1996: Création de l’enseigne de produits méditerranéens Oliviers & Co
  • 2006: Création de la Fondation l’Occitane qui a pour objectif  le soutien à l’entreprenariat  féminin en Afrique et celui de la cécité évitable. 
  • 2008: Création de Première pression (en 2015, fusion avec Maison Brémond)
  • 2009 : Olivier Baussan reçoit la médaille du Chevalier de l’Ordre du mérite agricole 
  • 2014: création de la Biscuiterie de Forcalquier
    Rachat de la Confiserie du Roy René
  • 2015: rachat de la Maison Brémond 1830
  • Olivier Baussan devient officier de l’ordre du mérite agricole

Dans ToutMa

Dans toutes vos actions vous incarnez la Provence, cette passion, la tenez-vous de votre famille ?

Olivier Baussan : Oui et non. Mes parents qui étaient plutôt intellectuels – ma mère artiste et mon père journaliste – se sont installés en Provence l’année de ma naissance où ils ont décidé de faire ce retour à la terre, dans les années 50, bien avant la grande mode des années 70. En fait, j’ai été élevé par des apprentis paysans qui avaient un regard artistique et esthétique sur le paysage avec lequel ils s’étaient mis en phase. On peut dire que je leur dois beaucoup, mais ce n’est pas un héritage familial à proprement parler. En tout cas, j’ai grandi à la campagne, à Ganagobie exactement, pas loin du monastère, et je n’ai jamais quitté cette région de Forcalquier.

TM : Quelle a été votre formation ?

OB : J’ai fait une maîtrise de lettres modernes à Aix et puis je suis passé directement du stade d’étudiant au stade de distillateur ! Le contexte universitaire aixois des années 75 n’était pas lisse ; les étudiants en fac de lettres s’interrogeaient beaucoup et nous étions en lutte contre la fac de droit notamment. Est arrivé alors le premier choc pétrolier, nous étions tous soucieux pour notre avenir suite aux Trente Glorieuses que nos parents nous avaient construits après guerre. Le sentiment du mot écologie était en train de naître et, nous qui n’avions pas participé aux révoltes étudiantes de 68 (je n’étais qu’en 3ème), poussé par ce choc pétrolier, nous nous sommes questionnés sur l’écologie. C’est à ce moment-là que j’ai fait la découverte d’un alambic à lavande, j’ai même envie de dire « la rencontre », car ce fut pour moi un déclic !

TM : Un déclic qui vous fait basculer vers le métier de distillateur ?

OB : « Oui, sans savoir exactement ce que j’allais faire, cet appareil a suscité ma curiosité et l’envie d’apprendre. Couper moi-même des plantes, les distiller, aller les vendre sur les marchés, j’ai appris à le faire avec un certain bonheur, parce que je m’inscrivais dans une préservation de tradition d’un territoire et c’est ce qui est finalement devenu le fil conducteur de mes actions jusqu’à aujourd’hui ». A ses débuts, sur les marchés où il tient son stand, les bonnes ventes de ses huiles essentielles lui prouvent le bien-fondé de sa démarche. Ses étals se garnissent aussi de savons dont il se lance dans la fabrication suite à sa rencontre avec un savonnier à la retraite qui lui offre moules et outils. L’Occitane est née.

TM : Avec votre épouse, vous aimez aussi concevoir les packaging des produits, n’est-ce pas ?

OB : Oui, imaginer le stylisme des packaging, cela me plaît ! C’est ce que je continue de faire pour L’Occitane tout en restant le « porteur d’âme », poursuivant l’esprit de toutes les actions que j’ai pu mener jusque-là. Pour la Confiserie Du Roy René, je m’occupe aussi de la création de produits et du « concept boutiques » ; je travaille avec mon épouse qui a notamment créé le personnage du Petit Marseillais.

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L’OCCITANE 

  • Activité: marque de cosmétiques
  • Date de création: 1976 par Olivier Baussan
  • CA: 1,3 milliards €
  • Aujourd’hui, l’Europe ne représente que 20 % de son chiffre d’affaires, contre 49 % pour l’Asie
  • Effectif: plus de 10 000

L’Occitane, c’est une marque connue dans le monde entier. Premier client : le Japon, puis les États-Unis et la Chine. 1.600 personnes travaillent en France, 9.000 dans le monde, 3.000 boutiques sur la planète, un nouveau site internet de e-commerce et il se vend une crème au beurre de karité pour les mains toutes les 3 minutes.

