Résumés Business Club de France

Ce week-end, on joue! Focus sur le marché du jeu de société, à l’occasion du Festival des Jeux de Cannes. C’était au Business Club (podcast)

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festival jeux cannes.jpgLogo-BFMBusiness-sans-contourAu Business Club de France
Uniquement sur BFM Radio! 

→ Diffusion : samedi 18/2/2017 à 7h | dimanche 19/2/2017 à 14h

 

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TALK 1/2/3: LA FRANCE, CHAMPIONNE DES JEUX DE SOCIÉTÉ

TALK 4: Le rendez-vous du Médiateur des Entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 1/2/3: LE MARCHE DU JEU DE SOCIÉTÉ, avec Nadine Seul, Commissaire Générale du Palais des Festivals Festival International des Jeux – Cannes / Jean-Marc Sylvestre, journaliste et créateur du jeu Ecomania / Leonidas Vesperini, DG fondateur de MYTHIC GAMES / Catherine Watine, Jury des As d’Or et propriétaire d’une ludothèque à Montreuil

Pour écouter, réécouter et télécharger cette interview:

LES FRANÇAIS SONT JOUEURS! 

60% des Français aiment jouer, ils sont 79% à se déclarer bons joueurs et jouent quasiment tous à des jeux de société et à des jeux de cartes. On observe davantage de bons joueurs déclarés chez les femmes (82%) que chez les hommes (76%).

87% des Français jouent à des jeux de société et 87% à des jeux de cartes devant les dames (64%), la pétanque (63%), les jeux de hasard de la Française des jeux (62%) et les jeux vidéo (57%) pratiqués par plus d’1 Français sur 2 alors que les échecs (36%), les jeux de paris sportifs (26%), les jeux de casinos (24%) et les jeux de rôle (22%) rassemblent moins de joueurs.

LES CHIFFRES CLÉS DU MARCHÉ DU JEU DE SOCIÉTÉ EN FRANCE

En quelques années, la France est devenue l’un des acteurs majeurs du monde ludique actuel et a largement contribué à la petite révolution que connaît le marché du jeu.

Le marché des Jeux de société/Puzzles, devrait dépasser les 400 millions € pour 2016 en France. Il a connu une forte croissance au cours des dernières années (+13% en 2015), boosté par les jeux de société familiaux qui devrait se poursuivre.

1000 nouveaux Jeux de société sortent chaque année sur le marché français.

Top 5 des catégories les plus contributrices en euros sur décembre

  • Casse Têtes : +55%,
  • Jeux pour enfants : +5%,
  • Jeux Préscolaires +12%
  • Jeux de plateau famille +4%
  • Cartes stratégiques +15%
    Source Panels NPD Group

Nombre de boîtes de jeux vendues en France: 2010 : 12 millions / 2015: 20 millions
Prix moyen d’un jeu en 2015: 20€
Profil du joueur de jeu de société: 25-40 ans / habite en ville / plutôt CSP+ / souvent ingénieur
Source : les français et les jeux – sondage juillet 2015 bva/doméo/presse régionale/observatoire de la vie quotidienne des français.

LE JEU DE SOCIÉTÉ CONNAÎT UN VÉRITABLE ÂGE D’OR, POURQUOI?

➡️ LE FINANCEMENT PARTICIPATIF

Ce qui a grandement changé entre 2006 et 2016, c’est l’avènement du financement participatif. Kickstarter et ses consœurs sont apparus en 2009-2010. Depuis, le financement participatif a radicalement changé les modes d’édition et de consommation. Le parallèle entre le nombre de sorties de jeux en forte croissance et l’émergence du financement participatif est facile à tirer. Grâce à Kickstarter, les éditeurs ont pu compter sur une avance de fonds leur permettant de lancer le jeu. Mais pas que.

Kickstarter est une formidable machine à communiquer. Si avant 2009 on achetait un jeu, sur Kickstarter on peut bénéficier d’une ribambelle de stretch-goals venus allécher le chaland. Des SG souvent anecdotiques mais ô combien nécessaires. La campagne de levée de fonds devient alors épique, on la suit comme une saison de télé-réalité pour suivre son avancement et croiser les doigts pour débloquer le prochain palier. Et on cherche alors à rallier ses amis à la cause. Avant, c’était « plus on est de fous et plus on s’amuse », aujourd’hui c’est « plus on est de fous et plus on débloque ». Le jeu est alors médiatisé, relayé. (…) Depuis 2009, grâce à Kickstarter, de nombreux jeux ont pu voir le jour. Des jeux qui n’auraient pas forcément pu être édités par la voie « traditionnelle ».

➡️ LES RÉSEAUX SOCIAUX – Ils permettent d’abord aux joueurs de partager leurs parties, leurs achats, leurs découvertes, et surtout ensuite aux professionnels, éditeurs, boutiques, auteurs, illustrateurs, de communiquer sur leurs produits.

Entre buzz qui tâchent et teasers somptueux, les réseaux sociaux sont devenus en 2016 de véritables chevaux de bataille publicitaires. D’ailleurs, depuis les années 2010 et l’avènement de ces médias omniprésents et intrusifs on ne parle plus de publicité mais bien de communication. On ne cherche plus à vendre mais à transmettre l’information. A la relayer. On partage comme on respire. La publicité est devenue honnie, la communication sacralisée. Le FOMO comme religion (FOMO, pour fear of missing out). Aujourd’hui on trouve tout à fait normal de « suivre » une boutique de jeux sur Facebook, sur Twitter, pour connaître les nouvelles sorties, les soldes, leur communication. Auparavant verticale, avec les réseaux sociaux la publicité est devenue horizontale, virale.

Les réseaux sociaux ont également permis aux communautés de naître. La communauté. Un vecteur important dans le partage et la prévalence d’information. La communauté est devenue une ressource capitale pour les professionnels. Certains emploient même des community-managers, des gérants de communauté. C’est tout dire. Branding et buzz sont devenus des vérités et des nécessités commerciales. (source: Gusandco.net)

LE FESTIVAL INTERNATIONAL DES JEUX DE CANNES, c’est
  • Plus de 100 000 entrées sur 3 jours
  • Plus de 300 exposants en 2017
  • 30 000m2 d’expositions et animations

➡️  LE PRIX AS D’OR

Le label As d’Or, unique en France, a été créé en 1988

⇒ Cette année, 3 prix seront remis par le jury du label As d’Or, la sélection des meilleurs jeux de l’année 2017 dont le palmarès sera dévoilé jeudi 23 février

Le Jury des as d’or est chargé de sélectionner les pépites ludiques 2017 parmi plus de 1000 jeux de société édités en français sur le marché hexagonal. Originalité, qualité des règles, esthétique et surtout le plaisir de jouer sont les critères retenus par le jury d’experts.

Quelques vainqueurs:

  • Time’s Up ! » (4 millions ex. vendus)
  • Quarto (plus d’1 millions ex. vendus)
  • Les aventuriers du rail (5 millions ex. vendus)
  • Dixit (plus de 3 millions ex. vendus)

➡️  LES TENDANCES

Si la tendance est aux jeux d’ambiance et de communication, alors qu’un grand nombre de joueurs reviennent aux jeux de rôle un peu passés de mode, le narratif s’invite dans les jeux de plateau.

Des éditeurs proposent des expériences intermédiaires qui ravissent les joueurs de plus en plus sensibles aux thèmes, aux illustrations et aux univers forts ; une manière de partir en voyage dans le temps et dans l’espace. « Pandemic legacy », as d’or expert 2016 ajoute une surcouche narrative à l’un des grands classiques du jeu coopératif. Les joueurs qui se lancent dans l’aventure vont influer par leurs choix sur les mécanismes mêmes du jeu en modifiant le matériel en fonction des événements de la partie. Au bout de quelques parties, le jeu ne ressemble plus du tout à ce qu’il était à l’ouverture de la boîte !

