Emission spéciale enregistrée au Salon des Entrepreneurs de Paris, avec Le Slip Français, Save, Cheerz, Pijaplast, Nervet-Brousseau. C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

BFM-BU-RADIODans le Business Club de France | Uniquement sur BFM Business Radio

→ Diffusion : samedi 6/2/2016 à 7h | dimanche 7/2/2016 à 15h

ÉMISSION SPÉCIALE ENREGISTRÉE
au SALON DES ENTREPRENEURS de PARIS

12622190_10153409518775866_6929908612990212014_o.jpgNOS INVITÉS:

TALKS 1, 2 & 3: CES ENTREPRENEURS QUI OSENT TOUT

  • Damien Morin, président fondateur de Save
  • Antoine Le Conte, président cofondateur de Cheerz
  • Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français
  • Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises

TALK 4: REPRENDRE UNE ENTREPRISE, COMMENT FAIRE?

  • Christian Morel, président de CRA, Cédants et Repreneurs d’Affaires
  • Aurélia Rayé, présidente de Pijaplast 
  • Thibaut Dubus, co-gérant de Nervet-Brousseau 

Ecouter, réécouter, télécharger cette émission:

  • TALKS 1/2/3: DES ENTREPRENEURS AUDACIEUX

→ EN VIDÉO

PARTIE 1

 

PARTIE 2

 

PARTIE 3

→ VERSION AUDIO

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  • TALK 4: LA REPRISE D’ENTREPRISE

→ EN VIDÉO

→ VERSION AUDIO

LE SALON

  • Créé en 1993
  • 65 000 visiteurs 
  • 200 conférences
  • 150 personnalités économiques, politiques et institutionnelles

ENTREPRENDRE AUJOURD’HUI EN FRANCE

>> Record historique : 19 millions de Français (37%) envisagent d’entreprendre un jour !

47803_salon_des_entrepreneurs_1.jpgChiffre record depuis 15 ans : en janvier 2016, 37% des Français déclarent avoir envie de se mettre un jour à leur compte (vs. 25% en janvier 2015). Un bond annuel sans précédent et un score inégalé depuis 2000 ! L’essor du travail indépendant, et particulièrement du statut d’autoentrepreneur – malgré le léger trou d’air causé par la loi Pinel – n’y sont pas étrangers, offrant à tous les Français une perspective d’entrée dans la vie active ou de reconversion professionnelle.

Le sondage OpinionWay commandé par l’Union des Auto-Entrepreneurs avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, à l’occasion du 23ème Salon des Entrepreneurs de Paris, dévoile le regard croisé que portent Français et dirigeants d’entreprise sur le statut de travailleur indépendant et leurs motivations à s’y lancer ou y recourir.

L’envie est particulièrement forte chez les jeunes de 18 à 34 ans (55%) et chez les ouvriers (49%). 34% des intentionnistes ambitionnent de réaliser leur projet dans les deux ans à venir.

« Le sacro-saint modèle du salariat s’égratigne un peu plus chaque année. Il ne fait plus r&êver les Français, et encore moins les jeunes. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 8 salariés sur 10 ont toujours été salariés. Et désormais, un actif sur trois imagine son avenir en tant qu’indépendant/auto-entrepreneur, de façon exclusive ou partielle », commente Xavier Kergall, Directeur général du Salon des Entrepreneurs.

Parmi ces Français créateurs en puissance, une large part va aux projets de reconversion professionnelle. Près de 7 Français sur 10 ont déjà changé de vie ou en ont eu l’envie, poursuivant la quête d’une vie plus épanouie, moins stressante, motivée parfois par une période compliquée. Pour 27% d’entre eux, l’envie de changement est d’ordre professionnel, avec la curiosité de découvrir un nouveau métier. Pour 18%, c’est l’envie même d’être à son compte à travers la reprise ou la création d’une entreprise, une tendance à la hausse – ils étaient 13% en 2012.

S’ils devaient être amenés à créer leur entreprise, 45% des Français en profiteraient pour changer de domaine de compétences, de secteur d’activités. D’ailleurs, 40% se verraient bien en gérant d’une maison d’hôte, 27% à la tête d’un commerce de proximité, 23% en expert indépendant ou artiste à son compte. Et pourquoi pas créateur de bijoux/accessoires en ligne (16%) voire blogueur star reconnu dans sa spécialité (8%).

