Les stations de sports d’hiver rencontrent des difficultés à cause de leur dépendance au ski alpin. Elles sont confrontées à des critiques émanant d’associations environnementales, remettant en question leurs projets d’aménagement. Un exemple est celui de Haute-Maurienne (Savoie), où un projet visant à moderniser le télésiège de la Fournache a été stoppé par le Tribunal administratif de Grenoble. Néanmoins, la commune n’abandonne pas et va faire appel.
Le télésiège actuel est vieillissant, peu confortable et âgé de 44 ans. La commune prévoyait donc son remplacement par un modèle plus moderne, pouvant accueillir des familles. Cela représenterait un investissement total de quatre millions d’euros, incluant le nouvel équipement et une modification du tracé actuel pour offrir une piste supplémentaire aux skieurs.
Tribunal administratif de Grenoble : une décision importante
Les travaux sur le petit domaine skiable ont été stoppés par le Tribunal administratif de Grenoble. France Nature Environnement a contesté les arrêtés autorisant les aménagements, ce qui a conduit à leur annulation. Le tribunal estime que l’évaluation des impacts sur l’environnement était trop limitée et qu’une dérogation pour les espèces protégées aurait dû être obtenue avant d’autoriser les travaux. De plus, l’annulation du schéma de cohérence territoriale a également contribué à juger illégale la création de cette unité touristique nouvelle.
Arrêt de la fuite des stations de ski : quand ?
La décision du Tribunal administratif de Grenoble représente une victoire importante pour France Nature Environnement dans sa lutte contre l’extension des domaines skiables. L’association se réjouit de la position du Tribunal plaidant pour un changement profond du modèle économique montagnard. Elle souligne que les extensions de domaines skiables déguisées en remplacements de remontées mécaniques sont de plus en plus fréquentes, altérant lourdement le paysage naturel. France Nature Environnement est préoccupée par l’urbanisation sans fin et la consommation excessive d’eau pour faire de la neige artificielle, qu’elle juge insoutenable. Elle interpelle également sur la nécessité pour les stations de ski à s’adapter sérieusement au réchauffement climatique.
Donner le temps pour la diversification
Le maire d’Aussois est contrarié par une attaque concernant la gestion de la neige dans sa station. Il souligne que malgré les défis posés par le changement climatique, il faut maintenir l’activité économique liée au ski, qui représente plus de 300 emplois. La station a entrepris des efforts de diversification, mais les revenus générés par le ski demeurent essentiels pour investir dans de nouveaux équipements et infrastructures toute l’année.
Il explique que malgré la nécessité d’utiliser des canons à neige ces deux dernières années pour les pistes inférieures, ils ont effectué des investissements importants dans des activités quatre saisons telles qu’une piste tubing, une mise en valeur de gravures rupestres, un espace dédié à l’art et aux artistes en résidence, ainsi qu’un espace bien-être. Ces initiatives visent à réchauffer les « lits froids » (c’est-à-dire non loués) et à attirer une clientèle diversifiée tout au long de l’année.
Problème de recours dans les projets en montagne
Le maire de la Plagne et président de l’association Nationale des Maires de Stations de Montagne (ANMSM), Jean-Luc Boch, exprime son désaccord face à l’opposition à la modernisation des équipements des stations de montagne. Il souligne que les montagnards prennent soin de leurs espaces et que seule une petite partie de la montagne est aménagée pour le tourisme. Il met en garde contre les conséquences négatives si ces aménagements sont empêchés.
Les élus des stations de montagne font face à plusieurs décisions défavorables émanant du tribunal administratif, suite à des recours déposés par des associations environnementales. Ces décisions engendrent frustration et inquiétude au sein des communautés concernées.
De plus, le rapport de la cour des comptes sur l’adaptation au changement climatique des stations de ski a également suscité une vive réaction. Le président de l’ANMSM rejette fermement ce rapport, affirmant que tant que c’est possible, le ski permet aux stations d’investir pour l’avenir.
Malgré les obstacles rencontrés, certaines communes comme Aussois continuent à se battre en faisant appel aux juridictions supérieures. Elles cherchent également à travailler sur un nouveau projet prenant en compte les critiques formulées par les tribunaux précédents.