Dans « t.i.me. stories » des Space Cowboys, les joueurs, au service de l’agence T.i.m.e., une organisation qui maîtrise le voyage dans le temps, sont propulsés dans des réalités parallèles.

Ce retour en force des jeux narratifs et des jeux d’aventure devrait continuer à se développer. Ainsi le très attendu « Unlock » des Space Cowboys, une aventure inspirée du phénomène des jeux d’évasion grandeur nature (live escape games) qui sortira pour le fiJ 2017.

Les escape games

Depuis l’année dernière, c’est la folie ! Presque toutes les villes du monde comptent désormais leurs escape rooms. Un concept simple : les joueurs enfermés dans une pièce ont moins d’une heure pour en sortir en résolvant des énigmes dissimulées dans la pièce. Pour réussir, on collabore, on partage une expérience dans un univers dépaysant. Plusieurs escape rooms seront proposées au public du festival.

Jeux coopératifs, à rôles cachés, jeux en équipes, chacun pour soi, semi-coopératifs… les joueurs de jeux de société ne se satisfont plus de changer d’univers, ils veulent vivre des relations particulières avec leurs voisins de table.

➡️  L’HISTOIRE DU SALON

Si à ses débuts le Festival International des Jeux était surtout dominé par le Bridge, le Scrabble et surtout les Echecs avec des compétitions auxquelles participaient bon nombre de Grands Maîtres Internationaux, mais aussi de grands événements, organisés par Damir Levacic et son équipe de Cannes Echecs, autour de quelques légendes de ce sport comme Anatoli Karpov, Gary Kasparov, Boris Spassky ou Victor Kortchnoi, les jeux de société s’y sont rapidement fait une place de choix, notamment en présentant les dernières nouveautés que le public pouvait tester sur place au cours de parties endiablées. 

L’importance des jeux de société s’est encore accentuée avec la création des As d’Or récompensant les meilleurs jeux de l’année. Une remise de prix devenue un événement incontournable de la profession.

MYTHIC GAMES, avec Leonidas Vesperini, DG fondateur 

Mythic Games est une toute jeune entreprise, une start up née le 1er octobre 2015, et dont l’activité a d’abord été exclusivement concentrée sur un seul jeu : Mythic Battles Panthéon. Ce jeu a été préparé pendant plus d’un an, pour être finalement lancé sur Kickstarter en novembre 2016. La campagne sur Kickstarter a duré un mois et a connu  un fantastique succès puisque Mythic Battles: Pantheon a levé 2,7 millions de dollars auprès de 13,700 souscripteurs. C’est un record pour un premier jeu sans licence. A ceci s’ajoute une seconde phase appelée Pledge Management, qui se déroule actuellement, et qui permet aux souscripteurs de payer leurs frais de port et de rajouter de l’argent pour acheter des extensions du jeu. Nous prévoyons de récolter 1,3 million de dollars par ce biais, ce qui fera un CA total de 4 millions de dollars sur ce jeu. Le jeu étant co-édité avec une autre société nommée Monolith, le CA est donc à diviser par deux. L’effectif, quant à lui, est passé, grâce au succès de Mythic Battles: Panthéon, de deux à cinq employés : trois en France, un au Luxembourg et un au Royaume Uni. Mais nous travaillons avec beaucoup de prestataires externes. Sur un jeu comme Mythic Battles: Pantheon, l’équipe au complet a rassemblé 72 personnes. C’est énorme pour un jeu de plateau, on se rapproche des productions de jeux vidéo.

Leonidas Vesperini: « La création de Mythic Games s’est faite après le succès d’un premier jeu auquel j’ai participé, Conan, lancé lui aussi avec succès sur Kickstarter et édité par une société nommée Monolith, fondée par son auteur, mon ami Frédéric Henry. Le succès de ce jeu m’a convaincu d’arrêter mon ancien métier de journaliste (bien que je sois toujours propriétaire de mes titres) pour me consacrer à l’édition de jeux de plateau avec figurines. En plus de Conan, j’avais en effet un autre projet du même genre en tête, Mythic Battles: Pantheon, avec un autre auteur, Benoît Vogt, que je connaissais également grâce à mes revues. Nous avons alors fondé tous les deux Mythic Games, et peu après les premières démonstrations publiques du jeu, Monolith est venu nous trouver pour nous proposer de co-éditer le jeu. Grâce à cette co-édition et au succès de Conan, nous avons pu financer le développement pharaonique de ce jeu, soit 400,000 euros (ce qui est beaucoup pour un jeu de société).

Mythic Games veut se positionner sur ce marché des jeux de luxe vendus sur Kickstarter. En particulier, des jeux de plateau avec figurines, dotés de matériel de très grande qualité, et qui ne pourraient pas être vendus dans le circuit classique à cause de leur prix : si l’on appliquait les marges classiques de distribution, un jeu comme Mythic Battles: Pantheon serait hors de prix.
Mythic Games compte éditer deux jeux par an de l’acabit de Mythic Battles: Pantheon, le prochain sera proposé en septembre sur Kickstarter ».

 

Catherine Watine, Jury des As d’Or et propriétaire d’une ludothèque à Montreuil

Catherine Watine s’est lancée dans la vie professionnelle en tant que psychologue. Elle a toujours été convaincue que le jeu est un acte fondateur dans la vie de l’Homme. Depuis 30 ans, le jeu a envahi son espace vital. En 1986, elle crée Caracole, une entreprise de conseils, de formations et de vente dans le domaine du jeu. Depuis 1995, elle a rejoint le milieu associatif pour créer la ludothèque « 1,2,3…Soleil » dans le cadre de l’association « A l’Adresse du Jeu » à Montreuil.

De ludothécaire elle devient ludologue et est responsable du stage « jeu jouet espace ludique » à l’Ecole des Parents et des Educateurs. Elle est également chargée de cours dans le cadre de la licence professionnelle du jeu à l’université d’Angers. Elle tient une rubrique dans le magazine « Télé Star Jeux » et la revue « L’Ecole des Parents ». Elle est consultante pour l’organisation du festival du jeu de la ville de St Ouen. Enfin, Catherine Watine préside l’association « les Jeux sont Fête » qui met en scène des expositions « jeux d’hier, jeux d’aujourd’hui ».

LU DANS LA CROIX

Catherine Watine : «Les jeux et les jouets réenchantent le monde»

« Le jeu a occupé toute mon enfance, mon adolescence, et occupe encore la majeure partie de ma vie. Mon père était diplomate et, jusqu’à l’âge de 20 ans, j’ai vécu dans de nombreux pays du monde, de l’Afrique du Sud à la Norvège en passant par la Syrie, le Liban, la Jordanie. Dans les années 1950-1960, le Moyen-Orient était un endroit merveilleux, où tout le monde jouait. Mes parents étaient suffisamment intelligents pour ne pas nous laisser vivre en vase clos dans la communauté française.

Je me souviens avoir passé des heures à jouer dehors sur les terrains vagues avec des matériaux de récupération, des capsules, des caisses à savon. On dessinait des marelles, des labyrinthes dans le sable. Les adultes jouaient aussi au backgammon, au tric-trac, aux dominos…

Quand on arrivait dans un pays, on n’avait pas besoin d’en connaître la langue pour communiquer à travers le jeu. J’en garde des souvenirs de solidarité, de liberté, de gaieté et de convivialité. Je suis une privilégiée mais j’ose parler de misère heureuse. (…)

Quand j’ai eu moi-même des enfants, j’allais régulièrement avec eux dans une ludothèque, dont j’ai repris la direction. J’ai alors décidé de troquer ma toque de psychologue pour celle de ludologue. J’ai découvert que les ludothèques n’étaient pas des lieux de thérapie, mais des lieux thérapeutiques en soi : un enfant à travers le jeu peut régler ses conflits, se libérer de ses angoisses ; ses parents arrivent à mieux le comprendre, à communiquer avec lui, et leurs relations s’adoucissent.

