A 180 ans, STERN GRAVEUR retrouve un nouveau souffle. C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

logo sternLogo-BFMBusiness-sans-contourAu Business Club de France

Uniquement sur BFM Radio! 

→ Diffusion : samedi 1/4/2017 à 7h | dimanche 2/4/2017 à 14h


TALK 1: POPCHEF rachète son concurrent HappyMiam

TALK 2: VESTIAIRE COLLECTIVE : 58 millions € pour conquérir le monde

TALK 3 : STERN GRAVEUR remis au goût du jour par une jeune entrepreneure

TALK 4: Le rendez-vous du Médiateur des Entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 3: STERN GRAVEUR, avec Estelle Delmas et Maximilien Clayton, dirigeants associés

(Ré)écoutez et télécharger cette interview:

logo sternLe saviez-vous? Faute de repreneurs, 30.000 petites sociétés font faillite, pertes d’emplois à la clé. Bercy veut que des moins de 30 ans se lancent dans l’acquisition.

Comment Estelle a repris une société plus que centenaire

A 24 ans, en 2008, Estelle Delmas reprend Stern Graveur, une société d’imprimerie et de gravure fondée à Paris en 1836.

Tout commence quand Estelle, étudiante en archéologie et mise en valeur des patrimoines, se prend d’intérêt pour Stern Graveur et son impressionnant fonds d’archives. Cette Maison d’excellence réalise depuis plus d’un siècle des gravures de haute qualité pour l’aristocratie française et des clients prestigieux tels que des ambassades étrangères et l’Elysée !

Très florissante jusqu’au début des années 2000, la société est ensuite mise en vente en 2008 et ne trouve pas de repreneur. Estelle envisage alors de racheter les archives de Stern et écrit aux familles et clients réguliers pour leur annoncer la cessation des activités de la société. Constatant l’intérêt d’Estelle, ces derniers lui répondent par des lettres et des témoignages l’encourageant à reprendre les activités de Stern et à perpétuer la tradition ! (Source: Les Echos)

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LES CHIFFRES CLÉS DE STERN GRAVEUR

  • Activité: imprimerie et gravure
  • Date de création: 1836
  • Lieu: Paris
  • Effectif: 12

A l’âge où tout diplômé songe à lancer sa boîte, Estelle Delmas, 24 ans, a pris les rênes de Stern, graveur parisien fondé en 1836. Il y a huit ans, l’atelier qui imprimait les bristols de l’aristocratie, des ministères et des ambassades était voué à mourir. L’audacieuse a emporté l’affaire « pour une bouchée de pain ». Cette diplômée d’un master 2 en restauration de patrimoine, issue d’une famille de papetiers, a conservé le savoir-faire haut de gamme au service de centaines de clients fidèles. Elle a aussi gagné la confiance des marques de luxe dans la joaillerie, la parfumerie… « Grâce à l’association de jeunes entrepreneurs Moov­jee, j’ai ajouté des compétences numériques, explique Estelle Delmas, qui emploie deux salariés. La reprise d’activité a des avantages. Je travaille avec la clientèle de Stern et je reprends les archives, composées de très beaux monogrammes et d’emblèmes réutilisables. » (source: Le JDD)

stern tampon.jpgUn nouveau souffle et un déménagement

Leurs vœux se réalisent : Estelle se laisse convaincre par cette opportunité inattendue et décide de reprendre Stern Graveur avec son père. Conscients des nombreuses problématiques auxquelles ils devront faire face, notamment avec le développement du numérique, ils se lancent le défi de donner un nouveau souffle à Stern… et au secteur de l’imprimerie !

En raison des nombreux travaux de modernisation à mener, ils décident de changer l’emplacement de l’atelier. Ils quittent le Passage des Panoramas, confidentiel et plus difficile d’accès, et s’installent rue du Faubourg Saint-Honoré, en plein cœur du 8ème arrondissement, à proximité de leur clientèle.

Après avoir réalisé leur analyse de marché, ils trouvent une façon de se différencier : l’e-commerce. Ils créent un site internet sur lequel ils proposent des cartes gravées en ligne : une première en France ! Cela apporte aussi au client une transparence au niveau des prix.

Malgré l’utilisation des mails comme principal moyen de communication au sein des entreprises, la papeterie haut-de-gamme reste tout de même la norme pour les documents officiels et/ou confidentiels. Estelle est à l’écoute des besoins de ses clients (particuliers, professionnels, institutions) : choix des caractères, du support et des ornements, mélange entre techniques numériques et gravure…

Tenir la distance

Au bout de six mois et après une grande campagne de publicité, l’activité décolle ! Les deux premières années sont une réussite : alors que les habitués continuent de faire confiance à Stern pour la réalisation de leur papeterie haut-de-gamme, de nouveaux clients affluent, curieux de découvrir les services de cette imprimerie d’excellence.

Une fois l’effet “nouveauté” passé, la troisième année est plus difficile pour Estelle avec une baisse de la clientèle. En parallèle, sa vie personnelle devient particulièrement intense puisqu’elle doit apprendre à concilier vie d’entrepreneure et vie de famille après la naissance de son premier enfant.

Elle peut alors compter sur le soutien de Fabrice de l’Epine, repreneur d’entreprises expérimenté et mentor du Moovjee, qui l’aide à prendre du recul et à se poser les bonnes questions, tout en reprenant confiance en elle et en son entreprise.

