Qwant, l’anti-Google français! C’était au Business Club (podcast)

Publié le Mis à jour le

Business Club de France | BFM Business Radio

Diffusé samedi 18/4/2015 à 7h et dimanche 19/4/2015 à 15h

Talk 1: Spartoo s’étoffe d’une marketplace et de boutiques physiques

Talk 2 : Qwant vient de lancer la nouvelle version de son moteur de recherche! 

Talk 3 : MyFox ou la sécurité par les objets connectés

Talk 4 : Le rendez-vous avec le Médiateur Inter-Entreprises

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Talk 2: Qwant, avec Jean-Manuel Rozan, président, et Eric Léandri, Directeur Général

Pour écouter, réécouter ou télécharger cet entretien :

[audio http://podcast.bfmbusiness.com/channel151/20150418_club_1.mp3]

Qwant, c’est le moteur de recherche européen « anti Google »! Mis au point en 2013, le site a lancé ce mardi 14 avril sa toute nouvelle version.

Capture d’écran 2015-04-14 à 17.19.02

QWANT EN CHIFFRES

Effectif: 50 

8 millions de requêtes par jour

1,6 milliards de requêtes en tout depuis le lancement

15 langues

Présent dans 163 pays

Google = 90% des recherches des internautes européens / 1 milliard et demi de requêtes par 24h dans le monde

LES PARTICULARITÉS

Capture d’écran 2015-04-14 à 17.20.49

Qwant, c’est le point de rencontre entre le Web et le Web social. L’interface comprend en effet quatre rubriques au sein desquelles l’internaute peut ensuite affiner sa recherche: Web, live, social et shopping.  «Web» donne des résultats de recherche classiques, «Live» donne ceux en rapport avec l’actualité, «Social» indique ce qui se raconte sur le sujet sur tous les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Tumblr, Pinterest…) tandis que «Shopping» renvoie vers des produits en rapport avec le sujet.

«Imaginez que vous allez à Bordeaux. Que vous tapiez Bordeaux aujourd’hui ou dans une semaine, Google vous donnera la même chose. Alors que s’il y a par exemple un match de foot, sur Qwant la rubrique «Live» vous en informe, vous dit quand un but est marqué, la rubrique «Social» vous montre tous les commentaires en temps réel sur le match…» détaille le co-fondateur.

«Aujourd’hui, Internet est organisé par les sociétés qui le dominent, et qui proposent des univers complets, mais mutuellement exclusifs. Google ne vous montre que ce que les gens disent sur Google+, puisqu’il ne veut pas donner du trafic à Facebook par exemple. De la même façon, Facebook ne va pas vous renvoyer vers Twitter. On considère que c’est une infraction à la liberté de l’internaute», poursuit Jean-Manuel Rozan. Lui dit vouloir «restaurer la liberté de tout voir en un clin d’œil» avec une approche «à la fois holistique et agnostique: on montre tout, et on n’a pas de préférence». (Article complet: 20 minutes)

Mais là où Qwant affiche sa différence, c’est surtout dans le refus de l’usage des «cookies de tracking». Ces petits programmes que Google installe sur l’ordinateur des utilisateurs sont supposés rendre la recherche plus efficace en enregistrant toutes leurs actions.

«Google sait tout de vous: les mots que vous cherchez, les sites que vous visitez, l’endroit où vous êtes et celui sur lequel vous avez passé votre souris. Il garde tout. Ce n’est pas notre cas : nous n’associons pas les requêtes des utilisateurs à leur adresse», explique Éric Léandri. Qwant assure ne pas conserver d’information sur ses utilisateurs.

Le modèle économique de Qwant est lui aussi très différent. Google gagne beaucoup d’argent en vendant aux enchères des mots-clés qui permettent aux acheteurs d’apparaître en tête de la recherche, dans un cartouche dédié aux liens commerciaux. Qwant, de son côté, compte se rémunérer uniquement en percevant une commission à chaque fois qu’un utilisateur ouvre un site d’e-commerce à partir de Qwant. (…)

Qwant a franchi une première étape importante, en juin dernier, en accueillant un gros actionnaire dans son capital : le groupe de presse allemand Axel Springer – éditeur du plus gros tirage quotidien européen, Bild – a pris 20 % des parts, pour un montant inférieur à 10 millions d’euros. Le groupe, en Allemagne, est en pointe dans le combat contre le monopole de Google.

