Délais de paiement: 15 milliards € manquent dans les caisses des PME! C’est dans le Business Club (podcasts)

Publié le Mis à jour le

BFM-BU-RADIODans le Business Club de France | BFM Business Radio

→ Diffusion : samedi 4/7/2015 à 7h et dimanche 5/7/2015 à 15h

EMISSION SPÉCIALE MÉDIATION INTER-ENTREPRISES / PRIX DES DÉLAIS DE PAIEMENT

LES DÉLAIS DE PAIEMENT, FLÉAU NATIONAL
Quel est le constat? Comment y remédier? Qui sont les « bons élèves »?

NOS INVITÉS:

  • Jean-Hervé Lorenzi – Président de Finance Innovation
  • Pierre Pelouzet – Médiateur national interentreprise
  • Jean-Baptiste Nicolas – Directeur des Finances et des Achats, Mairie de Paris
  •  Christophe Eouzan, Directeur comptable du Groupe Orange
  • Jean François Rideau – Directeur Adjoint de la plateforme Achats Finances Sud Est du Ministère de la Défense 
  • Marie-Noëlle Rigollot – Vice-présidente du Conseil départemental de l’Aube 
  • Pierre Philippe, Directeur Général Les vignerons de Buzet

→Pour écouter ou réécouter l’émission : 

La situation de la trésorerie de son entreprise est au cœur des préoccupations du chef d’entreprise. Le respect ou non des délais de paiement a un impact important sur la vie économique de notre pays.

QUELQUES CHIFFRES ET FAITS

  • En 2014, 63 000 entreprises déposaient le bilan, dont 25% pour cause de retard de paiement. Les plus touchées sont les PME,particulièrement dépendantes de leur trésorerie. Malgré la mise en place de la loi LME, un tiers des organismes règlent encore leurs factures (ou sont réglées) à plus de 60 jours !
  • La Médiation publie son premier indicateur trimestriel du comportement des 120 plus grands donneurs d’ordre en France: le montant total des retards de paiement réalisés s’élève à près de 4 milliards d’euros à la fin du mois d’avril. Et le chiffre est en augmentation par rapport à l’année dernière (3,337 milliards d’euros calculés en avril 2014 pour 3,972 milliards d’euros cette année).
  • 13 jours de retard en moyenne
  • Le crédit interentreprises reste le premier mode de financement des entreprises (5 fois plus important que les crédits bancaires à court terme). Il est estimé à plus de 635 milliards € / an soit environ 30% du PIB français.

LES PRIX DES DÉLAIS DE PAIEMENT

La 2ème édition des Prix des Délais de Paiement a eu lieu lors des Assises des Délais de Paiement le vendredi 19 juin à Bercy. Ces prix récompensent les entreprises et organismes publics ayant les pratiques de paiement fournisseurs les plus vertueuses. 

LAURÉATS 2015

  • PRIX SPÉCIAL DU JURY: Mairie de Paris
    La Mairie de Paris est passée de 45 jours de délai de paiement en 2011 à moins de 20 jours aujourd’hui! Comment? « On a centralisé les opérations, dématérialisé les factures, investi dans la formation de nos agents. Nous avons modulé les primes collectives de nos équipes en fonction des délais de paiement. Depuis que nous avons réduit ces délais, nous recevons plus d’offres! » nous dit Jean-Baptiste Nicolas.
  • PRIX ETI GRAND GROUPE : Orange
    Orange réglait ses factures à 80 jours en 2009, contre 52 jours aujourd’hui. Avec 13 000 fournisseurs et un volume d’achats de 7,5 milliards €, c’est une organisation complexe. C’est l’amélioration de la coordination entre les services, l’automatisation de certaines tâches qui a permis cette réduction des délais.