Le jeu apporte de l’humour, de la légèreté, de la gratuité, qui leur permet de prendre de la distance par rapport à leur responsabilité éducative. Je suis persuadée que quand on joue avec son enfant, les relations à l’adolescence sont moins difficiles.

J’ai créé ensuite une entreprise de formation/conseil en aménagement d’espaces de jeux, dont je me suis occupée pendant dix ans. J’ai alors eu la chance de rencontrer l’équipe formidable d’une association « Toit Accueil Vie » (à Montreuil) qui s’occupait de mères adolescentes rejetées par leur famille. Leur accompagnateur, Alain Guy, psychanalyste, professeur en sciences de l’éducation à Paris 8… et joueur, voulait créer une ludothèque pour que ces jeunes mamans prennent plaisir à élever leurs enfants.

Très vite, cette ludothèque « 1,2,3 Soleil » – que je dirige encore aujourd’hui – s’est ouverte sur le quartier, la ville, et sur tout le département de la Seine-Saint-Denis. Nous avons créé des espaces où on peut jouer librement à tout.

Je suis en fait une utopiste. Je reste persuadée qu’on peut faire se rencontrer à travers le jeu des gens de tous les milieux, de toutes les cultures et de tous âges. Je vois ainsi des familles qui empruntent des jeux et invitent leurs voisins de palier pour jouer, alors qu’ils ne les invitaient jamais avant, « car ils ne savaient pas quoi se dire ».

Jean-Marc Sylvestre, journaliste et créateur du jeu ECOMANIA, édité chez Marabout

Nul en économie : même pas vrai !

Ce quizz n’a certainement pas été fait pour montrer que les français sont nuls en économie, mais plutôt pour prouver le contraire. Et oui nous ne sommes pas plus mauvais que les autres ! L’économie est partout et n’obéit qu’à une seule règle : celle du bon sens et du mieux vivre.

Drôle et entrainant, ce jeu composé de 1 000 questions est idéal pour les apéros entre amis et les soirées en famille.

Pensé et réalisé par deux experts de l’économie

Jean-Marc Sylvestre est un journaliste économique de renom qui fut directeur de l’information économique de TF1/LCI pendant 20 ans et éditorialiste sur France Inter. Auteur de nombreux ouvrages, il réalise aujourd’hui des documentaires économiques pour BFM Business et y présente une émission hebdomadaire.

Julien Gagliardi, diplômé du CFPJ Paris, est journaliste à BFM Business. Il a également produit des documentaires économiques pour la chaine avec Jean-Marc Sylvestre et fut chef de la rubrique Business du site Atlantico.fr.

PALAIS DES THÉS fait de nous des “tea sommeliers”. C’était au Business Club (podcast)

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→ Diffusion : samedi 11/2/2017 à 7h | dimanche 12/2/2017 à 14h


TALK 1: OH MY CREAM lève 6 millions € auprès d’Otium Capital, le fonds de P-E. Stérin, créateur de Smartbox

TALK 2: LYOPHILISÉ & CO : des plats haut de gamme qui se conserve 25 ans! 

TALK 3: PALAIS DES THÉS: déjà 30 ans et 46 boutiques dans le monde

TALK 4: Le rendez-vous du Médiateur des Entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 3: PALAIS DES THÉS, avec François-Xavier Delmas, président fondateur

Ecouter, réécouter et télécharger cette interview:

Palais des thés est une maison de thé française, qui appartient encore à son propriétaire, avec une approche particulière, celle de l’approvisionnement direct. François-Xavier Delmas privilégie les approvisionnements directement à la source, dans les pays producteurs, en s’affranchissant des intermédiaires. Il rencontre en direct les producteurs, visite les plantations et déguste sur place les différents crus. Aujourd’hui encore, il passe plusieurs mois par an à parcourir les pays producteurs de thé (Népal, Inde, Chine, Japon…). La sélection des thés se poursuit également à Paris : des séances de dégustation quotidiennes ont lieu dans les bureaux parisiens, où des milliers d’échantillons arrivent chaque année des plantations. Au plus fort de la production, au printemps, jusqu’à deux cents thés peuvent être dégustés chaque jour.

un-palais-des-thes-va-ouvrir-rue-de-boltonLES CHIFFRES-CLÉS DE PALAIS DES THÉS

  • Activité: maison de thé
  • Date de création: 1986
  • Siège social: Paris
  • CA 2015 /2016: 32,4 M€ (clôture de l’exercice à fin mars) 
  • Effectif: 200 salariés (vs 119 en 2013)
  • 46 boutiques dans le monde entier (dont 27 en France)
  • Catalogue de 200 thés
  • Panier moyen de 25 euros

L’HISTOIRE DU THÉ

Le thé vient de Chine, il est apparu il y a 3 000 ans. En fait il y a eu 3 stades dans le thé : d’abord on a mangé les feuilles, après on a pulvérisé les feuilles (comme le matcha) et après on a fait infusé les feuilles.

LE MARCHÉ DU THÉ EN FRANCE

Le thé est la boisson la plus bue dans le monde, après l’eau. 6 Français sur 10 en consomment Nouvelles marques, nouveaux produits, nouveaux concepts, le thé est chaud bouillant ! Fini l’image vieillissante d’une boisson pour vieille dame anglaise. Le thé innove, se réinvente, attire de nouveaux acteurs et des consommateurs plus jeunes et plus urbains. Les chiffres en témoignent, puisque le segment est en croissance de 2,7%, à 251,2 millions d’euros, en cumul annuel au 29 novembre 2015, selon Iri, alors que les infusions grimpent de 2,8%, à 147,7 M €.

La France est à la trentième place mondiale avec une consommation de 230 g de thé par habitant et par an. Le plus haut niveau de consommation est observé au Royaume-Uni avec 2,3 kg par habitant et par an. Le thé est tendance en région parisienne : il y est 2 fois plus consommé que dans le reste de la France. (source: http://www.boisson-sans-alcool.com/marques_the-france.html)

actu-luxembourg-palais-des-thes-ouverture-rue-de-chimayACTUALITÉ

  • Palais des Thés a ouvert de nombreuses boutiques en nom propre et en franchise fin 2016 dont Dijon, Boulogne Billancourt, Vincennes, Paris/rue Tronchet, Colmar…
  • Palais des Thés souhaite ouvrir une dizaine de boutiques supplémentaires chaque année en France et dans le monde, en franchise.
  • Palais des Thés a ouvert un nouveau concept de thé à emporter « Tea to go » dans la gare de Lille flandre
  • FX Delmas a écrit avec Mathias Minet un ouvrage didactique sur le thé aux éditions du Chêne : ‘Tea sommelier’ (paru le 5/10/2016)

Choisir et préparer son thé, déguster son thé, les plantations dans le monde, les familles de thés, les accords thé et mets, devenir tea sommelier.

Tea Sommelier c’est quoi? « Des hôtels prestigieux situés aussi bien en Europe qu’en Amérique ou même en Asie me sollicitent depuis plusieurs années pour que je les aide à construire des associations thé et mets. Un jour, c’est un établissement de Hong Kong qui demande quel thé conviendrait le mieux avec du caviar, une autre fois, c’est un chef étoilé new yorkais qui découvre les multiples usages du thé en cuisine et déborde de questions. C’est cela qui est nouveau aujourd’hui, le thé n’est plus seulement réservé au petit-déjeuner, au brunch ou bien au tea-time, il prend désormais ses aises à table, en cuisine, ou même au bar. Le thé, on le prépare aussi à température ambiante, parfois, on le sert dans des verres à vin, parfois, ce sont tous ces usages-là que mon ami Mathias et moi détaillons ici de façon à la fois sérieuse et ludique, avec moult illustrations ».

