Lors de la conférence annuelle d’Euronext, le président de la République Emmanuel Macron a exprimé le désir de relancer l’union des marchés de capitaux en Europe. Il a annoncé plusieurs initiatives pour améliorer le financement des entreprises intermédiaires et petites et moyennes entreprises. La France souhaite discuter avec ses partenaires européens pour harmoniser les produits d’épargne et progresser vers une supervision unique des infrastructures de marché. Ces sujets ne font pas consensus au sein des États membres.
De nombreux défis
Les différences entre les régimes fiscaux de l’épargne, la volonté politique et l’absence d’investisseurs européens à long terme constituent des obstacles majeurs à la création d’un marché unique des capitaux en Europe. Les tentatives antérieures pour harmoniser les réglementations financières n’ont pas abouti. Cependant, les besoins importants de financement liés à la transition énergétique pourraient changer la donne. En France, il est estimé que 66 milliards d’euros par an seront nécessaires jusqu’en 2030 pour répondre aux besoins additionnels d’investissement public et privé. À l’échelle de l’Europe, la Commission européenne a estimé qu’il faudrait investir 620 milliards d’euros par an, soit environ 4 % du PIB. Ces montants considérables ne peuvent être financés uniquement par le secteur public ou les banques. Actuellement, en Europe, 80 % des besoins de financement des entreprises sont couverts par des crédits bancaires et seulement 20 % proviennent des marchés financiers. Aux États-Unis, cette répartition est inversée : 80 % proviennent des marchés financiers et seulement 20 % sont assurés par les banques.
Activer la Caisse des dépôts
La relance d’un grand marché financier unique en Europe est nécessaire pour attirer l’épargne et répondre aux besoins de financement des entreprises. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a lancé une mission confiée à Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France. Parallèlement, un projet de loi sur l’attractivité de la place financière de Paris est également en cours d’examen par le député Alexandre Holrovd.
Orientation de l’épargne
Le président a annoncé de nouvelles mesures pour faciliter le financement des entreprises françaises, notamment les PME et les ETI. Il prévoit de mobiliser la Caisse des dépôts (CDC) à hauteur de 500 millions d’euros, en partenariat avec des fonds d’investissement non cotés. Il souhaite également simplifier les critères pour l’éligibilité aux plans d’épargne en actions des PME et orienter davantage les ressources des plans d’épargne retraite vers ces entreprises. En plus, des mesures visant à simplifier l’administration pour faciliter l’entrée en Bourse seront mises en place. La proposition de loi sur l’attractivité de la place de Paris vise aussi à favoriser le développement des actions à droits de vote multiples, une avancée très attendue par les start-up.