  • PRIX ORGANISME PUBLIC: Plateforme Achats Finance Sud Est du Ministère de la Défense
    « Les délais de paiement, c’est une obsession pour nous » dit Jean-François Rideau, directeur adjoint de la plateforme Achats Finances Sud Est du Ministère de la Défense. En 2009, on était à 45 jours (ce qui est réglementaire), aujourd’hui on est à environ 25 jours. Nous avons instauré le système de « carte achat », qui permet aux acheteurs d’être crédités sous 4 jours du montant qu’il veulent dépenser. On suit de très près, grâce à des indicateurs, le respect des délais!
  • PRIX COLLECTIVITÉ TERRITORIALE : Département de l’Aube
    « Nous sommes à environ 19 jours! La dématérialisation des procédures a été la clé pour nous. Elle permet aussi de diminuer les coûts (papier, affranchissement) » nous dit Marie-Noëlle Rigollot, vice-présidente du Conseil Départemental de l’Aube
  • PRIX PME: Les vignerons de Buzet
    « Dans le privé, nous avons des volumes d’achats plus faibles, et sommes en moyenne à 45 jours de délai de paiement, la plupart de nos échéances étant à 60 jours » précise Pierre Philippe, DG des Vignerons Le Buzet

LES GRANDES ENTREPRISES PAYENT AVEC 13 JOURS DE RETARD

C’est la moyenne dégagée par le premier indicateur sur les retards de paiement des 120 plus grandes entreprises françaises, publié par la Médiation inter-entreprises et Altares. L’exercice sera reproduit chaque trimestre.

La Médiation inter-entreprises (MIE) a soufflé ses cinq bougies ! 5 années au cours desquelles elle a cherché à faire baisser les délais de paiement entre fournisseurs et donneurs d’ordre. Bien décidée à ce que changent – enfin – les comportements, elle entame sa sixième année en présentant le premier indicateur trimestriel du comportement des 120 plus grands donneurs d’ordre en France. Les chiffres ne sont pas bons… Le montant total des retards de paiement réalisés s’élève à près de 4 milliards d’euros à la fin du mois d’avril. Et le chiffre est en augmentation par rapport à l’année dernière (3,337 milliards d’euros calculés en avril 2014 pour 3,972 milliards d’euros cette année).

Ces entreprises ne payent pas leurs fournisseurs correctement », lance Thierry Millon, directeur des études d’Altares, en charge de l’indicateur trimestriel pour la MIE. Elles accusent un retard de 13 jours en moyenne par rapport aux délais fixés par la loi LME (45 jours fin de mois ou 60 jours à compter de la date d’émission de la facture). Ce qui ferait des entreprises de l’Hexagone les championnes européennes en la matière, analyse l’indicateur.

Le nombre de jours retard de paiement augmente en fonction de la taille de l’entreprise
10,5 jours Artisans Commerçants
12,5 SARL
14,4 SA   

Certaines entreprises vont même « bien au-delà », avance Thierry Millon. Avec des retards pouvant culminer à 50, voire 60 jours, précise Pierre Pelouzet, le médiateur national des relations inter-entreprises. Ce qui permet de conclure que neuf entreprises sur dix en France – ETI et grandes entreprises – règlent leurs fournisseurs avec retard.

Loin devant l’Allemagne où seulement quatre entreprises sur dix ne jouent pas le jeu. Mais ce qui nous situe presque dans la moyenne européenne – qui s’élève à huit sur dix. Entre maladresse et malhonnêteté Pour Thierry Millon, « les comportements sont variables selon la nature de l’entreprise avec laquelle ils [les donneurs d’ordre, ndrl] travaillent ». Les « fournisseurs stratégiques » seraient payés en temps et en heure, analyse-t-il. Au contraire, les donneurs d’ordre se montreraient « moins courtois, moins assidus », vis-à-vis de « fournisseurs de seconde génération », avance-t-il. Autre analyse portée par Pierre Pelouzet, celle d’un comportement plus ou moins volontaire. Certaines entreprises utiliseraient des systèmes de facturation tellement compliqués qu’elles-mêmes « n’arriveraient plus à suivre ». Le processus de règlement de la facture « prendrait plus de temps que le temps légal », estime-t-il. D’autres, au contraire, tenteraient « sciemment de se faire du cash sur le dos de leurs fournisseurs », lâche-t-il. A titre d’exemple, il note la panne informatique de fin d’année qui arrive juste à temps pour améliorer les ratios financiers de l’entreprise et faire plaisir aux actionnaires. Tous les secteurs ne peuvent, cependant, être logés à la même enseigne. « C’est dans les services que l’on retrouve les plus mauvais payeurs », selon Thierry Millon. L’industrie « respecte plutôt ses engagements », même si cette affirmation ne se vérifie pas pour toutes, poursuit-il. Enfin, et contre toute attente, le « bâtiment est le secteur le plus vertueux ». Sans doute parce qu’on y retrouve beaucoup de PMEDans l’optique de rendre publics les comportements des retardataires, le Premier Ministre, Manuel Valls, a annoncé, mardi (16 juin), que les sanctions administratives instaurées par la loi Hamon seraient publiées pour les grandes entreprises. (article complet sur Net PME)