En route vers l’impression du futur

Aujourd’hui, Stern Graveur, avec sa maison-mère la Papeterie Financière, emploie douze salariés et son chiffre d’affaires est en croissance. Pour faire de Stern une marque incontournable, la jeune femme souhaite développer ses activités et s’agrandir.

Elle réfléchit donc à de nouveaux produits mêlant créativité, numérique et techniques anciennes comme le papier connecté. Stern est d’ailleurs en train de mettre au point un faire-part de mariage imprimé et gravé, à l’intérieur duquel une puce redirige l’invité vers le site internet de l’événement ou vers un coupon-retour en ligne… Autre piste de diversification : nouer des partenariats avec des studios de création graphique pour proposer des collections limitées en collaboration avec des graphistes influents.

Le regard du mentor

Fabrice de l’Epine est mentor au Moovjee et Président d’AVANTIF, réseau de coiffure à domicile, qu’il a repris en septembre 2016.

“Lorsque j’ai rencontré Estelle, je me suis tout de suite reconnu. Sa personnalité sensible et volontaire m’a plu et je l’ai trouvée très courageuse de reprendre cette entreprise dans un contexte familial et dans un secteur en déclin (mais où il est possible de se réinventer). J’ai trouvé cela très intéressant de me placer comme un mentor et non pas comme un conseiller et de l’aider à assumer et à être à l’aise avec son rôle de cheffe d’entreprise. Même si notre relation mentorale est maintenant terminée, nous continuons à entretenir nos liens et à nous voir régulièrement. Selon moi, on reçoit en donnant !” (source: Les Echos)

LA REPRISE D’ENTREPRISE PAR LES JEUNES ENTREPRENEURS

Estelle Delmas est un cas isolé. Les jeunes entrepreneurs préfèrent partir d’une page blanche. Le succès des start-up comme Blablacar ou Deezer, l’efficacité des incubateurs et les aides financières dynamisent la création ex nihilo. L’année dernière, les Français ont créé 525.000 sociétés, dont la moitié en autoentreprise. Dans le même temps, ils n’ont racheté que 30.000 PME et TPE. Or le rapport de la députée PS Fanny Dombre-Coste sur la transmission d’entreprise révèle que l’âge élevé de nombreux petits patrons justifierait la cession de 185.000 sociétés.

Des dirigeants qui hésitent à transmettre avant la retraite, des investisseurs indifférents, et la peur de l’échec gèlent le marché des cessions-transmissions. Conséquence : 30.000 autres PME-TPE mettent la clé sous la porte faute de repreneur. Plus de 37.000 emplois sont détruits chaque année, qui pourraient être préservés.

Bercy souhaite réhabiliter l’image de l’acquéreur de PME, en finir avec la vision du vautour qui attend la faillite pour mieux dépecer. En septembre une nouvelle campagne de communication déclinera le thème « Pourquoi partir de zéro, quand on peut prendre de l’avance? Reprendre, c’est aussi entreprendre. »

Le comité de pilotage, cofondé par Emmanuel Macron et Martine Pinville, secrétaire d’État au Commerce, est à l’origine de cette action qui vise à accroître de 20 % le nombre de TPE transmises dans les cinq ans. Un tiers pourrait être repris par les jeunes. Ce comité, qui réunit des pros du monde de l’entreprise (CCI, notaires, banques…) et des organismes publics, planche sur plusieurs pistes : simplification des démarches, adaptations fiscales, formations…

« Un jeune est le candidat parfait pour acheter un commerce ou une société de service, car il a de l’énergie et peu de charges familiales. Une TPE peut suffire à un célibataire, mais pas à un cadre de 55 ans qui cherche une deuxième carrière », observe Dominique Restino, fondateur de l’association Moovjee.

Créer un service civique entrepreneurial?

Pour faciliter la reprise d’entreprise par les moins de 30 ans, Fanny Dombre-Coste préconise de s’appuyer sur les dispositifs adaptés à la création de start-up notamment le réseau de 29 Pepite (Pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat). Chaque Pepite associe une fac ou une grande école à des entreprises et des associations pour élaborer des business models, obtenir les conseils d’avocats, de comptables, de coachs… Le statut d’étudiant entrepreneur, en vigueur depuis 2014, permet de se lancer en toute sécurité avec un tuteur et une couverture sociale.

Pour compléter ce dispositif, l’association Moovjee et Fanny Dombre-Coste proposent de créer un service civique entrepreneurial pour que des moins de 25 ans peaufinent leur projet d’acquisition pendant une année. En janvier, François Hollande a souhaité que cet engagement pour l’intérêt général concerne 350.000 jeunes d’ici à trois ans. Une façon originale de donner son temps à la société.

Las, la reprise d’une TPE coûte plus cher – environ 200.000 euros – que la création d’une start-up. Pour lever ce frein, le comité de pilotage de Bercy a déjà simplifié le système de location-gérance de TPE, qui permettrait au futur patron de s’engager progressivement et sans se ruiner, car il loue avant d’acheter. Les banques accordent déjà des prêts d’honneur, et BPIFrance a conçu des prêts réservés à la transmission d’entreprise. Il existe aussi le crowdfunding qui permet de réunir des fonds via des sites Internet. « Il serait tentant d’adapter la fiscalité aux jeunes repreneurs, ajoute Fanny Dombre-Coste. » (source: Le JDD)

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