« CE QUI MANQUE À LA FRANCE POUR DEVENIR UNE SILICON VALLEY », avec Michael Amar d’Ifeelgoods. C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

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Uniquement sur BFM Radio! 

 

 

→ Diffusion : samedi 30 septembre 2017 à 7h et dimanche 1er octobre à 15h


TALK 1: Le retour en France du fondateur d’I FEEL GOODS, plateforme de cadeaux virtuels 

FOCUS DE LA SEMAINE: Les entreprises se délocalisent en région: + 3 400 en 2016!

TALK 2: SPEED BURGER : Bientôt des burgers livrés par drone

TALK 3 : [NOUVELLES CHRONIQUES] – LES PREMIERS PAS DE…  // ENTREPRENDRE: JE ME LANCE, avec Dominique Restino

TALK 4: LE RENDEZ-VOUS DU MÉDIATEUR des ENTREPRISES, avec Pierre Pelouzet


TALK 1: IFEELGOODS, avec Michael Amar, président

(Ré) écouter et télécharger cette interview:

Après 9 ans dans la sillicon valley, Michael Amar revient en France et nous donne sa vision de l’évolution de la France notamment depuis l’élection d’Emmanuel Macron et les initiatives en faveur des start-up.

Michael Amar est un entrepreneur récompensé aux USA. Il est surtout connu pour la création de l’entreprise américaine Ifeelgoods dans la Silicon Valley qui est devenu l’un des leaders sur son secteur. Il est aussi board member de StationF, ambassadeur de la French Tech, investisseur chez Daphni, ISAI et une dizaine de start up en France, US et Israel

IFeelGoods est une plateforme de promotion digitale qui permet d’enrichir un programme de fidélité avec du contenu digital, de dédommager un consommateur mécontent avec une carte cadeau, d’implémenter une promotion offrant un cadeau digital. Cela permet ainsi, aux différents consommateurs et autres clients,  de bénéficier, via la plateforme, de cadeaux « davantage au goût du jour » que la machine à café offerte par votre banque lorsque vous avez accumulé beaucoup de points fidélité par exemple. A la place, Ifeelgoods propose, pour vous donner un autre exemple, un abonnement à Netflix ou encore des crédits sur iTunes. L’entreprise travaille aussi bien  en « B to B » qu’en « B to C » via une société dont elle a fait l’acquisition l’année dernière et qui s’appelle « Ma Carte Cadeaux ».  Affichant déjà plus de 30 millions de récompenses distribuées dans le monde, la plateforme Ifeelgoods a développé les fonctionnalités les plus avancées pour offrir des cadeaux via le digital. Outre Apple et Netflix susnommés, Ifeelgoods travaille avec d’autres fournisseurs de cadeaux comme Amazon.com, Facebook ou encore le New York Times.

LES CHIFFRES CLÉS D’IFEELGOODS

  • Activité: plateforme de promotion digitale
  • Date de création: 2008
  • Siège social: débuts à Palo Alto/ depuis cet été: Paris
  • CA: >10 millions €
  • Effectif: 15 
  • Plus de 30 millions de récompenses distribuées dans le monde
  • Ifeelgoods revendique 100 000 références (films, des musiques, des jeux, des abonnements en ligne, des cartes cadeaux etc.)
  • Marques clientes: en tout 300 clients parmi lesquel Gap, Loréal 
  • 20-25% du CA aux USA

 

Ifeelgoods, le vendeur de cadeaux virtuels

Un nom qui évoque le tube planétaire du parrain de la soul, James Brown, et un business focalisé sur les cadeaux virtuels promotionnels. C’est ainsi que Michaël Amar et son copain de promo à l’ISG, Dimitri Ducourtieux, démarrent leur aventure à Palo Alto en 2008, quinze jours avant le krach de Lehman Brothers. « Au départ, on était venus chercher une bonne idée à ramener en France. On a topé avec Facebook qui nous a permis d’utiliser ses crédits virtuels. En 2013, François-Henri Pinault est passé nous voir et nous a fait un gros chèque pour développer notre concept pour La Redoute. Là, on a vraiment décollé », relate Michaël Amar.

