Les nouvelles ambitions de la maison Taillardat. C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

BFM-BU-RADIODans le Business Club de France | Uniquement sur BFM Business Radio

→ Diffusion : samedi 13/02/2016 à 7h | dimanche 14/02/2016 à 15h

Talk 1 : CRITIZR: une levée de fonds pour s’internationaliser

Talk 2 : BBCHOO, un tout nouveau site pour aller encore plus loin dans l’offre puériculture

Talk 3 : TAILLARDAT, rachetée par un « petit LVMH », se développe à l’international

Talk 4: Le rendez-vous du médiateur des entreprises, avec Pierre Pelouzet

TALK 3: TAILLARDAT, avec Martin Pietri, président

Ecouter, réécouter et télécharger cette interview:

Classique_Salon_Bar.jpgTaillardat crée et fabrique depuis près de 30 ans des assises et du mobilier haut de gamme dans le style XVIIIè. Taillardat propose des meubles et sièges originaux de caractère aux formes traditionnelles et fabriqués exclusivement à partir de matériaux nobles. Les collections regroupent les styles Louis XV, Louis XVI, Marie-Antoinette, Directoire et Empire. Les créations de la Maison Taillardat sont fabriquées selon des techniques héritées de la grande tradition française du meuble d’art. La Maison perpétue le respect des règles d’époque grâce aux compétences de compagnons soucieux du travail bien fait. Queue d’aronde, tenons, mortaises, sculptures… toutes les pièces sont entièrement réalisées à la main sur des bois massifs rigoureusement choisis.

L’entreprise emploie 23 salariés, pour un CA de 2,7 millions d’euros, dont 2 millions à l’export (aux Etats-Unis, en Chine, au Moyen-Orient, en Russie). 1000 pièces sont produites par an.

Les meubles sont construits dans un atelier, dans les Vosges, appartenant à la société, tandis que les ouvriers hautement spécialisés de Saint-Cyr-en-Val (Orléans) sont chargés de les peindre, les couvrir de feuilles d’or, les tapisser… Le tout selon un savoir-faire ancestral.

L’entreprise est EPV depuis 2011

Classique_Chambre.jpgSES CLIENTS

  • Palaces, palais privés, ambassades :
  • Hôtel Shangri-La (Paris), Hôtel Four Seasons George V (Paris), Hôtel Le Bristol (Paris)
  • Hôtel Ritz (Madrid)
  • Film Marie-Antoinette de Sofia Coppola
  • Palais de L’Elysée (Paris), Matignon (Paris), Assemblée Nationale (Paris), Ministère des Affaires Etrangères (Paris)

ACTUALITÉ

  • Octobre 2015 – Micheline Taillardat, fondatrice de l’entreprise, passe le flambeau à Martin Pietri et Etienne Valat

Quelle belle ambition que celle de ce duo improbable ! D’un côté, Étienne Valat, 55 ans, spécialiste du retournement d’entreprise, qui a ramené rentabilité et croissance chez les PME, dont il a eu la charge (Envirosport, vente et installation d’équipements sportifs, 25 M€ de CA ; Figueras France, fauteuils pour espaces collectifs, 9 M€ ; Perstorp Flooring Inc, revêtement de sol stratifié, 40 M$…) sans en récolter les fruits.

De l’autre, Martin Pietri, 43 ans, responsable du CHEDE (Cycle des hautes études pour le développement économique) au ministère de l’Économie et des Finances, qui a pris goût à l’entrepreneuriat après un passage chez Linagora (d’Alexandre Zapolsky ndlr…), leader du logiciel libre en France. Avec EMBLEM, tous deux veulent réveiller ces «belles endormies» qui, en fabriquant un produit exceptionnel reposant sur un savoir-faire unique, ne développent pas tout leur potentiel.

Leur objectif ? «Permettre à ces entreprises, en mettant l’accent sur la rationalisation des coûts, la mise en place d’un management plus professionnel et de politiques marketing et export mutualisées, de réaliser leur potentiel de croissance». Le duo va donc agréger 8 à 10 entreprises, déjà détentrices du label EPV ou qui peuvent y prétendre. Les fonds propres d’EMBLEM (3 à 5 M€ réunis auprès d’investisseurs privés, de sponsors industriels et de partenaires institutionnels) lui permettent une capacité d’investissement de 6 et 10 M€ avec les effets de levier. Taillardat (2,8 M€) est ainsi la première à entrer sous l’escarcelle d’EMBLEM.

«Un enjeu de taille car parmi les entreprises du haut-artisanat et des métiers d’art, plus de 20% doivent faire l’objet d’une transmission et connaissent, de ce fait, une période de fragilité», indique Martin Pietri pour qui «les métiers d’art et les EPV, c’est la Silicon Valley de la France». (article complet sur Entreprendre)

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INTERVIEW DE MARTIN PIETRI

Comment passe-t-on du ministère de l’Économie à l’entrepreneuriat ? Quand j’étais responsable du Ched (Cycle des Hautes Etudes Européennes), j’ai rencontré Etienne Valat, qui était dirigeant de PME et avait passé trois ans aux USA. Comme ma mission était de lancer des passerelles entre le public et le privé, j’ai voulu travailler dans une PME, ce qui m’a donné le goût de l’entreprise. J’ai alors recontacté Etienne Valat.