>> Les Français & leurs startups – Chiffres clés

  • 1 Français sur 2 (52%) mise sur les startups pour sauver notre économie
  • 1 Français sur 4 (28%) se dit prêt à les financer
  • BlaBlaCar est pour 44% des Français la référence de cette décennie
  • Lyon est classée 1ère ville où il fait bon entreprendre selon les Français
  • Aix-Marseille-Provence talonne le top 5 des villes où il fait bon entreprendre

(Sondage « Les Français et leurs startups » mené par l’Institut Think, à l’occasion du 1er Salon des Entrepreneurs Marseille Provence 2015, du 22 au 28 juillet 2015)

TALKS 1 & 2 & 3 : CES ENTREPRENEURS QUI OSENT TOUT

>> SAVE – Damien Morin,  président fondateur

damien morin save.jpgActivité: réparation express de smartphones et de tablettes (sur place en 20 mn)
Création: 2013
CA: +5% par semaine
Effectif: 600 et SAVE prévoit 1450 embauches en 2016
Lieu: Siège à Puteaux et certains bureaux sont localisés depuis peu Rue du Sentier

  • Présence en France, Suède, Suisse, Angleterre, Espagne et dès le mois de Février en Allemagne.
  • Environ 200 réparations par jour
  • 150 points de vente
  • Plus de 100.000 réparations ont été effectuées depuis le lancement de la société

PROJETS

En France

  • SAVE poursuit son déploiement de corners dans les centres commerciaux ( 6 ouvertures France de prévues uniquement sur le mois de Février)
  • Sur Paris et la Grande Couronne – SAVE développe son offre coursier : en cas de problème avec votre téléphone, un coursier vient vous le chercher et vous le redépose dans les 2h qui suivent (aucun frais additionnels)
  • SAVE développe une nouvelle offre : l’offre SWAP => possibilité d’acheter un téléphone entièrement reconditionné (-20% moins cher que le prix d’un téléphone neuf)

A l’étranger

  • SAVE poursuit son internationalisation en Europe (exportation en Allemagne au mois de Février) / déploiement des corners dans les pays où ils sont déjà présents et nouveaux marchés en vue (Italie, Pologne …)
  • SAVE souhaiterait s’exporter aux USA courant Avril idéalement

MARCHÉ

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Un corner Save dans un centre commercial

Chaque année, en France, se vendent environ 6 millions de tablettes et 20 millions de smartphones, et 12 % de cette flotte subit une casse. Le marché de la réparation dépasserait ainsi allégrement les 100 millions d’euros par an. Et, avec l’arrivée des objets connectés, cela ne devrait pas se tasser. (source: Les EchosSave s’est placé sur un marché délaissé par les opérateurs traditionnels. La start-up, qui a déjà ouvert 120 points de vente physiques, promet une durée d’intervention de 20 minutes en moyenne, sous les yeux du client. Ces derniers peuvent également choisir d’envoyer leur matériel défectueux par voie postale. Elle vend également une garantie de un an après la réparation. Pour se lancer, sa stratégie est de privilégier l’implantation dans les centres commerciaux situés dans les grandes villes. (source: Frenchweb)

Comment Damien Morin a t-il eu l’idée de SAVE?

Il s’est amusé très tôt à démonter et à remonter ses ordinateurs.Son père étant informaticien, il avait de quoi faire. Ensemble ils ont même créé 2 – 3 applications pour ordinateur quand il avait 12-13 ans, mais il le précise d’emblée : « je n’était pas du tout geek c’était juste un passe temps ». Mais bon, quand certains de ses copains vers 15-16 ans se sont mis à faire du babysitting pour gagner un peu de sous lui s’est dit « je vais plutôt proposer de dépanner les ordinateurs, ça rapporterait plus » . Sa première entreprise, il dit l’avoir dirigé à moins de 20 ans. C’était le BDE, c’est à dire le bureau des élèves de son école de commerce. « On n’imagine pas, mais on faisait 1 millions d’euros de chiffre d’affaires par an ça a été une super formation » dit-il. Et du coup à la fin de son mandat : gros coup de déprime, il décide donc de lancer Save My Computer, son entreprise de réparation d’ordinateurs.

Il a donc arrêté ses études pour faire ça ?

