Un nouveau départ pour Qobuz! C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

BFM-BU-RADIODans le Business Club de France | Uniquement sur BFM Business Radio

→ Diffusion : samedi 16/01/2016 à 7h | dimanche 17/01/2016 à 15h

Talk 1 : QOBUZ a trouvé son repreneur: Xandrie, spécialiste du divertissement digital

Talk 2 : Focus sur l’économie collaborative: état des lieux, tendances, modèles

Talk 3 : La Fabrique d’AVIVA déniche et soutient 200 projets utiles et innovants

Talk 4: Le rendez-vous du médiateur des entreprises, avec Pierre Pelouzet

Talk 1: QOBUZ & XANDRIE, avec Yves Riesel, cofondateur de Qobuz et Denis Thébaud,  président de Xandrie SA

Pour écouter, réécouter et télécharger cette interview:

qobuzQobuz, le site de musique en ligne haut de gamme, aborde un nouveau départ depuis le 29 décembre. Placé en redressement judiciaire depuis novembre, le site a été repris par Xandrie, spécialiste du divertissement digital. 

« Aujourd’hui, à travers allbrary et Qobuz, nous proposons des expériences uniques avec une offre complète de produits digitaux : eBooks, Musique, Films & Séries, Jeux vidéo, Logiciels, Création digitale, Presse & Magazines, Partitions musicales » annonce Denis Thébaud, président de Xandrie.

xandrieSerial entrepreneur et figure incontournable du divertissement en France, Denis Thébaud a créé 17 entreprises. Il commence par fonder Innelec en 1983, aujourd’hui n°1 français de la distribution multimédia (Jeux Vidéo, Accessoires, D.V.D. Vidéo, Blu-ray, C.D. Audio). Aujourd’hui, le groupe THEBAUD est investi dans divers sociétés dans le domaine du divertissement et des technologies, notamment : Acsys, Focus Home Interactive, IDM, Innelec Multimédia, Konix, MDA, Nitroserv, Numecent, Numeric Pipeline, Xandrie SA (allbrary).

DANS LES ÉCHOS: « Le tribunal de commerce de Paris a nommé Xandrie comme repreneur des actifs de Qobuz », a déclaré Denis Thébaud, PDG et actionnaire majoritaire de Xandrie, précisant que les dettes ne seraient pas reprises. La société, qui édite Allbrary, site de téléchargement de livres électroniques, de logiciels ou encore de partitions musicales, était en concurrence pour la reprise de Qobuz avec l’offre du site de vente en ligne de matériel hi-fi SonVideo.com associé à l’homme d’affaires Henri de Bodinat.

Mais Xandrie était le mieux placé financièrement et le favori du personnel de Qobuz. Un choix judicieux : l’offre de Xandrie propose de garder « quasiment tous les salariés », soit « une quarantaine de personnes ». La société est prête à assumer 3 années de pertes – représentant « quelques » millions – de Qobuz pour un retour dans le vert en 2019. Elle a aussi tablé sur un investissement en marketing et en renforcement de l’outil technologique de plus de 10 millions d’euros.

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« Ce qui compte maintenant c’est l’avenir de l’entreprise », a ajouté Denis Thébaud, estimant que Xandrie a « compris le potentiel » de Qobuz, qui propose un modèle payant depuis sa création et donne la priorité à la qualité du son (qualité CD puis haute résolution) et de l’offre musicale, avec beaucoup de contenus exclusifs et un catalogue faisant la part belle au classique et au jazz.

Le repreneur compte également investir pour mieux faire connaître la marque et « pour faire évoluer le produit », tant dans sa version sur ordinateur que sur téléphone portable. Il souhaite aussi « le développer à l’international », l’Allemagne et le Royaume-Uni étant désignés comme les deux marchés prioritaires.

Yves Riesel, jusqu’ici PDG de Qobuz, a précisé qu’il accompagnerait la nouvelle direction pendant une période de transition. S’il est soulagé de la solution trouvée, il se dit toutefois amer que Qobuz n’ait « pas trouvé de financement pour se développer avec ses fondateurs », convaincu que des « PME culturelles » ont toute leur place sur internet, à côté des géants tels que Deezer et Spotify.

Après deux levées de fonds d’un total de 13 millions d’euros auprès des fonds de capital-risque Innovacom et Sigma Gestion, le site créé en 2008 n’avait en effet pas réussi à boucler un nouveau tour de table . Qobuz avait alors été placé en redressement judiciaire le 9 novembre, après une période d’observation de plus d’un an au cours de laquelle aucun repreneur ne s’était manifesté. (article intégral sur Les Echos)

YVES RIESEL explique les raisons des difficultés de Qobuz

« L’ensemble des services de musique en ligne français sont morts, parce qu’Orange a passé son temps à donner la musique au lieu de la vendre » tonne Qobuz. En cause, l’intégration gratuite ou à prix réduit de Deezer dans les forfaits Orange, qui aurait à la fois rétréci le marché du streaming par abonnement et découragé les utilisateurs à payer. La start-up n’hésite d’ailleurs pas à tacler son concurrent dès qu’elle en a l’occasion. L’imagerie des mastodontes du streaming, centrée sur les jeunes nomades, aurait aussi contribué à rendre le marché « illisible ».

qobuzL’accord Deezer-Orange « a occasionné un retard à l’allumage du marché français, qui n’a pas attiré assez d’abonnés payants » estime Yves Riesel. « La grosse difficulté de tous les acteurs dans ce métier, c’est le recrutement des clients » poursuit-il. Pour cela, deux méthodes existent selon lui : engranger des millions d’utilisateurs gratuits dont une petite partie finira par payer un abonnement, comme Deezer et Spotify, ou recruter des abonnés payants dès la première écoute, en misant sur la qualité du service. La première méthode, qui induit une grande part d’utilisateurs gratuits, demande des moyens colossaux que Qobuz ne peut pas se permettre.