Après cette opération, Qwant va devenir le moteur natif de plusieurs gros journaux allemands, lui permettant de viser mécaniquement les 15 milliards de requêtes en 2015, dix fois plus qu’en 2014. Ensuite ? «Le modèle des sociétés comme la nôtre, qui offrent des services grand public, est de procéder à des levées de capitaux successives, ce que nous allons faire», indique Jean-Manuel Rozan.

Derrière ce projet, il y a un enjeu de souveraineté. Un moteur de recherche, en effet, c’est deux choses : une bibliothèque de l’Internet et un algorithme de classement des résultats affichés lors d’une requête. À l’aide de 500 «crawlers», des robots qui balaient le Web mondial pour répertorier l’ensemble des contenus disponibles, Qwant crée sa propre bibliothèque – la seule à être basée en Europe. L’entreprise a aussi inventé son propre algorithme qui évite les travers reprochés à Google, notamment celui de favoriser ses propres services au détriment des concurrents. (Article complet: La Croix)

ACTUALITÉ

Janvier 2015 – La start-up française teste actuellement, avec le Ministère de l’Education nationale, une version « enfants » de son moteur de recherche destinée aux 3-13 ans. Qwant s’est appuyé pour cela sur une liste noire de sites, qui ne figurent pas dans les résultats de recherche ou n’apparaissent que très loin : sites violents, à caractère pornographique, mais aussi, par exemple, e-commerçants.

Qwant a aussi travaillé à partir d’une liste blanche de sites validés par le ministère de l’Education nationale, pour leurs vertus pédagogiques. Ceux-ci apparaissent dans un onglet « éducation », différent de la recherche Web générale. « Il s’agit d’un accès simplifié aux programmes éducatifs », explique Eric Leandri, co-fondateur de la société. Qwant Junior dispose aussi d’un onglet vidéo, qui propose des vidéos adaptées aux enfants issues de YouTube, Dailymotion ou encore Vimeo, d’une recherche d’images et d’articles d’actualités. Autant de versions expurgées des contenus choquants, même si des améliorations continuent d’être apportées.

« Après les essais par le ministère, le moteur de recherche va être testé par plusieurs centaines d’écoles, précise Jean-Manuel Rozan, co-fondateur de Qwant. L’objectif est de lancer la version grand public pour la rentrée de septembre, au plus tard»

D’ici là, Qwant Junior pourrait aussi être lancé au Brésil, où une liste blanche est également en cours d’élaboration. Le moteur de recherche pour enfants pourrait prendre Google de vitesse, le géant ayant lui aussi annoncé son intention de décliner son moteur pour les moins de 13 ans. Qwant ne compte pas monétiser ce service. « L’idée est plutôt de démontrer notre savoir-faire, de prouver que nous pouvons décliner notre technologie sur des verticales », dit Eric Leandri. D’autres thématiques pourraient ainsi voir le jour dans les semaines qui viennent. (Article complet: Les Echos)

OBJECTIFS

Objectif à 2018 : 25 millions d’utilisateurs uniques par mois !

La jeune entreprise prévoit d’ajouter des fonctionnalités à son moteur de recherche, notamment un service de messagerie sécurisé. Elle devrait recruter 25 personnes, principalement des développeurs, d’ici la fin de l’année pour mener ses projets à bien. En doublant ses effectifs au passage !

Pour gagner sa vie, Qwant mise notamment sur le développement d’une offre de moteurs de recherche personnalisés en marque blanche. Tel celui développé pour le Football Club de Barcelone. La jeune société compte également monétiser le trafic sur son site, en signant des partenariats avec des entreprises telles que TripAdvisor.

«Nous devrions être 100 dans six mois et 300 dans deux ans», prévoit Jean-Manuel Rozan. Les serveurs sont en France, en région parisienne. «Toute l’infrastructure nous appartient en propre», précise-t-il.

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