DÉLAIS DE PAIEMENT: LES PME COURENT TOUJOURS APRÈS 15 MILLIARDS D’EUROS

Les retards dans le règlement des factures sont un fléau menaçant chaque jour la survie des petites entreprises. Malgré des alertes récurrentes, trop de grands groupes négligent encore de payer leurs fournisseurs dans les temps.

Le sujet n’est pas nouveau mais il ne s’arrange guère. Les derniers chiffres de l’étude AgileBuyer-HEC* publiés lundi 5 janvier montrent que la question des retards de paiement n’est pas réglée. Interrogés dans cette enquête, les directeurs d’achats entreprises ne sont que 44% à considérer le respect des délais de paiement comme un objectif.

Un chiffre effarant qui témoigne d’un manque de responsabilité envers les autres maillons de la chaîne économique. « Il y a encore beaucoup de choses à faire pour gagner la bataille, concède Pierre Pelouzet, médiateur inter-entreprises. 25% des dossiers qui arrivent sur mon bureau concernent cette question des factures non réglées. »

 En France, la moyenne des retards – au-delà du délai légal – se situe à douze jours. Et c’est plus de 15 milliards d’euros qui manquent dans les caisses des petites entreprises. Pour un patron, ne pas être payé à temps constitue une véritable crainte, à plus forte raison s’il est à la tête d’une PME. « Les petites structures sont évidemment les plus exposées et les plus fragiles, poursuit le médiateur. Un quart des faillites d’entreprises est lié à des manquements dans les règlements de la part des clients. »

La parabole de David et Goliath ne s’applique pas au monde des affaires et le petit terrasse rarement le géant peu scrupuleux ou coupablement oublieux. « On distingue deux cas de figure : les entreprises qui oublient volontairement de régler, notamment en fin d’année lors du bouclage de la trésorerie et ceux qui ne prennent pas en compte les problématiques de leurs fournisseurs car ils souffrent eux mêmes de la lourdeur administrative, faisant subir une pression parfois terrible à leurs partenaires », poursuit Pierre Pelouzet.

Comme le précise l’étude AgileBuyer : « Ces entreprises raisonnent à « courte vue » et les petites optmisations ponctuelles de cash conduisent à une forte détérioration de l’image de l’entreprise en tant que client. » L’étude précise même que pour les services achats, « un suivi rigoureux des délais de paiement est un facteur de forte maturité ».

Le dialogue plutôt que la sanction

Face aux difficultés, les petites entreprises peuvent donc saisir la médiation inter-entreprises. Pierre Pélouzet vante les vertus du dialogue et de l’échange plutôt qu’un arsenal de sanctions. « Les gens ne comprennent pas toujours leurs enjeux et intérêts respectifs et peuvent changer de comportement en fonction du poste qu’ils exercent », poursuit l’homme habitué de ces rencontres de conciliation.

Les sanctions financières existent depuis le 1er janvier 2009 et ont même été renforcées par la loi Hamon de mars 2014 mais elles supposent d’avoir intenté une action judiciaire, ce que les entreprises font rarement par crainte de se fâcher avec leurs clients. » Ce sont donc les mentalités qu’il faut faire changer, sans délai… (Les Echos)

DÉLAIS DE PAIEMENT: BERCY VEUT REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE

Contrôles renforcés, inscription d’indicateurs dans le rapport de gestion des entreprises, recours plus systématique à la facturation électronique… Le gouvernement veut pousser les sociétés à être plus vertueuses dans leurs rapports clients-fournisseurs. (…) « Si les délais de paiement se sont sensiblement améliorés grâce la loi de modernisation de l’économie de 2008, nous sommes arrivés à un plateau depuis 2011, constate Stanislas Martin, chef du service de la protection du consommateur et de la régulation des marchés à la DGCCRF. Or, il s’agit d’un enjeu économique global de plus de 10 milliards d’euros pour les entreprises ». (…)