Vous avez, tous les deux, fondé le groupe Emblem. Quel est son objectif ? C’est de réunir une dizaine de PME françaises, possédant un savoir-faire d’excellence dans la décoration et l’aménagement intérieur. Après Taillardat, nous avons racheté les Émaux de Longwy (Meurthe-et-Moselle), en décembre, en sauvegardant les 40 emplois. Nous sommes, aujourd’hui, en discussion avec l’Atelier du cuivre, dans la Manche.

Puis, nous prendrons notre temps pour choisir des entreprises complémentaires, de façon à assurer une offre de décoration la plus large possible. Nous croyons au potentiel du haut de gamme français à l’international. Nous voulons préserver ses savoir-faire que peu maîtrisent.

Pourquoi avoir commencé par Taillardat ? Il y avait une opportunité. Micheline Taillardat cherchait à vendre depuis plusieurs années. Cela m’a permis de renouer avec mon histoire familiale ! Du côté de ma mère, je descends d’une grande dynastie d’ébénistes, les Jacob et Jacob-Desmalter. Il y a, d’ailleurs, une chaise Jacob au catalogue de Taillardat!

Vous avez repris l’entreprise le 8 octobre dernier. Avez-vous apporté des changements ? J’ai déjà fait une tournée à Moscou et aux États-Unis. Le salon Maison & Objet, notre grand rendez-vous de l’année, sera l’occasion de me présenter. Nous allons montrer de nouvelles teintes, de nouvelles patines, afin de proposer aussi des meubles correspondant à des univers plus contemporains, sur-mesure, tout en conservant les mêmes techniques qu’au XVIII e siècle.

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Le bureau Jason Millenium, inspiré de Star Wars, nouvelle création de Taillardat

Comme le bureau Star Wars ? Est-ce qu’il a eu du succès ? Nous présentons le bureau, fabriqué en huit exemplaires, sur le salon. Il n’a pas encore été vendu. Le Jason Millenium, avec ses bronzes spécifiques, est un exercice de style qui montre que nous sommes capables de faire du sur-mesure. De plus, nous l’avons réalisé avec un collectif de jeunes de l’école Boulle de Paris. J’aime l’idée de faire travailler Taillardat avec d’autres artisans d’art. Je voudrais, par exemple, marier le savoir-faire du XVIII e avec la technologie d’aujourd’hui. Pour pouvoir écouter de la musique ou recharger son portable sur son bureau classique…

Vous visez une nouvelle clientèle ? Il faut entretenir nos marchés traditionnels : les USA, la Russie, le Moyen-Orient, le Royaume-Uni. Et développer nos contacts en Asie. D’ici fin 2016, nous aimerions ouvrir un lieu, avec deux ou trois autres maisons françaises, à New York.

Quelles seront les incidences sur l’activité ? Nous devrions continuer à développer le chiffre d’affaires, de 2,7 millions en 2015, en réalisant entre 2,7 et 2,8 millions d’euros. Et nous resterons stables, cette année, à 23 salariés.

Avez-vous de belles commandes ? Nous avons des commandes en cours pour le Bristol, le George-V, l’Eden Rock. Nous livrons, aussi, l’équivalent d’un mois de chiffre d’affaires chez un particulier russe ! Nous travaillons très bien au Moyen-Orient. (article complet sur La Rep)

L’HISTOIRE DE TAILLARDAT

1987 : Création de la société

1991 : Installation dans des locaux de 800m2

1996 : Micheline Taillardat reçoit l’insigne de Chevalier de l’Ordre National du Mérite

2000 : Ouverture du showroom parisien, avenue Marceau

2007 : Création de la filiale américaine à New York

2011 : Obtention du label Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV)

2012 : Installation dans les nouveaux ateliers au sud d’Orléans

octobre 2015: l’entreprise est dirigée par Martin Pietri et Etienne Valat

micheline-taillardat_2340409.jpegPORTRAIT DE MICHELINE TAILLARDAT

Autodidacte, Micheline Taillardat intègre à 18 ans une société de mobilier contemporain à Paris (Mobilier International) puis rejoint une fabrique de meubles anciens à Orléans (Mailfert Amos, l’inventeur de la patine antiquaire, créé en 1904). Elle y gravit les échelons jusqu’à devenir décoratrice. Déterminée, elle crée son entreprise en 1987. Les 4 modèles de meuble d’alors sont fabriqués à domicile avec l’aide de quelques artisans. Cinq ans plus tard, à force de travail et de conviction, la société devient « Maison » et propose 71 modèles. Aujourd’hui, 350 références sont réalisées par 23 compagnons. L’année 2000 marque l’ouverture du show-room parisien de la Maison, avenue Marceau. La société se développe par la suite à l’international, notamment aux Etats Unis avec la création d’une filiale à New York en 2007.

Ce parcours professionnel exemplaire et ce savoir-faire précieux sont reconnus au plus haut niveau : Micheline Taillardat est décorée en 1996 de l’insigne de Chevalier de l’Ordre National du Mérite. Elle est de nouveau distinguée de cet ordre, en tant qu’Officier, en octobre 2008.

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