Une réussite semée d’embûches

L’Occitane a dû faire face à de grandes difficultés dans les années 1990, et ne serait sûrement pas parvenue à une telle réussite sans la complémentarité entre un investisseur visionnaire et le communiquant hors-pair qu’est Olivier Baussan.

A la fin des années 1980, l’entreprise est endettée et manque de liquidités pour se développer. Davantage artiste que gestionnaire, le fondateur de la marque doit se décider à en ouvrir le capital en 1992. La société Natural investit alors 40 millions de francs, détient 90% des parts et évince Olivier Baussan de la gestion de L’Occitane. Mais l’entreprise reste déficitaire les années suivantes. C’est alors qu’un nouvel investisseur se manifeste : Reinold Geiger, businessman autrichien surdoué, amoureux du Sud de la France, et qui réintègre Olivier Baussan dans l’entreprise. (Olivier Baussan en détient aujourd’hui 5% et est en charge de la direction artistique, de la décoration et du packaging.)

L’ambition est grande : conquérir le marché international en vendant l’image de la Provence. L’idée met du temps à séduire les clients étrangers, mais les boutiques, déficitaires dans un premier temps, vont peu à peu séduire, pour finalement susciter un véritable engouement. La société est introduite à la Bourse de Hong Kong en 2010. (Business Herald)

Tout autour du monde, les boutiques sont faites sur le même modèle, dont les structures sont spécialement fabriquées en France, puis envoyés sur place où elles seront assemblées. De Tokyo à Sao Paulo, en passant par New-York ou Pékin, les mêmes senteurs se diffusent dans un écrin de couleurs ocre. Il s’agit de vendre la Provence au monde entier, mais de la vendre telle que se l’imagine des clients qui n’y ont probablement jamais mis le nez : « des paysages colorés, des villages ensoleillés », comme la décrit Reinold Geiger, le très discret président de la société. (Le Monde)

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OLIVIERS & CO

Distributeur d’huile d’olive, embouteillée dans leur usine en Provence, issues du pourtour méditerranéen. « Dans nos moulins partenaires, les olives sont cueillies à la main, et pressées à froid moins de 24 heures après la récolte. De 5 à 12 kilos d’olives sont utilisés pour obtenir un litre d’huile ». « J’ai fondé O&CO Il y a plus de 21 ans et n’y suis plus depuis 2006. Je n’ai plus du tout de parts ». Geoffroy Roux de Bézieux a racheté l’entreprise en 2016.

calisson-roy-renéLA CONFISERIE DU ROY RENÉ

C’est en 1454 à Aix-en-Provence que naît le calisson, friandise offerte par le Roy René d’Anjou à sa fiancée Jeanne de Laval. 6 siècles plus tard, la confiserie Les Calissons du Roy René en fabrique 456 tonnes par an! Entreprise du Patrimoine Vivant, elle exporte son savoir-faire dans plus de 25 pays. 1 calisson sur 2 vendu dans le monde sort de ses ateliers. 2016 a vu l’ouverture de la première boutique aux USA, à Miami. Pour son centenaire en 2020, l’entreprise vise une part de 20% de CA à l’export.

biscuiterie forcalquierLA BISCUITERIE DE FORCALQUIER

Installée dans l’ancienne forge du village, la biscuiterie de Forcalquier ouverte en 2014 a trouvé la recette du succès, en doublant les effectifs et multipliant par 2,5 sa production en seulement trois ans. 10 000 kilos de biscuits confectionnés en 2015, 17 000 en 2016, le cap des 25 000 doit être dépassé cette année. Le projet gourmand s’est transformé en petite entreprise florissante.

Au départ, une simple idée sucrée. « C’est Olivier Baussan qui en est à l’origine. Il a développé l’épicerie salée avec les huiles d’olive de « Première Pression Provence » et Maison Brémond 1830. Et comme il a un million d’idées à la seconde, il a imaginé un projet autour du biscuit de Provence, dont certains sont à base d’huile d’olive » explique Sylvie Alfano, responsable de la production, présente depuis l’ouverture.

Vendus sur place à Forcalquier et dans les épiceries fines Maison Brémond 1830, les biscuits de Haute-Provence s’exportent. Dernier marché obtenu, la Norvège. « Ils raffolent des macarons et des canistrellis à l’anis confectionnés avec du pastis Bardouin. » (La Provence)

 

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