Pas question pour le duo qui « se connaît par cœur » de mettre tous ses œufs dans la Silicon Valley. Ifeelgoods a néanmoins opté pour le « flip » en installant son siège et ses équipes de marketing en Californie. Puissant, le marché américain génère 50% des revenus. Les ingénieurs et les financiers, eux, sont restés à Paris. « Une fragmentation intelligente », ponctue Amar. Depuis 2010, la start-up qui opère aussi au Japon, en Amérique du Sud et en Europe, a levé 17 millions de dollars. (Le JDD)

LE RETOUR EN FRANCE ÉTÉ 2018

“Si vous devenez président, je rentre en France” : La promesse tenue de Michael Amar à Emmanuel Macron

Installé à Palo Alto depuis 2008, Michael Amar, maître-d’œuvre de la plateforme de promotion digitale Ifeelgoods, a décidé au cœur de l’été de revenir s’installer en France, redevenue à ses yeux une terre attractive et fertile pour les entrepreneurs. Notamment depuis le mois de mai dernier et l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Comme il le lui avait promis, sur le ton de la boutade, de revenir en France si Macron remportait l’élection, l’entrepreneur a tenu parole et « rapatrié » son entreprise la semaine dernière.

Vous avez récemment décidé de quitter la Silicon Valley, où vous étiez à titre personnel, pour revenir vous installer en France. Avant d’évoquer les raisons de votre départ, pouvez-vous revenir sur les causes de votre départ outre-Atlantique ?

Je venais de céder les trois sociétés – en 2007 plus précisément- que je détenais depuis 1994 à un acquéreur qui disposait d’un petit bureau de recherche et développement à Palo Alto. Je me suis alors dit que ce serait une excellente expérience de découvrir la Silicon Valley, ce qui était pour moi un rêve d’enfant. Et en même temps, au-delà de ces considérations plus personnelles, j’ai considéré qu’il s’agissait d’une formidable opportunité et d’un terrain fertile pour mes prochains projets. J’ai donc traversé l’Atlantique en 2008, tout en continuant à faire du conseil pour mon ancienne société, tout en réfléchissant à « la suite » et ma prochaine idée de business que j’ai pu « pitcher » à Facebook en 2010 qui m’a proposé une exclusivité sur mon produit si jamais je venais à me lancer. J’ai dit ‘banco’ et Ifeelgoods est sorti de terre cette année-là.

Après sept ans passés loin de la France, vous avez récemment décidé de revenir en France où, je cite, vous avez constaté « un impressionnant changement de mentalité » consécutif à l’élection d’Emmanuel Macron. Vous sentiez-vous davantage compris en tant qu’entrepreneur ?

Absolument. J’avais déjà eu la chance de le rencontrer, à un petit déjeuner avant même qu’il ne soit candidat, où je lui avais fait part des problèmes  que je rencontrais en tant qu’entrepreneur dans le digital. Si beaucoup de choses ont été réalisées, dans le bon sens, pour le financement des start-ups, l’acquisition de nouveaux clients, en revanche, s’avérait plus problématique. Je m’explique : nous avons comme clients plusieurs sociétés du CAC 40 qui nous payent à 90 jours tandis que nos fournisseurs, comme Apple par exemple, exigent d’être payés à l’avance. Nous nous retrouvons donc à financer des boîtes du CAC 40, ce qui relève de l’hérésie. Lorsque j’ai abordé ce sujet avec Emmanuel Macron, deux jours plus tard, il y a eu une demi-page dans La Tribune qui faisait état de ce problème. Alors, en effet, je me suis senti véritablement compris. Au regard de son « background », il a un positionnement différent sur l’entreprise par rapport à ses prédécesseurs, ce qui constituait un énorme changement.

Vous lui avez promis, par la suite, pendant la campagne, de « rentrer en France » si jamais il était élu président ?