Pas du tout. Damien Morin est du genre super actif. Il avait 2 – 3 copains qui travaillaient avec lui, il a même réussi comme ça à faire une année à l’étranger : il gérait les commandes depuis son portable. « En fonction des horaires je sortais parfois de boîte de nuit à Shanghai pour gérer un rendez vous », dit-il. A son retour en août 2012, il décide de s’y mettre à fond ,toujours en plus de ses études, et se dit que l’avenir c’est les smartphones. Et reproduit le modèle. Il va chercher directement les smartphones cassés chez les clients et les répare souvent au café d’en bas. Mais comme d’habitude avec Damien Morin, ce n’est pas assez : il veut ouvrir une boutique. Mais pour cela il faut de l’argent. Ses parents refusent de lui prêter tant qu’il n’a pas terminé ses études. Tant pis, il se débrouille tout seul grâce au soutien d’un ami à lui – un héritier Peugeot – qui lui prête 50 000 euros. Il ouvre en février 2013 et deux mois plus tard … il est rentable.

Et ça s’est très vite emballé ensuite ?

Et pourtant il a eu un mal fou à trouver des financements : développer des boutiques ça ne branchait personne. Il a alors sonné à toutes les portes !!! Il a intégré un accélérateur de start up et lu tout ce qui existait sur cet environnement. C’est là qu’il a eu l’idée avec d’autres des corners dans les centres commerciaux. Damien Morin a en effet eu la riche idée de s’entourer de stars de la distribution pour l’épauler. Il vient d’avoir beaucoup d’argent via de gros fonds dont Xavier Niel pour accélérer son développement, un développement qui va passer par l’international. (…) Chez Save, on est pas réparateur mais sauveteur, puis héros et super héros. Cela peut paraitre enfantin mais lui en est persuadé, il faut former, motiver. Il a même créé une école en interne ! (source: Europe1)

L’ACTU de SAVE – LEVÉE DE FONDS de 15 millions €!

Save-my-smarphone5-1024x678.jpgSave lève 15 millions d’euros pour « créer un géant mondial » de la réparation

Spécialisée dans la réparation express de smartphones et de tablettes, la startup Save annonce une levée de fond de 15 millions d’euros, auprès des fonds d’investissements Idinvest Partners et 360 Capital Partners et de business angels dont Xavier Niel. Créée il y a deux ans, la société compte aujourd’hui 300 employés (…). Cet apport permettra à la jeune société française, déjà présente en Suède et en Suisse, de soutenir les ouvertures de ces points de vente à l’international, (Angeleterre, Belgique, Espage et Portugal d’ici la fin de l’année) pour rapidement couvrir la majorité des pays européens avant de s’attaquer au marché américain début 2016.

La startup vise également le recrutement de 300 collaborateurs d’ici la fin de l’année, et espère dépasser les 1000 employés l’année prochaine.  L’objectif ? « Créer un géant mondial depuis Paris et devenir le leader de la réparation en vingt minutes », indique Damien Morin, fondateur de Save. Alors qu’aujourd’hui Save répare sur place en 20 minutes, ou en quelques heures par coursier, tablettes et smartphones, la jeune startup ouvre son service à d’autres objets et offre désormais la réparation de smart watch, trackers et autres objets connectés.

Face à la demande, (1500 réparations par jour) Save entend même aller au-delà de ces objets victimes de l’obsolescence programmée.  » Nous construisons une boîte qui résistera aux iPhone et aux ordinateurs portables, demain le client nous sollicitera pour qu’on répare sa machine à laver. Aujourd’hui nous remercions nos investisseurs mais demain ce sont nos investisseurs qui nous remercierons, car nous allons devenir la plus grosse boîte de leur portefeuille » , prédit Damien Morin. (source: Maddyness)

>> – LE SLIP FRANÇAIS – Guillaume Gibault, fondateur

le-slip-1.jpgActivité: fabrication de sous-vêtements masculins (t-shirts, bonnets,
Lieu: Paris + 9 sous-traitants en France
Date de création: 2011
CA: 80% sur internet
Effectif: 15 à Paris – 30 équivalents temps plein en France
Chaque année, 60.000 pièces sont produites dans les neuf ateliers avec lesquels l’entreprise collabore

– Guillaume Gibault arrive en 15ème position (sur 32, devant Michael Goldman, Augustin Paluel-Marmont, JM Aulas) du palmarès « Les entrepreneurs préférés des Français » par BVA pour le Salon des Entrepreneurs 2016.

– Et en 13ème position à la question « Qui nommeriez-vous ministre de l’économie ? »

– En 2015 il est arrivé 1er de la catégorie des entrepreneurs que les Français aimeraient « adopter » à en croire la 4e édition du top 100 des « mecs à adopter » réalisée par le site de rencontre Adopte un mec.