Pour tenter de remédier à cette situation, Bercy lance une batterie de mesures, accompagnées d’un décret sur « la transparence des délais de paiement » dont la sortie est prévue d’ici l’été. Le gouvernement envisage notamment de demander aux entreprises d’inclure dans leur rapport de gestion des données relatives aux délais de paiement. Une disposition qui entrera en vigueur progressivement à partir des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2016.

Au rang des mesures dissuasives, la DGCCRF veut passer à la vitesse supérieure en réalisant 2.500 contrôles en 2015, dont 70 sur de grandes entreprises. « Entre 2010 et 2014, le taux d’entreprises en anomalie est passé de 57 à 41 %, précise Stanislas Martin. Mais ce chiffre est encore trop élevé et certains manquements sont persistants ». Pour mener à bien ses contrôles, la DGCCRF compte s’appuyer sur l’arsenal de sanctions administratives prévues par la loi sur la consommation, dite « loi Hamon », du 17 mars 2014 . « Actuellement, 70 procédures sont en cours, révèle Stanislas Martin. Nous voulons mieux cibler nos contrôles et n’hésiterons pas à sanctionner si nous constatons que les retards de paiement font partie intégrante de la politique de l’entreprise. En cas de manquement grave, de réitération ou d’absence de réaction après injonction, nous nous réservons le droit de rendre public cette sanction afin que les mauvais payeurs puissent être facilement identifiés ». Une politique de contrôle renforcé qui concernera désormais les entreprises publiques, qui étaient jusque-là épargnées.

Car, en matière de délais de paiement, l’Etat veut lui-même « être exemplaire » , selon le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert. Le gouvernement s’engage donc à réduire les délais de paiement de tous les acteurs publics à 20 jours d’ici 2017. Un délai que la Mairie de Paris, par exemple, est déjà en passe de respecter. Selon son sous-directeur de la comptabilité, François Desgardin, le délai de paiement moyen a été ramené de 60 à 21 jours entre 2007 et aujourd’hui. « Nous avons encouragé les équipes à l’aide d’un ensemble d’indicateurs, explique François Desgardin. Grâce à des objectifs réévalués d’année en année, nous valorisons six indicateurs d’une prime de 50 euros. Dès lors, lorsqu’un agent remplit les objectifs fixés, il est gratifié d’une prime qui peut aller jusqu’à 300 euros. Cela nous permet de les motiver à aller toujours plus loin ».

Toujours plus loin aussi dans le recours à la facturation électronique . Alors que la facture dématérialisée va devenir obligatoire pour tous les contrats publics à compter du 1er janvier 2017 pour les grandes entreprises, du 1er janvier 2018 pour les ETI, du 1er janvier 2019 pour les PME et du 1er janvier 2020 pour les micro-entreprises, le gouvernement entend obliger progressivement l’ensemble des entreprises à accepter la réception de factures électroniques grâce à une disposition inclue dans le projet de loi Macron. Une mesure qui débuterait pour les grands groupes à horizon 2017.

« En plus de réduire mécaniquement les délais de paiement, la facturation électronique permet également de diminuer le nombre de litiges et de réduire les coûts de facturation », justifie Jérôme Mandrillon, président d’honneur de l’Association des crédit managers et conseils (AFDCC). Si, selon l’AFDCC, une facture papier coûte en moyenne 10 euros, une facture électronique sous la forme d’un PDF signé ou d’EDI (échange informatisé de données) ne coûterait que 10 centimes d’euros à produire et 10 centimes à archiver. « Pour un coût de mise en œuvre moyen de 10 à 15.000 euros pour une entreprise qui émet moins de 25.000 factures par an, le retour sur investissement est extrêmement rapide », note Jérôme Mandrillon. Et pourtant, selon une étude de la DFCG, seules 24 % des grandes entreprises et 15 % des PME seraient d’ores et déjà équipées. (Article complet sur Les Echos)


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