Difficile, donc, de lutter, estime l’entreprise, surtout quand la musique en ligne est dominée par des géants, loin de l’artisan Qobuz. « On est une entreprise à l’ancienne : raisonnable, qui vise la rentabilité, qui ne raconte pas des cracks. On ne sait pas le financer » alors que des concurrents aussi peu rentables, comme Deezer ou Spotify, voient leur stratégie financée avec des ambitions démesurées, estime la société. « Vous passez pour un ringard ! Soit vous n’êtes pas assez petits, soit pas assez gros. C’est burlesque » se désole son PDG.

Malgré ces difficultés, Qobuz croit encore à son modèle, notamment à la segmentation des usages selon les utilisateurs. Une idée que les investisseurs ont peu acceptée, alors que les principaux services de streaming proposent une offre unique pour tous. « Il était impossible de faire comprendre le business aux financiers français. Ils ne voyaient pas que le marché de la musique en ligne allait se segmenter » estime Yves Riesel. Pourtant, cette segmentation existerait déjà bien pour le service.

« Nous disions aux investisseurs que nous nous adressons à des gens différents, avec des valeurs différentes. Ils n’y comprenaient rien ! D’autres leur expliquait que la musique, c’était pour les jeunes, etc. » résume-t-il. Dans sa dernière enquête, Qobuz a déterminé que 44 % de ses utilisateurs ont entre 40 et 60 ans. Ils écouteraient en majorité du rock de leur jeunesse en streaming, plutôt que du jazz ou du classique. Les moins de 35 ans, eux, préfèreraient le téléchargement de musique en haute-fidélité, surtout en électro. Des résultats « étonnants » qui montrent des usages différents selon l’âge. (…)

S’il maintient que le modèle est bon sur le fond, le service admet des erreurs dans la forme. L’un des problèmes est le centrage autour de l’album plutôt que la piste, qui est le standard des autres services de streaming.  « C’est ce qui fait que des gens qui sont habitués à Deezer ou Spotify sont mal à l’aise chez nous. Vous devriez pouvoir configurer votre appareil pour être sur la piste estime la société », qui compte faire évoluer son offre dans ce sens. Sur le streaming, Qobuz propose aussi des sélections fixes, là où les autres services misent sur une personnalisation à l’extrême, par exemple via des listes de lecture de suggestions.

Malgré ces manques, le site et les applications ont fortement évolué dans l’année écoulée, par exemple avec de nouvelles versions mobiles, l’arrivée de la lecture Flac en HTML5 ou le support du Chromecast. Pour Yves Riesel, Qobuz ne devra pas se différencier par le catalogue à l’avenir, mais par la qualité du service, adapté à chaque utilisateur. « Peu importe la qualité de notre application, nous sommes condamnés à être comparés à Spotify. Le but est donc de proposer ce que les autres ne proposent pas. Si Qobuz a un usage différent, qui correspond à la demande, alors les gens nous choisirons ! » juge-t-il.

Proposer plus de services est passé par l’internationalisation pour Qobuz, actuellement présent dans neuf pays. « Nous n’avions pas l’argent pour ouvrir à l’étranger mais nous l’avons quand même fait, parce que nous en avions absolument besoin pour faire avancer le produit » explique la société. La cause : les partenaires comme les systèmes audio connectés, qui n’intègreraient pas le service s’il n’était présent qu’en France. La société reste tout de même très dépendante de l’Hexagone, qui représente toujours les deux tiers de son chiffre d’affaires.

La pire chose est d’avoir raison trop tôt. C’est ce qu’on mettra sur ma tombe ! » ironise finalement Riesel. (article intégral sur Nextinpact)

L’AVENIR DE QOBUZ

the world is listeningDans les faits, Qobuz ne devrait pas changer si rapidement pour les utilisateurs. La semaine dernière, le service expliquait qu’il souhaitait une transition transparente, tant sur la plateforme que sur son contenu. Un distributeur a pourtant récemment retiré les albums de 20 labels, à la suite de l’annonce du redressement. Une situation qui devrait être bientôt résolue, nous promet-on.

Pour la suite, le service devrait évoluer pour devenir plus flexible, pour s’adapter à plus de publics. Comme nous l’expliquait Yves Riesel, Qobuz devrait ainsi permettre plus facilement d’explorer le catalogue par titre, plutôt que par album, comme aujourd’hui. Il compte aussi se différencier par la qualité de service, qui est aujourd’hui l’une de ses faiblesses, malgré quelques innovations comme la lecture haute fidélité (Hi-Res) sur Chromecast.

De son côté, le fondateur de Qobuz continuera à accompagner sa création, « pas en interne, pas au quotidien, en veillant que les éléments de stratégie soient bien définis et en aidant à les faire mettre en place ». Pour la suite, « je créerai une nouvelle start-up  – mais pas avant l’âge de 70 ans, car je me suis aperçu que j’avais encore des choses à apprendre. Et pas dans la musique. Enfin, on dit ça, et après… ». (article intégral sur Nextinpact)

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