DANS LA TRIBUNE – Cap ou pas cap ? Tout part d’une blague d’étudiants entre deux bières. Mais très vite, suivant son instinct entrepreneurial, Guillaume Gibault, jeune diplômé d’HEC, décide à 26 ans de relever le défi et de « vendre des slips ». Le projet peut certes sembler audacieux. Mais le jeune entrepreneur en herbe est persuadé qu’il y a une carte à jouer en insistant sur le côté « Made in France ». Et il mise beaucoup sur une communication décalée et sur la viralité des réseaux sociaux.

le-slip-francais-met-les-candidats-dans-sa-poche_377019_510x255.jpgA la base « j’avais envie de monter ma société, sans savoir quoi faire », explique le chef d’entreprise. Attiré par les vêtements et le marketing décalé, l’entrepreneur en herbe imagine alors « le Michel & Augustin de la mode ». Résultat : la startup Le Slip Français voit le jour en 2011.

C’est comme ça que Guillaume Gibault ramène 600 slips de l’usine Moulin Neuf Textiles, en Dordogne, début 2011, dans le coffre d’une Picasso rouge louée, se souvient-il. La marchandise est écoulée en l’espace de seulement trois semaines via le site fraîchement créé ! La mayonnaise semble prendre. Au dernier trimestre 2011, la société revendique un chiffre d’affaires de 40.000 euros, qui passe à 290.000 euros en 2012 et 920.000 euros en 2013. A cette date, l’entreprise devient rentable.

« On a trouvé notre business modèle », se réjouit Guillaume Gibault. A ce jour, l’entreprise compte 15 personnes à Paris, et entre 25 et 30 employés en équivalent temps plein en France. Chaque année, 60.000 pièces sont produites dans les neuf ateliers avec lesquels l’entreprise collabore. Du tissage des étoffes à l’assemblage des différentes parties, toutes les étapes de la chaîne de production se font dans l’Hexagone. « On ne peut pas faire plus made in France », assure l’entrepreneur.

Une première boutique a ouvert ses portes fin 2014 dans le quartier du Marais à Paris, et une autre devrait bientôt suivre, rive droite. Avant de s’installer en région, un « pop up store » (boutique éphémère) devrait être créé cet été à Marseille et un autre d’ici la fin de l’année à Lyon.

Quant à l’étranger, la startup a pour l’instant ouvert une boutique à Hong Kong il y a quinze jours, après une expérience éphémère réussie à Los Angeles. Grâce à une levée de fonds de 30.000 dollars via la plateforme de crowdfunding Kickstarter, la startup a en effet pu monter un pop up store pendant trois semaines de l’autre côté de l’Atlantique. Et comme la marque a beaucoup plu à la griffe haut de gamme américaine « Please do not enter », rencontrée lors du salon « Capsule » des 20 et 21 juillet derniers, elle y « perdure dans un shop in shop », sourit Guillaume Gibault.

L’objectif étant de réaliser plus de la moitié de leur chiffre d’affaires à l’export d’ici deux ans et demi. Notons à cet égard que l’entreprise peut désormais compter sur le soutien du fonds de capital risque 360 Capital Partners auprès duquel elle vient de lever 2 millions d’euros.

LES RAISONS DU SUCCÈS

Management : Pourquoi un tel engouement ?

Guillaume Gibault : Dès le début, Le Slip a suscité le sourire et la sympathie. Un nom pareil, ça ne s’oublie pas ! Et le made in France a été un activateur de notoriété. Les gens cherchent du sens, dans leur vie, dans leur travail… Et dans leurs achats. On est la seule marque de sous-vêtements masculins à faire travailler les ouvriers de la confection en France. Notre démarche a consisté à faire fructifier ce capital de sympathie.

Management : Comment avez-vous fait ?

Guillaume Gibault : J’ai harcelé les rédactions. Dès le premier article – dans Metro -, le tourbillon a démarré. Puis il y a eu la campagne présidentielle de 2012. En déconnant, j’ai détourné l’affiche de François Hollande : « Le changement de slip, c’est maintenant ». Le buzz a été énorme. Là, j’ai compris un truc : en créant du contenu décalé, mais lié à la marque, on trouve de vrais clients.

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Management : Depuis, vous avez industrialisé cette façon de créer du contenu viral…
Guillaume Gibault : Oui. On ne dépense rien en pub, mais on réunit l’équipe chaque semaine et on trouve des idées en rebondissant sur l’actualité. On a 60.000 fans sur Facebook, plein d’infos à raconter et toujours un tweet marrant sur le feu. Cet été, on a lancé le camion du slip sur les plages, un concours Instagram… Il y a des pop-up stores un peu partout, des partenariats avec d’autres marques, telle Agnès b., qui nous a lancé au Japon. L’objectif, c’est le buzz.