– FX Delmas anime le blog « Chercheur de thé.com » dans lequel il poste chaque semaine depuis 2010, une photo commentée de l’un de ses voyages dans les plantations.

palais-des-thes-3L’HISTOIRE DE PALAIS DES THÉS

Dans l’ascendance de François-Xavier Delmas ne figurent ni marchand de thé, ni voyageur au long cours. Elevé au sein d’une famille dont le père est inspecteur des finances et la mère amatrice de café, rien ne le prédestinait au négoce du thé. En 1986, François-Xavier Delmas rassemble 45 amis et collègues de bureau, tous amateurs de thé, autour d’un projet : démocratiser le thé et faire découvrir aux Occidentaux la richesse gastronomique et culturelle de cette boisson, à travers une sélection inédite. 300 000 francs (soit environ 46 000 euros!) rassemblés par les futurs actionnaires permettent de constituer une S.A. La première boutique ouvre à Paris dans le VIè arrondissement. Quatre ans plus tard, François-Xavier Delmas rachète les parts de ses associés pour se consacrer entièrement et fidèlement à son projet. Dès le départ, en effet, la volonté de ce passionné est claire : proposer des thés de haute qualité, introuvables à Paris. Il ne se contentera pas des mélanges classiques proposés par les importateurs traditionnels européens : les approvisionnements se feront directement à la source, dans les pays producteurs.

LYOPHILISÉ & CO a nourri les marins du Vendée Globe! C’était au Business Club (podcast)

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TALK 1: OH MY CREAM lève 6 millions € auprès d’Otium Capital, le fonds de P-E. Stérin, créateur de Smartbox

TALK 2: LYOPHILISÉ & CO : des plats haut de gamme qui se conserve 25 ans! 

TALK 3: PALAIS DES THÉS: déjà 30 ans et 46 boutiques dans le monde

TALK 4: Le rendez-vous du Médiateur des Entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 2: LYOPHILISÉ & CO, avec Ariane Pehrson, fondatrice

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info_1504L’objectif était d’améliorer l’avitaillement des marins qui partent sur des courses au large et le pari semble réussi. Il y a un peu plus de 6 ans, Ariane Pehrson, suédoise et femme de marin, crée son entreprise Lyophilise & Co, au cœur du Pôle Course au Large à Lorient.

Dans son local, elle fait parvenir des produits alimentaires de différents horizons, qui lui semblent judicieux à embarquer sur un bateau de course, au large, pour nourrir les marins. Évidement en tête de liste pour ses marins en chasse au poids, le lyophilisé.

Mais aussi tout le reste : des repas stérilisés pour varier du lyophilisé, de la viande séchée, des fruits secs, des barres énergétiques, des boissons, des pastilles reminéralisantes et bien d’autres produits.

« Mes sachets sont moins lourds que des boîtes de conserve. » Les pèlerins du chemin de Compostelle, mais aussi des ambassades situées dans des zones à risques, les services publics implantés dans des secteurs au climat perturbé, comme Mayotte, des Robinson sur des îles du Pacifique sont quelques-uns de ses clients. Elle exporte dans 45 pays.

« Avant, pour trouver du lyophilisé, il n’y avait que deux marques en France, et très peu distribuées… Pour quelqu’un qui part sur une Transat ou un Vendée Globe, ça laisse peu de choix » constate la jeune femme. « Je me suis mise à proposer une troisième marque par l’intermédiaire de mon mari. Les skippers ont été ravis, mais ils se sont vite lassés. Ils voulaient du neuf. » Elle décide alors de voir ce qui se fait ailleurs dans le monde, pour rapporter des produits qu’elle fait tester par les skippers.

lyophilise-coUn concept unique

  • Je connais les marins, ils ne se soucient de leur nourriture qu’au dernier moment. J’avais besoin d’avoir du stock. » Du stock, avec du choix, mais aussi la logistique qui permette de répondre rapidement et de passer les commandes en toute facilité : l’idée d’un site web marchand s’impose. Après 9 mois de préparation, Ariane lance son projet Lyophilise.fr en 2010 avec trois associés (deux navigateurs et un comptable). « Le succès a été immédiat. On était installé d’abord à Quéven mais on est rapidement venu à Lorient la Base, et le développement nous a encore obligés à déménager pour trouver un local plus grand ! ».

« On est né avec les marins, on grandit avec eux, on échange beaucoup, ils viennent tous les jours. » Et ils expriment leurs envies, leurs besoins. « Ils voulaient notamment des vrais plats cuisinés, stérilisés et en sachets sous vide. » Ariane et son équipe ont donc déniché des petits traiteurs locaux, dans le Finistère, le sud-ouest et à Angers, qui peuvent mettre leur cuisine sous vide pour de la longue conservation. Ainsi sa boutique propose maintenant des blanquettes de veau, du bœuf bourguignon, de la paella et autre rougail saucisse. « Et c’est très bon, meilleur que les barquettes industrielles ! » confirme Ariane. Avec cette offre de plats sous vide, Ariane attire une nouvelle clientèle plus large : des cadres, des femmes pressées pour la pause déjeuner, des personnes âgées. « Le plat stérilisé est plus facile d’utilisation, et ce ne sont que des ingrédients naturels, du fait-maison ».

LES CHIFFRES CLÉS

  • Activité: commerce d’alimentation lyophilisée pour sportifs (notamment les marins)
  • Date de création: 2009
  • Lieu: Lorient
  • CA: 750 000 € L’entreprise prévoit le million d’ici 18 mois.
  • Effectif: 5

i-grande-4963-pack-10-jours-lyophilise-sans-snack-netL’ACTUALITÉ DE LYOPHILISÉ & CO

Aujourd’hui, 27 des 29 skippers qui s’alignent sur le Vendée Globe ont :

– sillonné son local en long et en large pour choisir et étaler les produits au sol afin d’avoir un aperçu de l’avitaillement et dénicher les produits en fonction de leurs goûts, leurs idées et leurs contraintes énergétiques,

– parcouru le fichier complet des 900 produits avec leurs valeurs énergétiques, protéines, lipides et glucides pour choisir en fonction des zones froides ou tempérées qu’ils devaient traverser durant leur tour du monde en solitaire,

– passé en revue le site Internet qui calcule le nombre de calories, le poids embarqué, l’eau nécessaire et bien d’autres outils pour parcourir au mieux leurs 85 jours en mer.

Pour ceux qui ont un budget plus limité, Ariane et son équipe ont également créé un outil de financement participatif où les personnes participent directement à l’achat de son avitaillement. Conrad Coleman et Alan Roura ont ainsi pu se faire financer leur avitaillement au complet par leur entourage et leurs fans !

L’entreprise ne cesse de croître. Si l’offre en barres, gels et boissons énergétiques fait le plaisir des sportifs du running ou du vélo qui viennent fouiller parmi les centaines de barres inédites, les échanges avec les marins, sur leurs besoins notamment, font grandir l’offre d’une manière constante.

Aujourd’hui, grâce à une boutique en ligne ergonomique, à la prise en main

facilitée, le développement continue avec des clients de divers domaines tels que la randonnée, le raid, le voyage, l’expédition mais aussi grâce aux nouvelles collaborations avec des entreprises qui partent en mission dans des zones à risques ou des institutions qui souhaitent stocker de la nourriture en cas de crise entre autres.

camping-car-1L’HISTOIRE DE LYOPHILISÉ & CO

Ayant passé sa jeunesse en Suède, Ariane Pehrson s’installe en France à 19 ans et débute une carrière d’éducatrice de voile. Suivant différentes formations dans l’éducation sportive et le commerce, elle créé dix ans plus tard une première entreprise. Cependant, les difficultés rencontrées, l’entreprise est liquidée. Compagne de marin de course au large, elle fonde Lyophilise.com en 2010, entreprise mettant à disposition des repas lyophilisés pour les sportifs. Elle rencontre alors un véritable succès, son chiffre d’affaires augmentant rapidement. Seule à avoir développé ce concept, elle expédie à présent ses produits dans plus de 40 pays. (source:http://www.femmes-economie.com/portraits/ariane-pehrson-fondatrice-de-lyophilise-com/)

DANS LES ÉCHOS

Les plats de Lyophilise & Co séduisent les particuliers – octobre 2016

L’entreprise bretonne fournira en plats lyophilisés et sous vide les marins du prochain Vendée Globe. Mais pas seulement.

