BeaM: le pionnier de l’impression 3D métallique prend son envol. C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

Radio OnlyDans le prochain Business Club de France | BFM Business Radio

→Diffusion : samedi 9/5/2015 à 7h et dimanche 10/5/2015 à 15h

AU SOMMAIRE

Talk 1BALYO robotise les entrepôts!

Talk 2BEAM veut devenir le numéro 1 mondial de l’impression 3D métallique

Talk 3 : PAPIER D’ARMÉNIE: la belle histoire d’une entreprise familiale 100% française

Talk 4 : MÉDIATION : Les retards de paiement, problème récurrent dans le BTP

__________________________________________

TALK 2 – BeaM, avec Emmanuel Laubriat, président

Pour écouter, réécouter ou télécharger cet entretien:

[audio http://podcast.bfmbusiness.com/channel151/20150509_club_1.mp3]

 

logobeamBeaM est à la fois fabricant d’imprimantes 3D et de pièces métalliques par empilement de matière. Fin décembre 2014, la société a levé 1 million € auprès de cinq entrepreneurs de renom, dont Philippe Varin, ex-président du directoire de PSA, et Hervé Guillou, le nouveau PDG de DCNS (leader mondial du naval de défense), pour poursuivre ses efforts de R&D, procéder à au moins quinze embauches pour compléter l’effectif actuel de huit salariés et de s’installer en location dans de nouveaux bâtiments.

Selon une étude McKinsey, d’ici à 2025, l’impression 3D – technologie encore très immature – aura un impact global compris entre 230 et 550 milliards de dollars. (Source: Le Nouvel Economiste)

 » Il a fallu 20 ans à cette société spécialisée dans le soudage, la découpe et le marquage au laser pour mettre au point leur process. Le fonctionnement : leur machine fait fondre de la poudre de métal qui par empilement crée la pièce complète. La vraie avancée de leur procédé est qu’il permet d’ajouter des éléments à une base existante, et donc par conséquent de réparer les pièces. Deux conséquences de taille pour les clients : la durée de vie des pièces est rallongée et les coûts sont revus à la baisse. Pour l’heure, à cause des coûts élevés des matériaux utilisés comme le titane et le nickel , le marché est encore réservé aux industries aéronautique, nucléaire et militaire. (France3 Régions)

CHIFFRES CLÉS

Date de création: 2012

Lieu: Illkirch (Bas-Rhin)

CA: 340 000 €

Effectif: une dizaine

Clients: industriels de l’aéronautique – comme Safran, Dassault –, du nucléaire, de la défense.

EMMANUEL LAUBRIAT sur l’OPEN INNOVATION – Tribune

emmanuel laubriatL’Open Innovation : une chance pour l’industrie française. L’exemple de l‘impression 3D.

L’Open Innovation décuple les capacités de R&D des entreprises et nous donne une force bien supérieure à celle que nous pourrions développer en interne. Sur notre marché, celui de la fabrication additive ou impression 3D métallique, nos concurrents ont des moyens bien supérieurs à nous et ils sont capables d’aligner 50, 100, 200 ingénieurs pour refaire leur retard. Si nous ne

sommes pas en capacité d’innover en permanence, nous ne pourrons pas leur résister. Pour garder notre avance dans le domaine de l’impression 3D métallique, BeAM développe un réseau de partenaires R&D et industriels  en mode Open Innovation. Nous avons la conviction que c’est comme cela que nous aurons la puissance nécessaire pour mettre au point de nouvelles applications, faire évoluer nos machines bien plus rapidement que nos concurrents. Ainsi, nous nous appuyons sur plusieurs centres de recherche mais aussi sur nos partenaires et clients, pour faire avancer nos propres technologies.

L’approche peut surprendre les industriels car avant de recevoir il faut donner, et nous partageons notre savoir-faire dans la mise œuvre de notre technologie avec certains de nos partenaires que nous appelons les partenaires « Alpha ». Avec eux, nous travaillons en mode de co-innovation.

Contrairement à certains de nos concurrents qui livrent une machine sur un mode « boîte noire » où le constructeur se réserve toute la compétence sur son paramétrage et sur l’utilisation de nouvelles poudres de métal pour l’impression, nous partageons le savoir-faire « process » avec nos partenaires

« Alpha ». Outre la formation sur la machine, nous travaillons ensemble sur la mise au point du processus de fabrication et produisons les premières pièces avec notre client ou partenaire pour lui transférer ces savoir-faire.

Partager son savoir faire pour innover plus vite

Habituellement, ces savoir-faire, pour une PME telle que BeAM, c’est de l’or et quelque chose à protéger absolument. En parallèle de notre activité de fabricants de machines, c’était aussi l’occasion de développer une activité de services à forte valeur ajoutée en gardant ces savoir-faire sur un mode défensif. Plutôt que de le protéger à tout prix, nous transférons ce savoir-faire process à des professionnels  qui affichent des compétences complémentaires aux nôtres, comme dans les domaines du numérique, du logiciel, du laser, ou même des machines. C’est au travers de leurs expertises que nous prenons bien souvent conscience des manques ou des possibilités d’évolution de nos machines vers de nouvelles applications industrielles. Cette co-innovation « multi-culturelle » nous donne bien plus de force que la R&D interne d’une entreprise qui ne cultive qu’un seul mode de pensée.  Nous collaborons ensuite avec ces partenaires pour réaliser les développements sur nos machines qui rendront possibles ces nouvelles applications. C’est un nouveau mode de penser l’innovation qui a prouvé toute sa valeur dans le secteur du logiciel, de l’Open Source, mais qui peut aujourd’hui s’appliquer au monde industriel.

L’innovation industrielle en mode « garage » devient possible

La fabrication additive va permettre de faire émerger une innovation industrielle de « garage », à l’image de la légende d’Apple né dans un garage. Désormais, on peut tout à fait imaginer que 4 ou 5 ingénieurs puissent travailler sur une innovation de rupture, créer par exemple une turbine qui consomme 30% de carburant en moins, et la proposer aux grands industriels du secteur. Avec la fabrication additive, ils pourront aller jusqu’au prototype, l’imprimer en métal, et démontrer la valeur de leur innovation aux industriels. Sur des pièces mécaniques, jusqu’à maintenant il était extrêmement compliqué d’aller jusqu’à l’objet fini, avec l’impression 3D cela devient possible.

C’est aussi ce qui va pousser les grands industriels à basculer vers l’open innovation pour sourcer ces nouvelles innovations  chez les startups, à l’instar de ce que font les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) dans le numérique. General Electric, par exemple, l’a bien compris en lançant sur le Web des concours de création de pièces en fabrication additives. Tous les inventeurs sont invités à proposer un design de pièces traditionnelles pour l’impression 3D. C’est une belle source d’innovation pour GE qui peut ainsi avoir de multiples propositions d’innovations pour un problème donné à moindre coût. Cela leur permet aussi de repérer les petites entreprises qui leur font les propositions les plus intéressantes pour éventuellement les supporter ou les racheter par la suite.

Advertisements

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s