Management : Pourtant, on dit le secteur du textile sinistré. Vous n’avez pas eu peur de vous y lancer ?

Guillaume Gibault : Je préfère voir les opportunités plutôt que les freins. Ce qui est sinistré, c’est la production, pas le marché. Les coûts en France sont certes dix fois plus élevés qu’en Chine. Mais les clients, eux, sont de plus en plus attentifs à leurs sous-vêtements. Sur le plan économique, l’essentiel est de réduire le nombre des intermédiaires. En vendant sur Internet ou dans nos boutiques en propre, on préserve notre marge, alors qu’un distributeur en prend 60%. Bien sûr, les coûts d’une boutique sont élevés. Mais si le chiffre d’affaires est bon, ça va !

Management : L’argument made in France, cela suffit pour cartonner ?

Guillaume Gibault : C’est un argument parmi d’autres. Ce qui compte, c’est la qualité, et là, le made in France reste un label. Dites « France » à un Américain ou à un Japonais et vous verrez briller ses yeux. On n’est pas très conscients de nos atouts, mais la France, c’est génial pour entreprendre. Les créatifs, les ingénieurs, les marketeurs qui en veulent, les banquiers et les business angels constituent un écosystème porteur.

Management : Et les formalités administratives, les charges sociales, les banques ?

Guillaume Gibault : Les banques ne sont pas forcément là pour prendre de gros risques. Moi, j’ai décroché mon premier prêt sans business plan, grâce à un chiffre d’affaires prometteur. Il a fallu se bagarrer, et cela prend du temps. Mais c’est la règle du jeu. Les charges salariales, c’est pareil. Ce serait bien si on était exonéré au début, mais ça ne change pas fondamentalement la donne. Quant à la lourdeur administrative, elle n’est pas propre à la France. Il faut trois jours pour créer sa boîte : ce n’est pas la mer à boire !

Management : Vous aviez quel statut au départ ?

Guillaume Gibault : J’ai été auto-entrepreneur pendant cinq mois, à l’époque où je squattais chez ma grand-mère. Puis j’ai créé l’entreprise, pris des stagiaires, fait appel à des prestataires pour rester souple. Il faut se débrouiller. Au final, tous les salariés du Slip ont commencé en stage et notre premier contrôle Urssaf s’est très bien passé !

Management : Le Slip français dans dix ans ?

Guillaume Gibault : Je suis pessimiste. Je dirais 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Management : Et si un grand groupe vous rachetait ?

G. G.: Il ne faut pas en avoir peur. Dans cinq ans, si on continue à ce rythme, on n’aura peut-être pas d’autre choix. Grandir, ça demande des moyens. On veut que les boîtes françaises deviennent des championnes ? Elles ne pourront pas forcément le faire seules, surtout à l’international. Si, un jour, on fait 20 millions d’euros de chiffre d’affaires au Japon, ce n’est pas idiot qu’un groupe japonais prenne 30% du Slip et triple nos ventes sur place. Au contraire, ça donnera encore plus de boulot en France ! (source: Capital)

>> ANTOINE LE CONTE – CHEERZ

cheerz.jpegActivité: développement de photos numériques

Lieu: Paris

Date de création: 2012

CA: 3,7 millions € en 2014

Effectif: 39

268 000 fans sur Facebook et près de 100 000 sur Instagram

500 000 clients

700 000 commandes en 2015

L’ACTUALITÉ de CHEERZ

Juin 2015 – Cheerz garde le sourire avec une levée de fonds de 6 millions d’euros

Le montant : Cheerz, anciennement Printklub et Polabox, a réalisé une levée de fonds de 6 millions d’euros auprès de Serena Capital, Xavier Niel, Jean-David Blanc (AlloCiné) et d’investisseurs privés.

Le marché : Face à la start-up, un marché occupé par plusieurs acteurs de l’impression en ligne. L’autre français et pionnier PhotoBox, créé il y a quinze ans, est concurrent de Cheerz. Sur le site créé il y a trois ans, la cible féminine représente 80% des commandes.