C’est sur le port de Lorient, en Bretagne, à deux pas des équipages qui se préparent à disputer les courses au large, notamment le Vendée Globe, que la société Lyophilise & Co a installé sa plate-forme de logistique. « Pour le prochain Vendée Globe, 26 des 29 concurrents se sont approvisionnés auprès de la société pour l’ensemble de leurs repas », se félicite Ariane Pehrson, sa dirigeante. L’entreprise dispose dans son stock de centaines de références de barres énergisantes, de plats mitonnés, d’entrées et de desserts lyophilisés, stérilisés et sous vide. Certains lyophilisés peuvent se conserver jusqu’à 25 ans contre 2 à 3 années pour les stérilisés. Même si « 40 % des clients sont les marins », la société a progressivement élargi sa clientèle auprès des sportifs de haut niveau, mais aussi des associations humanitaires et des collectivités locales. « Elles constituent des stocks de produits en cas d’intempéries afin de nourrir la population isolée », précise Ariane Pehrson. Des particuliers commencent à s’approvisionner, intéressés par les gammes larges, qui vont jusqu’à des produits sans gluten et même 100 % végan (sans produit animal).

Stérilisation à 100° C

Lyophilise & Co porte une attention particulière à la qualité et au goût des recettes qu’il propose. Les skippeurs du Vendée Globe embarquent des menus comme le canard aux cèpes ou le vrai cassoulet du Sud-Ouest, mais aussi des desserts comme les brownies. Les produits lyophilisés sont principalement fabriqués par des entreprises anglaises et norvégiennes. Par contre, pour les recettes sous vide et stérilisées à 100 °C, la dirigeante fait appel à des artisans des différentes régions de France. « Nous commençons à leur confier la réalisation de nos propres recettes », dit encore la dirigeante.

DANS OUEST-FRANCE

i-grande-4108-fraises-fruits-lyophilises-netLe lyophilisé qui « tire les produits vers le haut » – Février 2016

L’entreprise lorientaise Lyophilise & Co, qui a bâti sa réputation sur ses préparations pour les marins, se diversifie. Elle lance une gamme de poudres de fruits et légumes pour le grand public.

L’entreprise

Leur nom ? Les lyo powders. Autrement dit, des poudres composées à 100 % de fruits, légumes ou de plantes conditionnés en sachet. Pour les consommer, il suffit d’incorporer une ou plusieurs cuillères à soupe d’une ou de plusieurs de ces poudres (chou, betterave, chou, épinards, orties, fraises…) dans un verre d’eau ou un jus de fruit. Sur le même principe, la gamme comprend aussi des « boissons toutes faites » (kiwi, pomme, cassis…), en sachet individuel.

En commercialisant ces poudres de fruits et légumes, Lyophilise & Co élargit sa clientèle. Jusqu’ici, l’entreprise installée depuis six ans à la base des sous-marins à Lorient, était surtout reconnue pour ses produits lyophilisés et ses plats traiteurs à destination des marins et des skippers de la course au large.

« Cette gamme est nouvelle, explique Ariane Pehrson, la fondatrice de Lyophilise & Co. Mais on a déjà de bons retours sur la dizaine de variétés que l’on propose. Ces poudres sont aussi une manière d’intégrer les fameux « 5 fruits et légumes par jour » ! On se retrouve avec des concentrés très proches des produits d’origine. Au bureau, à la maison, on peut les consommer facilement. »

L’entreprise lorientaise travaille avec une société polonaise, Lyo Food, qui propose des références issues de l’agriculture biologique. « Ils ont leurs propres champs, lyophilisent leur production. Ils tirent les produits vers le haut. »

Au contraire de la déshydratation obtenue par un séchage à chaud, la lyophilisation utilise le séchage par le froid. « C’est une technique plus coûteuse, reconnaît Ariane Pehrson, mais qui préserve particulièrement les micronutriments et les saveurs. Sa longue durée de conservation (deux ans minimum pour les poudres) est un autre avantage. » La gamme Lyo powders est disponible au magasin lorientais ou sur internet.

Lyophilise & Co, qui fournit également les ambassades ou encore les pompiers, réfléchit aussi au lancement d’un second site internet. En partant là aussi de ce qui existe déjà pour les marins : les plats traiteurs, sous-vide, avec le même procédé de stérilisation que les bocaux. Et cela se conserve de 12 à 24 mois.

Ariane Pehrson et son équipe collaborent avec des artisans, comme ce traiteur finistérien, qui a concocté une blanquette de saumon aux poireaux. « Ces préparations peuvent intéresser le grand public, parie Ariane Pehrson. Il ne s’agit pas d’en manger tous les jours. Mais d’avoir un plat sous le coude, par exemple. »

Oh my cream réinvente la distribution de produits de beauté. C’était au Business Club (podcast)

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OH-MY-CREAM.jpgLogo-BFMBusiness-sans-contourAu Business Club de France
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→ Diffusion : samedi 11/2/2017 à 7h | dimanche 12/2/2017 à 14h


TALK 1: OH MY CREAM lève 6 millions € auprès d’Otium Capital, le fonds de P-E. Stérin, créateur de Smartbox

TALK 2: LYOPHILISÉ & CO : des plats haut de gamme qui se conserve 25 ans! 

TALK 3: PALAIS DES THÉS: déjà 30 ans et 46 boutiques dans le monde

TALK 4: Le rendez-vous du Médiateur des Entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 1: OH MY CREAM, avec Juliette Lévy, fondatrice, et Pierre-Edouard Stérin, président-fondateur d’Otium Capital 

Ecouter, réécouter et télécharger cette interview:

Octobre 2016 – Oh My Cream ! lève 6 millions d’euros avec le fonds Otium Capital

16062015-823a0124_1Alors que Pierre-Edouard Stérin vient d’être déclaré par le magazine Challenges comme le 2ème Business Angel le plus dynamique de France, l’équipe Consumer de son fonds d’investissement Otium Capital annonce une troisième prise de participation depuis la rentrée et investit 6 millions d’euros dans l’enseigne de distribution sélective de produits de soins Oh My Cream ! Otium Capital confirme ainsi sa volonté de soutenir le développement de startups françaises, y compris celles se positionnant sur des secteurs d’activité plus traditionnels comme le retail ou la grande consommation souvent négligés par les VCs français.

(Première levée de fonds, en juin 2013:’1,6 millions d’euros auprès de Business Angels qui lui a permis d’ouvrir ses 5 premières boutiques à Paris et en Province et de développer son site web)

Fondée par Juliette Lévy en 2012, Oh My Cream ! souhaite accélérer sa croissance avec cette deuxième levée de fonds et profiter des bouleversements qui animent le secteur de la cosmétique. Elle compte poursuivre sa stratégie de déploiement omni canal via son site internet et son réseau de boutiques en nom propre qui devrait passer de 5 à 20 points de vente dès l’année prochaine.

Le principe? Ne proposer que ce qui se fait de mieux en matière de cosmétiques et rendre accessibles plus de 1000 références triées sur le volet (des marques les plus cultes aux confidentielles, des soins bios aux cosméceutiques, des maisons françaises aux pépites étrangères, souvent des produits difficiles à trouver en France).