Je n’étais pas complètement sérieux et pour vous dire la vérité je ne pensais pas non plus qu’il gagnerait. Mais j’ai, en effet, tenu cette promesse et je suis de retour en France, à Aix-en-Provence, même si je suis à Paris environ trois jours par semaine. Pour remettre les choses dans leur contexte, je ne suis pas parti en 2008 parce que je n’étais pas bien en France.  L’écosystème digital n’était pas vraiment structuré à cette époque. C’est par la suite, en revanche alors que je songeais déjà à revenir, que les choses se sont, à mon sens gâtées, l’épisode le plus révélateur étant la gestion du dossier Dailymotion.

LE RETOUR DE LA CONFIANCE EN FRANCE

Les années Hollande ont été très perturbantes pour moi avec plusieurs sources d’incompréhension et autres mauvais choix économiques de la part de l’exécutif. Désormais la page est tournée et des initiatives comme Station F auront pour effet d’asseoir cette relation de confiance avec les entrepreneurs. Je pense qu’il faut encore plus d’initiatives de ce genre. Il faut également, je pense, se préparer, pas dans les dix ans à venir mais dans les prochaines années et cela a déjà commencé, à prendre définitivement le virage de l’Intelligence Artificielle. Il faut désormais être en mesure de former la population à ces nouveaux métiers. C’est l’un des enjeux à venir. Enfin, j’espère que le gouvernement ira plus loin que la loi Travail sous sa forme actuelle, notamment en matière de souplesse de préavis des licenciements. Cela fait également partie des points intéressants à améliorer. (Forbes)

FAIRE DE LA FRANCE UNE NOUVELLE SILICON VALLEY

La Silicon Valley est le modèle souvent copié, mais jamais égalé. Quelle est la recette de son succès ?

La Silicon Valley, c’est avant tout « the place to be ». Toutes les success stories mondiales des entreprises opérant dans le digital ont commencé là-bas. Pour rentrer dans le détail, je dirais avant tout que la concentration des talents est l’un des ingrédients qui en font son succès. Vient ensuite son écosystème propice au succès, les meilleures universités du monde, les investisseurs et business angels les plus importants, et les incubateurs. Il ne faut pas oublier que si vous voulez faire un deal avec l’un des GAFA, il est important d’être sur place.

Quelles sont les villes et régions les mieux positionnées en France pour les startups, selon vous ?

Je viens seulement d’arriver, mais je pense que la région PACA a une belle carte à jouer, de par sa position géographique, son climat et son cadre de vie.Elle est également à cheval sur trois pôles labellisés French Tech, à savoir Aix-Marseille, Nice Sophia-Antipolis et Avignon. De plus, les initiatives telles que TheCamp, Marseille Innov ou encore Euromed, sont des atouts.Enfin, la moitié de la population de la région a moins de 35 ans et présente un bon niveau académique.

La France, startup nation ou startup region / cities ? La province a-t-elle suffisamment de place pour la montée et le succès des startups ?

Aujourd’hui, presque tout se passe encore à Paris, mais à mon sens, le manque de ressources et de talents en local va favoriser un épanouissement des régions. Si les salaires sont élevés en région parisienne, le coût de la vie est proportionnel, voire supérieur. En province, les salaires sont, certes, inférieurs, mais le cadre et le coût de la vie est adapté. De plus, Paris se classe à la 11e place du top 20 du Global Startup Ecosystem Report 2017 de Startup Genome. Les autres régions possèdent les ressources humaines, académiques et économiques qui contribueront à leur épanouissement.

Les grands groupes français ont une forte tendance à travailler avec des startups pour développer d’autres compétences. Cependant, cet effort demeure insuffisant. Il faut notamment qu’ils accordent plus de budget à ce développement, afin d’offrir un meilleur accompagnement aux professionnels. Cela représente des sommes importantes. Aussi, il est important que ces groupes prennent conscience du fait que leur agilité peut être un réel investissement en faveur des startups.

La route est encore longue avant que la France atteigne le niveau des Etats-Unis, mais je pense que l’écart peut être réduit. Ce, d’autant plus que le gouvernement est assez proactif, avec notamment la banque publique d’investissement. Aujourd’hui, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour encourager le développement de l’écosystème des startups en France. Il est important d’en exploiter le potentiel, et de se mettre en condition pour fournir plus d’efforts, tant sur le plan financier que stratégique, et en tirer profit. (Parcours France)

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