Les objectifs : Les fondateurs Antoine Le Conte et Aurélien de Meaux veulent continuer à s’étendre en Europe avec l’ouverture de nouveaux bureaux. La société possède déjà des implantations en Grande-Bretagne et en Espagne. Cheerz doit ouvrir cette année des bureaux en Allemagne, aux Pays-Bas et dans les Pays du Nord de l’Europe. Elle compte également développer ses partenariats avec les marques pour accroître sa visibilité. (source: Frenchweb)

Dans L’Usine Ditigale – Contrairement à ce qu’avaient annoncé les oiseaux de mauvais augure, le développement de la photo numérique n’a pas sonné le glas du tirage papier. Il a juste changé de forme et de modèle économique. La preuve avec la start-up Cheerz qui renouvelle l’exercice en misant sur une stratégie de différenciation alliant un marketing pointu et un outil industriel hyper performant.

Capture d’écran 2016-02-01 à 17.12.44.pngEtonnant parcours que celui d’Antoine Le Conte. Le tout juste trentenaire en est déjà à sa deuxième entreprise. La première, c’était programme-tv.net, qu’il a repris à 18 ans et vendu à 21 ans au groupe international Prisma Presse. Certains auraient eu la grosse tête et seraient reparti directement. Pas lui. Il a préféré aller étudier à Dauphine, puis à l’EM Lyon. Aussi est-on surpris quand on le retrouve près de dix ans plus tard, avec son associé Aurélien de Meaux, à la tête d’une start-up qui développe des photos.

On a connu business à l’image plus moderne ou fun. Surtout, qui miserait un kopek sur une activité qu’on imagine déclinante à l’ère du numérique ? Pourtant, au printemps dernier, Xavier Niel, Jean-David Blanc (le fondateur d’Allociné) Julien Codorniou (Facebook), Julien Foussard l’ont fait lors d’une levée de fonds de 6 millions d’euros souscrite essentiellement par Serena Capital.

UNE STRATÉGIE DE DIFFÉRENCIATION

C’est que l’ex-Polabox devenu Cheerz récemment a en partie réinventé l’expérience client et se place désormais comme le spécialiste du développement de la photo réalisée avec un appareil mobile quel qu’il soit. Sur son site ou avec une appli, en quelques clics, il est possible de faire développer des photos de la vie quotidienne, celles qu’on partage sur Instagram ou sur Facebook. Mieux, pour faire plaisir à un ami, il est facile de faire développer les photos qu’il a prises et publiées sur un réseau social et qu’il retrouvera dans une jolie boite ou sur un poster original.

Car face à des mastodontes du secteur qui misent tout sur la quantité pour abaisser le point mort, les créateurs de Cheerz ont misé sur une stratégie de différenciation misant sur la qualité du travail offert et de l’expérience partagée. Cela ne doit rien au hasard. « Le e -commerce est quelque chose de très anxiogène pour le consommateur. Sur les sites de ventes promotionnelles, il se demande s’il doit acheter aujourd’hui ou attendre, sachant que la vente est limitée dans le temps. Après, il attend la livraison, explique Antoine Le Comte. Sur d’autres sites, une fois inscrit, il est bombardé de courriels promotionnels… »

Rien de cela sur Cheerz, assure-t-il. Son objectif principal est d’avoir le meilleur taux de rétention de consommateurs. Avoir moins de clients moins rapidement, mais avoir des clients qui ont fait le choix de Cheerz volontairement et qui savent pourquoi il y reste. « Tout commerçant doit rassurer son client en permanence », explique Antoine Le Conte.

DU MARKETING ET UNE APPROCHE INDUSTRIELLE

Capture d’écran 2016-02-01 à 17.15.39.pngUne pure démarche de marketing direz-vous. Voire, car pour y parvenir, l’entreprise a développé un véritable savoir-faire, notamment pour développer une appli impeccable et assuré un service de livraison le plus efficace. Rien n’est laissé au hasard, Cheerz utilise l’API de Facebook, Instagram et consorts pour qu’il soit simple d’imprimer toutes les photos.

Comment se passent les relations entre la start-up et le réseau social mondial ? Très bien assure Antoine Le Conte, selon lequel les équipes de Facebook leurs apportent parfois de précieux conseils : « ils nous disent d’utiliser telle fonctionnalité de l’API, nous donnent des idées de ce qu’il est possible de faire », assure le co-fondateur.

Autres partenaires de taille plus modestes : deux laboratoires de développement photographique (l’un argentique l’autre numérique) indépendants qui utilisent un outil de gestion de production (Print Connector) développé par les équipes de Cheerz. « C’est indispensable pour être rapide aujourd’hui », estime Antoine Le Conte. Idem pour l’API développée avec La Poste grâce à laquelle Cheerz peut affranchir directement ses produits. « L’attente entre la commande et la livraison est critique pour 100 % des clients. Il faut être le plus rapide possible », poursuit-il.