Juliette Lévy: « Au-delà du soutien financier, notre startup était à la recherche d’un véritable accompagnement à 360° et d’un partenaire partageant nos valeurs : c’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers un fonds d’entrepreneur, mené par une personnalité inspirante comme celle de Pierre- Edouard Stérin ».

« Le marché de la cosmétique est en pleine mutation : une nouvelle génération de consommateurs avec des attentes radicalement différentes s’impose, le digital réinvente les modes de distribution et de communication, de nouveaux entrants viennent déstabiliser les acteurs historiques qui multiplient les opérations de croissance externe. Nous voyons de formidables opportunités sur ce secteur » affirme Antoine Fine, en charge du pôle Consumer du fonds Otium Capital.

« Oh My Cream ! est pour nous un acteur symbolique de cette transformation. Sa manière d’aborder la distribution sélective répond parfaitement au besoin d’authenticité, de réassurance et de services qu’expriment les consommateurs et que n’adressent pas ou plus les enseignes traditionnelles. Aux Etats-Unis, Bluemercury a développé un positionnement similaire. Ils ont été rachetés en 2015 par la chaîne de department stores Macy’s pour $210m alors qu’ils avaient 60 points de vente. Le potentiel de développement est donc énorme pour Oh My Cream ! » précise Antoine Fine.

Le département Consumer d’Otium Capital mené par Antoine Fine n’en est pas à son premier investissement sur le secteur de la cosmétique et du bien-être puisque le fonds a annoncé avoir investi cette année dans la jeune marque d’hygiène personnelle Merci Handy et dans les studios de cycling Let’s Ride.

 oh-my-cream-boutique-abbesses-omc-2CHIFFRES CLÉS OH MY CREAM

  • Activité: distribution de produits de beauté haut de gamme : « la beauté initiée »
  • Date de création: 2012 (quand Juliette Lévy est sortie de l’ESSEC)
  • Lieu: Paris
  • CA: 2016: 3M€ / prévisionnel 2017: 7M€
  • Effectif: 20 personnes (dont 3 stagiaires) / prévision 2017: 50 personnes (dont 7 stagiaires)
  • 2016: 5 boutiques physiques (Paris – Aix – Bordeaux – Lille)
  • + E-shop
  • 2017: 15 boutiques physiques (Paris et RP – Aix – Bordeaux – Lille – Lyon)

DANS LES ÉCHOS

« J’ai toujours voulu monter ma boîte. L’entrepreneuriat ne me fait pas peur.» Il fallait être un peu fou pour lancer en solo un site de e-commerce dédié à la cosmétique, un marché mature et concurrentiel. C’est ce qu’a osé Juliette Levy, tout juste sortie de l’Essec en 2012 avec Oh My Cream !. Aujourd’hui, ses efforts sont récompensés. La jeune femme de 29 ans a bouclé une levée de fonds de six millions d’euros auprès du fonds Otium Capital. Et les courbes de ventes sont à la hausse.

C’est pendant son stage de fin d’études au grand magasin Le Bon Marché que l’idée a germé dans la tête de cette fan de produits de beauté. « Confrontée à une offre pléthorique, avec des crèmes parfois loin de tenir leurs promesses, j’ai pensé à proposer un lieu où les femmes puissent accéder à ce qui se fait de mieux avec en prime les conseils experts et indépendants de véritables coaches beauté ».

Dans un premier temps, elle veut créer son activité en ligne. Mais rapidement elle change son fusil d’épaule en lançant son concept de distribution à la fois sur le Web et dans la rue avec des boutiques physiques. Pour l’entrepreneure, il fallait permettre aux clients de tester les produits. « Par ailleurs, notre positionnement d’expert beauté passait forcément par la création de point de vente. Plus facile de conseiller efficacement en face à face », ajoute–t-elle.

Ouvrir des boutiques à Paris, mais avec quel argent ? « Au démarrage, la banque nous a suivi. L’avantage d’un magasin c’est de pouvoir être finançable par de la dette », raconte-t-elle. Par la suite, plusieurs Business angels vont venir prêter mains fortes pour injecter en tout 1,6 millions d’euros et continuer à développer le réseau à Paris et en province

De sa double expérience web et « brick and mortar », elle en a tiré une leçon. « Dans mon cas, les boutiques ont été plus faciles à rentabiliser que le site Internet, témoigne-t-elle. Au bout de quelques mois, grâce à des recrutements réussis, les magasins gagnaient de l’argent. Alors que le Web Marketing et l’acquisition de trafic, c’est complexe et coûteux avant de porter ses fruits ».

Le chiffre d’affaires est réalisé à 50 % par le site, 50 % par les cinq boutiques existantes. Au final, le concept a largement trouvé sa cible de consommatrices prêtes à payer le prix pour plus de conseils et de sécurité.

Avec ces 6 millions d’euros, Juliette Levy prévoit d’ouvrir 15 nouvelles boutiques dès 2017. Le site Internet bénéficiera également de cet argent frais dans la perspective de développer la marque à l’international. « Avec une simple version du site en anglais, sans efforts marketing particuliers, déjà 10 % des acheteurs sont à l’étranger. La preuve qu’il y a du potentiel. »

OTIUM CAPITAL

Pierre-Edouard Stérin est classé par Challenges 2ème business angel français en 2016 (il était 5ème en 2015), avec 50 millions investis dans 17 startups

Otium Capital est le Family Office de l’entrepreneur français Pierre-Edouard Stérin (Smartbox, lafourchette.com). Le fonds dispose de 200M€ à investir dans les 5 prochaines années. Otium Capital s’est structuré en deux équipes d’investissement aux profils investisseurs / entrepreneurs complémentaires : Otium Consumer, dédiée aux concepts B2C innovants de l’économie réelle avec un intérêt particulier pour les secteurs du bien-être et du loisir

Otium Venture, dédiée aux startups technologiques avec un intérêt particulier pour les modèles SaaS, marketplaces et médias innovants.

LE PARCOURS DE PIERRE-EDOUARD STÉRIN

Diplômé de l’ESC Lyon, Pierre-Edouard Stérin commence sa carrière en 1998 dans la finance à la Société Générale puis chez Exane. Il crée ensuite une société de vente de logiciels online, Blackorange.com, qu’il revendra en 2001. Au cours des deux années suivantes, il essaie de monter différents projets sans succès. C’est en 2003 qu’il entre en contact avec un entrepreneur belge, avec qui il décide de créer ce qui deviendra le groupe Smartbox. Un capital de départ de 10 000€ lui permet de lancer en France le concept du « coffret cadeau » qui va rapidement s’imposer dans son univers de consommation.

Huit ans plus tard, Smartbox est présent dans les 10 principaux pays européens et est devenu leader mondial du coffret cadeau avec plus de 700 collaborateurs, 400 M€ de volume d’émission, 5 millions de coffrets vendus chaque année et 36 M€ d’EBITDA. Après avoir ouvert son capital en 2007 à Naxicap pour financer son développement, Pierre-Edouard Stérin a repris en 2015 les parts de ces derniers et détient désormais 94% du capital de son groupe aux côtés du management.

En parallèle du développement de Smartbox, Pierre-Edouard Stérin a également créé Otium Capital, une société d’investissement sur fonds propres qui finance et accompagne de manière très active des sociétés à fort potentiel de développement (LaFourchette, -vendue au géant américain Tripadvisor-, Weekendesk, plateforme de réservations de courts séjours avec activités etc.)

Depuis 2012, Pierre-Edouard Stérin réside en Belgique où se trouve sa holding qui chapeaute l’ensemble de ses activités.

Pourquoi être devenu entrepreneur ?

