1914-2014: la France était-elle si différente il y a 100 ans ? C’était au Business Club!

Publié le Mis à jour le

Dans le Business Club de France | Uniquement sur BFM Business Radio

Diffusé samedi 27/12/14 à 7h et dimanche 28/12/14 à 15h

ÉMISSION SPÉCIALE

1914 – 2014 : ON REMONTE LE TEMPS !
Quelle était l’économie de la France à cette époque ? Peut-on faire des parallèles entre 1914 et 2014 ? 

Pour écouter, réécouter ou télécharger l’émission :

Partie 1:

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Partie 2:

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Partie 3:

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Partie 4:

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NOS INVITÉS

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Christine Péjaudier, présidente du Lit National – Jean Delisle, Directeur Général de La Maison Delisle – Patrick Fridenson, historien spécialiste de l’entreprise
  • PATRICK FRIDENSON, historien et spécialiste de l’entreprise, auteur du « Dictionnaire historique des patrons français »
  • CHRISTINE PÉJAUDIER,  de LE LIT NATIONAL
  • Jean DELISLE de LA MAISON DELISLE

Comment vivaient les entreprises ? Comment les entreprises, à l’époque, ont-elles traversé la première guerre mondiale ? 

Les industriels de l’époque se plaignaient du manque de financement, d’une compétitivité érodée, de concurrence déloyale, de main-d’oeuvre mal formée, sans parler des coûts de production trop élevés. C’était il y a 100 ans! Le discours actuel y ressemble étrangement…

Nous n’allons pas dans cette émission revenir les raisons qui ont entrainé cette terrible guerre qui a couté la vie à 10 millions de soldats français (voir encadré au bas de cet article). Un carnage pour la France qui compte alors 41 millions d’habitants ! Elle retrouvera ce niveau de population dans les années 50, c’est dire le temps qu’elle mettra à se remettre du conflit….

DES IMAGES DE L’ÉPOQUE

QUELQUES CHIFFRES

En 1914, avant le déclenchement du conflit, la France, majoritairement agricole, a le blues. Entre 1883 et 1913, d’après les calculs d’Angus Maddison, la croissance moyenne de l’économie française a difficilement atteint 1,6 % par an, contre 1,9 % en Grande-Bretagne, 2,2 % aux Pays-Bas et 2,8 % en Allemagne. Le made in France ne représente plus que 7,2 % des exportations mondiales, contre 8,6 % en 1900 et près de 10 % en 1890. On se rapproche des données actuelles…

L’épargne des français : En 1913,les caisses d’épargne concentrent 11 % du PIB, contre 13 % en 2013.
Des banques surpuissantes: En 1913, la capitalisation du secteur financier pèse 7,8 % du PIB, contre 7,3 % en 2013.
Un endettement préoccupant: En 1913, la charge de la dette publique représente 2,37 % du PIB, contre 2,40 % en 2013.

Une croissance atone
1870-1913: 1,40 %
1970-2013: 1,80 %

Source: L’expansion 

LE TUBE DE L’ÉPOQUE, C’ÉTAIT ÇA:

Dans ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES (extraits)

1914-2014 : cent ans nous séparent du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Alors que les commémorations du début des hostilités battent leur plein, l’étude de ce carnage qui déroba 10 millions de vies en quatre ans fait toujours l’objet de virulents débats entre historiens. Tous, cependant, s’accordent sur le basculement majeur que constitua la Grande Guerre. C’est elle qui, en interrompant brutalement le magnifique été 1914, aurait fait entrer l’histoire dans une nouvelle ère.

La République des champs

La France de 1914 compte 41.6 millions d’habitants (niveau qu’elle ne retrouvera qu’au début des années 50, c’est dire le temps qu’elle mettra à se remettre du conflit qui va éclater et qui va balayer plusieurs générations de jeunes hommes).

Seulement 44 % de la population totale est urbaine en 1911, quand ce chiffre atteint 78 % en Angleterre et 60 % en Allemagne. La structure de la population active révèle un fort tropisme agricole : près de 40 % des actifs, soit plus de 9 millions de personnes, travaillent dans l’agriculture, la pêche ou la sylviculture, alors que le Royaume-Uni, pourtant plus peuplé, n’en compte qu’un million et demi. Mais une société industrielle émerge et les ouvriers sont environ 5,5 millions.