Autre point soigné par les entrepreneurs : les offres proposées. Au XXIème siècle, développer une photo ne se fait pas seulement sur papier pour coller dans l’album de grand-maman. On imprime des magnets ou sous forme de bandes comme les photomatons d’antan, livrées dans un joli étui de papier cartonné. Pour ranger les photos, qui conservent une part d’intimité, les étuis sont soignés, avec des design originaux, régulièrement renouvelés. Ce n’est pas un hasard si l’entreprise a intégré un studio de création graphique.

UNE BANDE DE JEUNES

Enfin, bien dans leur temps, les réseaux sociaux, Facebook et Twitter sont utilisés comme de puissants outils de communication. Le client moyen de l’entreprise a le même âge environ que l’équipe qui la compose : une petite trentaine. Cette connivence est un atout pour le moment, comme en témoigne cette vidéo où Cheerz propose aux internautes de prendre des photos pour décorer ses locaux flambants neufs au centre de Paris. C’est aussi sur Facebook que Cheerz conquiert de nouveaux clients, la plateforme s’affiche comme le troisième client de la catégorie commerce électronique pour l’achat d’espaces publicitaires.

TALK 4 : LA REPRISE D’ENTREPRISE

>> Christian Morel, président du CRA (Cédants et Repreneurs d’Entreprises)

CRA – Association sans but lucratif créée en 1985

  • Son objet est de favoriser la cession et transmission d’entreprise de PME/PMI d’une valorisation comprise entre 300.000 € et 5.000.000 €, pour un effectif de 5 à 100 salariés.
  • Le CRA propose également des affaires en franchise qui offrent, pour certaines d’entre elles, la possibilité d’accès à des affaires de faible valorisation.
  • 220 bénévoles, anciens dirigeants et patrons d’entreprise, siège à Paris, 72 délégations régionales
  • depuis sa création, plus de 13 000 dirigeants ont confié leur entreprise à vendre au CRA et plus de 30 000 personnes cédants ou repreneurs ont adhéré à l’association.
  • Plus de 2 affaires sur trois aboutissent à une transaction
  • L’association compte actuellement plus de 2000 adhérents, cédants ou repreneurs.
  • Implanté en Suisse, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne

DANS LES ÉCHOS – Pas si simple de trouver une entreprise à racheter !

rachat-entreprise.jpgLes repreneurs sont deux fois plus nombreux que les cédants. La reprise est privilégiée par les cadres expérimentés.

Chiffre d’affaires, marchés, clients, savoir-faire… « Dans un monde où tout bouge avec fulgurance, racheter une activité est un bon moyen de gagner du temps », plaide Christian Morel, président de l’association CRA (Cédants & Repreneurs d’Affaires).

Selon l’observatoire du CRA, environ 45.000 entreprises apparaissent sur le marché de la transmission chaque année, parmi lesquelles 90 % de commerce et 75 % de TPE. L’observatoire de la BPCE a, lui, comptabilisé 16.347 cessions-transmissions de PME et ETI en 2013. Un chiffre relativement faible mais qui, selon les observateurs, devrait augmenter. (…)

Reprendre plutôt que créer est, avant tout, une option privilégiée par les anciens cadres d’entreprise. Selon une étude de la BPCE, les repreneurs ont 46 ans en moyenne, sont bien formés (32 % sont ingénieurs, 26 % sont issus d’une école de management) et expérimentés (28 % des repreneurs ont même déjà repris ou créé auparavant). Aller sur un terrain connu est un gage de sérieux, et permet de limiter les risques, selon Gilles Lecointre, fondateur du cabinet spécialisé Intercessio. Toutefois, il prévient : « Cadre dirigeant et entrepreneur d’une entreprise, ce n’est pas la même chose. Selon moi, les repreneurs ne se forment pas assez en amont à leur futur métier. » Un leitmotiv pour les structures d’aide à la reprise… « Je suis étonné qu’il y ait si peu de gens dans les formations du CRA, par exemple, renchérit Damien Noël, de Fusacq. Sous prétexte qu’ils dirigeaient une business unit, les repreneurs sous-estiment le conseil et la formation. »

Les meilleurs dossiers s’arrachent

Mais une fois la décision prise, encore faut-il trouver la pépite ! Les repreneurs mettent jusqu’à vingt-quatre mois pour trouver et reprendre une affaire. Dans certaines régions, le marché est même tendu. En Provence-Alpes-Côte d’Azur notamment où les candidats se bousculent, espérant faire d’une pierre deux coups en s’offrant un nouveau job et une vie au soleil. Mais la quête est complexe. « Les meilleurs dossiers s’arrachent par le bouche-à-oreille », constate Christophe Sivelle, responsable des transmissions à l’Institut régional pour la création et le développement des entreprises (Irce). (…) Enfin, une fois la cible identifiée, vient l’épineuse question de l’évaluation et du financement. Les repreneurs peuvent bénéficier d’aides spécifiques plus importantes que pour une création (prêt du Conseil régional PACA jusqu’à 150.000 euros, prêt de Réseau Entreprendre de 90.000 euros, fonds d’investissement dédiés à la transmission).