J’ai commencé à entreprendre à 13 ans en allant sur les marchés vendre les confitures familiales, les châtaignes ramassées dans les bois… avec un objectif très matérialiste, à savoir gagner de l’argent afin de m’acheter de nouveaux jeux vidéo. Les années qui ont suivi et mes nombreuses autres aventures entrepreneuriales ont été également au départ motivées essentiellement par des objectifs matérialistes. S’est ensuite ajoutée à ces objectifs, une fois connue la vie de salarié, la volonté d’être maître de son destin, d’être libre, de laisser place à ses rêves, à son ambition, de prendre des risques, de vivre des aventures excitantes ! (…)

Le chef d’entreprise est-il le seul à entreprendre ?

Au sein de son entreprise, plus il y a de salariés entrepreneurs autour de l’entrepreneur dirigeant, plus il a, je crois, de chances de succès. C’est d’ailleurs ce que j’ai personnellement essayé de faire dans chacune de mes aventures entrepreneuriales, à savoir m’entourer d’équipiers au profil entrepreneurial. Dans la vie en général, d’innombrables autres profils entreprennent également, comme par exemple la femme qui fait le choix de s’occuper de l’éducation de ses enfants et de son foyer et qui ainsi contribue au développement de la PME « famille ».

Quelles sont les trois ou quatre mesures à prendre pour améliorer le développement des entreprises françaises ?

– Mettre à la tête de la France un dirigeant qui soit au niveau des nombreux challenges à relever. Idem à la tête des régions, des départements, des villes…un grand ménage est à faire ! Nommer / élire des dirigeants de notre pays issus de la société civile et détruire l’oligarchie de hauts fonctionnaires qui servent leurs propres intérêts et leurs carrière au détriment du bien commun.

Enseigner la vie de l’entreprise / son importance dans la vie et le développement du pays / le sens du commerce dès le collège avec des cours / des témoignages d’entrepreneurs / des jeux de rôle et enfin revaloriser le rôle des entreprises dans les manuels scolaires.

Diviser par trois le poids de l’Etat et les contraintes qui y sont liées en passant de quasi 60% du PIB à date à 20% demain, en concentrant son rôle sur les sujets régaliens et en suivant les best practices existantes de quelques pays.

Supprimer l’ISF, mettre en place une flat tax de 20% sur les revenus, les plus-values… ce qui permettra de ne plus décourager la création de valeur et fera revenir en France les nombreux entrepreneurs qui ont quitté le pays… (source: http://www.cerclejeanbaptistesay.com/ladecade/pierre-edouard-sterin-fondateur-de-smartbox-smart-cash/)

Le médiateur des entreprises lance les travaux de simplification des factures, avec l’objectif de réduire les retards de paiement

Publié le Mis à jour le

logo-mdeLe problème de la facturation

Constatant que de nombreuses défaillances d’entreprises sont notamment liées à des retards de paiement de clients, le médiateur des entreprises avait mis en place un groupe de travail permanent sur ce sujet, proposant des bonnes pratiques pour réduire les retards de paiement.

Ses travaux ont mis en lumière le grand nombre d’informations que les clients demandent à leurs fournisseurs de faire figurer sur chaque facture, ainsi que la complexité des processus de référencement des fournisseurs, de facturation et de validation des factures avant paiement. Ces exigences, propres à chaque entreprise ou administration, et dont une partie va au-delà de la réglementation, constituent un frein à un paiement des factures dans les délais légaux.

A l’issue de ces travaux préalables, le médiateur des entreprises a fait part de ses constatations aux ministres concernés.

Proposer des solutions opérationnelles afin de réduire les délais de paiement

Le ministre de l’économie et des finances, Michel SAPIN, et le secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État et de la simplification, Jean-Vincent PLACÉ, ont confié au médiateur des entreprises, Pierre PELOUZET, et au Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), une mission de simplification et d’harmonisation des mentions non obligatoires de facturation afin d’améliorer les délais de paiement.

L’objectif de cette mission est d’élaborer des propositions opérationnelles pouvant porter sur la promotion d’un modèle unifié de facture et d’outils innovants, ainsi que l’adaptation d’outils existants tels que les logiciels de facturation ou les plateformes de réception des factures.

La première réunion de travail de la mission, réunissant des représentants de grandes entreprises, de PME, d’acteurs publics et de fédérations professionnelles, a lieu aujourd’hui.

Les Petits Chaperons Rouges et leurs crèches privées traversent la Manche! C’était au Business Club (podcast)

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Uniquement sur BFM Radio! 

→ Diffusion : samedi 4/2/2017 à 7h | dimanche 5/2/2017 à 15h


TALK 1 & 2: EXCLUSIF: Travail en équipe, respect, satisfaction des clients, quelles valeurs les Français veulent-ils retrouver en entreprise? 

TALK 3: LES PETITS CHAPERONS ROUGES : le savoir-faire français de la petite enfance s’exporte !

TALK 4: Le rendez-vous du Médiateur des Entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 3: LES PETITS CHAPERONS ROUGES, avec Jean-Emmanuel Rodocanachi, président

Ecouter, réécouter et télécharger cette interview:

Pionnier français des crèches d’entreprises, les Petits Chaperons Rouges sont le 4ème acteur européen dans le secteur de la petite enfance et du soutien à la parentalité.

L’entreprise vient de racheter les crèches Magic Nurseries en Angleterre, cinq mois après s’être implanté en Allemagne (septembre 2016).

LES CHIFFRES CLÉS

  • Date de création: 2000
  • Lieu: Clichy
  • CA: 144 millions d’euros en 2015
  • Effectif: 4000 (2400 en 2014)
  • Classé « meilleur employeur » en 2015 et 2016, également dans l’édition 2017 de Capital, ainsi que 33ème meilleur employeur français 2017 et premier du secteur, par Le Figaro.
  • Les Petits Chaperons Rouges gèrent et animent dorénavant près de 11 000 places de crèches, dont près de 16% à l’international, dans les 3 pays les plus peuplés d’Europe (France, Allemagne, Angleterre).
  • Crèches en propre :
  • 325 crèches (dont 150 en Ile-de-France)
  • 20,000 familles accueillies en 2016
  • Près de 1,000 clients (entreprises, administrations et collectivités)
  • 60 des 100 premiers employeurs en France sont clients
  • Crèches en réseau : Chaperons & Cie : 800 crèches partenaires

L’ACTUALITÉ

En ligne avec son projet d’entreprise, Chaperons 2020 (devenir un groupe global d’éveil et d’éducation), Les Petits Chaperons Rouges annoncent l’acquisition de 100% du capital des crèches Magic Nurseries en Angleterre, cinq mois après s’être implanté en Allemagne (septembre 2016).

Magic Nurseries est un groupe de 16 établissements implanté au nord de Londres (Cambridge et Luton) et dans les Midlands (Leicester et Northampton) accueillant chaque jour plus de 1 100 enfants de 0 à 6 ans. Le groupe emploie plus de 300 salariés et réalise un chiffre d’affaire de 11 millions d’euros. Il est reconnu historiquement pour la grande qualité de ses équipements petite enfance, de son programme éducatif et de sa relation de confiance avec les familles.

Après une année 2016 qui a vu l’ouverture de 46 crèches en France et l’entrée au capital du groupe Infanterix en Allemagne, Les Petits Chaperons Rouges consolident ainsi avec l’acquisition de Magic Nurseries en Angleterre leur position de 4ème acteur européen dans le secteur de la petite enfance et du soutien à la parentalité.

« Nous sommes particulièrement heureux de cette première implantation en Angleterre. Nos équipes françaises et nos familles vont ainsi bénéficier d’un échange de meilleures pratiques notamment sur le multilinguisme et l’apprentissage pour les 4 à 6 ans. De même, nous allons apporter à Magic Nurseries notre connaissance approfondie des programmes pédagogiques pour les 0 à 3 ans et la forte expérience de notre groupe en matière d’innovation et d’équilibre des temps de vie.» annonce Jean-Emmanuel Rodocanachi, Président et co-fondateur Les Petits Chaperons Rouges.