>> Aurélia Rayé, présidente de PIJAPLAST- elle a reprise l’entreprise début 2010 alors qu’elle y était responsable de production

pijaplast.pngActivité: fabrication de bouchons en plastique
Date de création: 1953
Lieu: Saint-Quentin-Lamotte (80)
Effectif: une vingtaine

Dans Le Courrier Picard – Pijaplast veut pousserle bouchon toujours plus loin

Dans l’atelier de Pijaplast on réalise les rêves les plus fous des designers. Ici, les bouchons qui ornent les élégants flacons des plus grandes parfumeries françaises n’ont plus de secret. Environ cinq millions de pièces sont fabriquées tous les ans par l’entreprise. « La croissance n’est pas faramineuse, mais nous en avons une. Ce qui n’est déjà pas si mal quand on connaît la conjoncture actuelle », plaide Aurélia Rayé, 42 ans, la dirigeante de Pijaplast. Pour continuer son développement, l’entreprise a quitté ses locaux de Woincourt, où elle avait été fondée en 1953. Elle a pris possession, pendant l’été, d’un bâtiment flambant neuf installé sur le parc environnemental d’activités de Gros-Jacques, à Saint-Quentin-Lamotte. « Nous avons doublé la surface de production et disposons désormais de 1 750 m². Cela représente un investissement de plus d’un million d’euros»

Devant les machines, blouses et charlottes sur les cheveux, les salariés façonnent des séries allant de 2 000 à 200 000 pièces. Des bouchons simples, comme d’autres plus complexes, dont le prix unitaire varie de 30 centimes à 1,50 €. Car Pijaplast propose à ses clients de les décorer en utilisant plusieurs techniques comme le marquage à chaud ou le parachèvement. « Nous nous adaptons aux demandes et investissons si nécessaires dans de nouvelles machines, précise Aurélia Rayé. Il nous reste encore de la place pour investir et en installer. Tout dépendra des marchés qui se présenteront dans le futur. »

L’entreprise du Vimeu complète son activité avec d’autres services en fabriquant des pièces pour la bureautique, la robinetterie, la serrurerie, le bâtiment ou encore l’électronique. Pour l’heure, Pijaplast ne travaille qu’avec le marché français, « faute d’être structuré pour l’international. Tout est question d’opportunité. »

Mais le développement de l’entreprise est aussi lié aux possibilités de recrutements. La gérante cherche actuellement deux salariés pour occuper des postes de régleur et d’encadrement. Sans succès. « C’est difficile de trouver des salariés efficaces et bien formés. Il y a un manque de formation dans la plasturgie par rapport aux besoins. » Le secteur qui a pris son essor dans les années 60 et 70 voit actuellement les salariés des débuts partir à la retraite, sans être remplacés.

>> Thibaut Dubus, co-gérant de Nervet-Brousseau – il a repris la société en 2012 avec son épouse Marianne Heitz.

Capture d’écran 2016-02-01 à 17.05.59.pngNERVET-BROUSSEAU

Activité: installations et maintenance de chauffage, climatisation, ventilation, plomberie
Date de création: 1947 par Monsieur Nervet 
Lieu: Epernon (28)
CA: près de 5 millions €
Effectif: 41

Thibaut Dubus et Marianne Heitz ont repris l’entreprise en 2012. La reprise s’est déroulée sur une année dans les meilleures conditions de confiance réciproque (existence d’un crédit vendeur) entre personnes du même métier. Les nouveaux dirigeants ont réussi à optimisé la rentabilité de l’activité. Ils ont mis en place une politique dynamique de ressources humaines (délégués du personnel, réunions mensuelles entre la direction et les délégués, contrats d’intéressement aux résultats, formation renforcée, contrats d’alternance (20% des effectifs). Il est projeté un CA de 8 à 9 millions € à horizon 2020 avec une progression de rentabilité de 7 à 8%.

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