LES PROJETS

  • Plus de 50 ouvertures de crèches en cours pour 2017
  • 600 embauches en CDI prévues en 2017

En cours : Développer le service et l’innovation pour bâtir un groupe global d’éveil et d’éducation (Projet d’entreprise Chaperons 2020)

  • Enquête de satisfaction famille (4,421 réponses / mai 2016) : 97% des parents recommandent Les Petits Chaperons Rouges
  • Classé « Meilleur Employeur » en 2015 et 2016 par Capital pour le secteur Sanitaire et Social
  • Innovations digitales 2016 : Application crèche pour les parents et e-learning pour les salariés
  • 7 focus pédagogiques en 2017 : la nature, la musique/danse, l’art et la culture, le bien-être/sensoriel, les sciences, le langage, Montessori
  • Un engagement fort en faveur de la parentalité : cycle de conférences et partenariats avec Môm’Art, Bien être à la carte, Fami Hero, Prof Express, Age d’or service, …

LE MARCHÉ DES CRÈCHES PRIVÉES EN FRANCE (source: DYNAMIQUE MAG)

Depuis l’ouverture du secteur aux entreprises en 2003, les crèches privées connaissent un fort développement sur le territoire français. En prenant place dans un domaine traditionnellement géré par les collectivités locales et le milieu associatif, ces nouveaux acteurs ont su en quelques années dynamiser un marché où la demande ne tarit pas. Présentation des grands enjeux économiques de ce secteur en pleine mutation.

Chiffres clés 

Avec 835 000 naissances par an et plus de 80 % de mères de famille actives, la France est l’un des pays européens où la demande de places en crèche est la plus forte. En l’espace d’une décennie, le secteur privé s’est développé pour compter aujourd’hui 900 établissements, soit 30 000 places environ. Ce chiffre ne représente cependant que 10 % de la capacité d’accueil totale au sein du territoire, le parc français étant majoritairement réparti entre les structures publiques (70 %) et associatives (20 %). Le marché demeure éclaté avec près de 300 sociétés privées existantes, pour la plupaart de petite taille. L’économie du secteur se concentre quant à elle autour de six acteurs phares (Babilou, Les Petits Chaperons Rouges, People & Baby, Crèche Attitude, La Maison Bleue et Crèches de France), qui génèrent 80 % du chiffre d’affaires. Depuis 2013, 10 000 places en crèche ont été créées chaque année, dont 4 000 par des établissements privés. Plus du tiers de l’offre nationale en matière de places se situe en Île-de-France. Le secteur a de beaux jours devant lui, les crèches privées affichant en moyenne 5 % de rentabilité nette. S’ajoute à cela un véritable besoin en infrastructures : on estime qu’il manque à l’heure actuelle entre 300 000 et 500 000 places pour satisfaire la demande.

Un marché en expansion

En ouvrant le marché de l’accueil de la petite enfance aux entreprises en 2003, les pouvoirs publics ont cherché à répondre à la demande croissante, que ni les collectivités ni les associations n’étaient plus en mesure d’assumer. Trois ans après cette révolution, les crèches privées comptaient un millier de places, puis 8 000 en 2009 et 20 000 en 2012. Cette croissance effrénée, de l’ordre de 35 %, a été marquée par l’éclosion de multiples établissements tant en province qu’en région parisienne (où une nouvelle crèche privée sur deux ouvre ses portes). Le dynamisme du marché est assuré par le déséquilibre toujours patent entre l’offre et la demande. Avec l’appui de l’État (crédit d’impôt pour les entreprises et coûts de fonctionnement en partie amortis par les Caisses d’allocations familiales), les crèches privées ont ainsi pu profiter du fort potentiel de développement du secteur. Soumises aux mêmes normes que les établissemenats publics, elles sont parvenues à séduire les parents en pratiquant une grille tarifaire sensiblement identique. Réactivité et innovation expliquent ce succès, quatre mois à peine étant nécessaires pour ériger une nouvelle crèche. Le marché n’est pas prêt de s’essouffler encore : pour la période 2013-2016, la Convention d’objectifs et de gestion a demandé la création de 100 000 places supplémentaires, dont 20 000 pourraient être prises en charge par le secteur privé.

L’émergence d’entreprises leaders 

La conjoncture favorable a permis aux entreprises de crèches privées de prospérer. Plusieurs grands groupes se sont taillés la part du lion, comme l’a démontré l’étude « Le marché des crèches en France » réalisée par le cabinet Eurostaf en 2012. Celle-ci fait état de l’approche toujours plus professionnalisée du secteur, caractérisée par l’accroissement du réseau des principales sociétés. Des investissements massifs leur ont assuré un développement rapide à l’échelle nationale, une stratégie qui a propulsé le groupe Babilou au rang de numéro 1 du secteur. Autre entreprise pionnière, Les Petits Chaperons Rouges a privilégié une gestion rigoureuse et une croissance organique, avec succès là encore. Un modèle différent, celui de la franchise, est défendu par le groupe La Part de Rêve, alors que Crèche Attitude mise sur le partenariat avec les plateformes de réservation (rachat de BBbook en 2015). Ces entreprises sont devenues de véritables puissances financières, alliant solidité de leur projet pédagogique et optimisation du taux de remplissage. Les deux sociétés leaders, Babilou et Les Petits Chaperons Rouges, dépassent déjà les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Depuis 2013, plusieurs fonds d’investissements comme Alpha, Cobepa ou encore SG Capital Partners ont également fait leur apparition dans le capital des principales entreprises.

Limites et perspectives du secteur 

Si les crèches privées constituent toujours un domaine dynamique, eu égard à la demande renouvelée, elles rencontrent néanmoins certaines difficultés qui les empêchent de rattraper leur retard par rapport aux infrastructures publiques et associatives. Une problématique de taille se pose à elles avec insistance : comment assurer la création de nouvelles places en crèche alors que le marché manque de personnel encadrant ? Il apparaît de plus en plus difficile pour les entreprises de trouver des professionnels qualifiés en nombre suffisant. Ce problème pourrait être solutionné avec le soutien des pouvoirs publics. Les grandes entreprises du secteur militent en effet pour la revalorisation du statut des CAP petite enfance, et la création d’un CAP bonifié qui faciliterait les recrutements. Les entreprises doivent aussi faire face à de nouveaux enjeux mis en exergue par le cabinet Les Echos Etudes. Une consolidation du marché est attendue pour les prochaines années, passant notamment par le renforcement des réseaux existants. Avec la rentabilité d’exploitation comme point d’orgue, il est à redouter cependant que cette organisation à flux tendu se fasse au détriment des enfants. Une différenciation de l’offre devrait enfin voir le jour, autour de concepts innovants (crèches musicales) ou de services spécialisés (accueil occasionnel ou d’urgence, « microcrèches » pour foyers aisés).

DANS LES ÉCHOSLes Petits Chaperons Rouges s’offrent les crèches britanniques Magic Nurseries – 5/01/2017

(L’Angleterre): ce pays de 65 millions d’habitants compte en effet un tiers de places de crèches de plus qu’en France et elles sont à 80 % privées quand l’ensemble du secteur privé français cumule 10 % des berceaux de l’Hexagone. Mis à part Busy Bees, qui revendique le premier réseau du pays avec 267 crèches, et l’américain Bright Horizons, qui a porté sa capacité locale à 24.242 berceaux en achetant le britannique Asquith en novembre dernier, aucun opérateur ne détient plus de 6 à 7 % des quelque 600.000 places du marché d’outre-manche.

« Malgré le Brexit, nous pensons que ce marché présente de bonnes ­perspectives dans le cadre de notre stratégie de développement Chaperons 2020 et les compétences de Magic Nurseries vont nous aider à l’aborder dans les meilleures conditions », poursuit Jean-Emmanuel Rodocanachi. L’entrée à son capital d’Eurazeo en mars dernier l’aidera à réaliser les acquisitions nécessaires.