Une aspiration au mieux vivre

Les conditions de vie sont loin des standards actuels, mais la situation amorce un tournant. Après avoir stagné autour d’une quarantaine d’années tout au long du XIXe siècle, l’espérance de vie des Français à la naissance augmente à partir des années 1890. Stimulée par la diffusion de la révolution pastorienne, les nouvelles règles d’hygiène et les progrès de la médecine (le sérum antidiphtérique a été mis au point en 1894), elle atteint une cinquantaine d’années en 1914. La mortalité infantile recule, mais son taux reste élevé : 116,7 pour mille (32 fois celui de 2005 !)

Les femmes en mode mineur : ouvrières, domestiques ou « femmes de »

Agricultrices, ouvrières du textile, commerçantes ou domestiques, au début du XXe siècle, les femmes occupent principalement quatre types d’emplois. Certains métiers sont même presque exclusivement féminins, comme ceux liés à la confection de vêtements ou à la domesticité. En 1911, dernier recensement avant la Grande Guerre, on compte 8 millions de travailleuses (contre 13 millions d’hommes). Elles représentent 37 % de la population active. C’est seulement 11 points de moins qu’en 2012 (48 %). …

L’industrie entre retard et succès

La France de 1914 est une nation plus agricole qu’industrielle. La vigne et le vin occupent plus de monde que la mécanique. Les ouvriers sont moins nombreux que les commerçants et les artisans. L’Hexagone ne pèse à cette date que 6 % de la production industrielle mondiale, bien moins que l’Angleterre (14 %), l’Allemagne (16 %) et les Etats-Unis (32 %).

On est à la fin de la Belle-Epoque, période se caractérisée tout de même par la création massive d’entreprises dans un climat d’extrême initiative. Parmi les 500 plus grandes entreprises européennes contemporaines plus de 400 sont nées à cette période. C’est l’époque où ont été créées de nombreuses grandes marques, souvent de dimension internationale, parmi lesquelles on peut citer Rolex, Renault, Bosch, Blédina, Mont Blanc, Parker, Kodak, Whirlpool, Air liquide…

Entreprendre était à la portée de tous et la réussite exceptionnelle possible comme pour ce simple pharmacien qui inventa les… Cachou Lajaunie en 1880. Souvent l’entreprise est au cœur de la ville, comme à Paris où, en 1913, cent mille entreprises emploient un million d’ouvriers.

Luttes ouvrières et luttes de classes

Pour l’ouvrier le repos dominical n’est en vigueur que depuis 1906, la journée de travail de 12 heures (8 pour les mineurs depuis 1905). De la retraite, on parle mais rien n’est fait.

La France met en place l’impôt sur le revenu bien après ses voisins européens (Grande-Bretagne, Italie, etc). Il est mis en place par Joseph Caillaux, ministre des finances, en 1914. Jusqu’en 1950 seulement 20% des foyers sont imposables.  A l’époque, 5 tranches étaient prévues : de 0,4% à 2%.

Etaient exonérés les contribuables ayant moins de 5.000 francs de revenus (au niveau du foyer). A titre de comparaison, le revenu moyen par tête en 1913 était de 900 francs. Rapporté aux revenus d’aujourd’hui, l’impôt dans sa forme de 1914 reviendrait donc à exclure les ménages gagnant moins de 110.000 euros par an.

Les débuts d’une industrie des loisirs

Dix-neuf ans après la première projection cinématographique publique au salon indien du grand café de l’hôtel Scribe, en 1895, le cinéma français s’affirme dans le paysage culturel, à mi-chemin entre l’art et l’industrie. Nombre de grands succès d’avant-guerre puisent leur inspiration dans la littérature : adaptation de volumineux classiques du XIXe siècle (Les misérables ou Quo Vadis en 1912, Germinal en 1913) ou des interminables séries de romans à succès de l’époque (tels les cinq Fantômas réalisés entre avril 1913 et mai 1914 par Louis Feuillade).

La Belle Époque voit aussi l’apparition des principaux codes qui structurent la vie en Europe (le Prix Nobel – 1901, le Tour de France – 1903…) ou qui feront l’image, souvent encore d’actualité, des pays concernés (Le Moulin Rouge – 1889, L’Olympia – 1893…).

La presse écrite est emblématique de l’esprit d’entreprise de l’époque, avec une organisation qui ne connaît pas les barrières idéologiques contemporaines à l’instar de Jean Jaurès qui dirige pas moins de 1 600 employés au journal L’Humanité (créé en 1904) jusqu’en 1914, année où il est assassiné.

LE LIT NATIONAL 

imagesActivité: fabrication de lits, matelas et sommiers

Lieu: Paris

Date de création: 1909

CA: 3,7 millions d’euros dont 95% en France

Effectif: 43

Production annuelle: 600 matelas, 950 sommiers

L’entreprise a obtenu le label Entreprise du Patrimoine Vivant EPV (en 2012)

Des boutiques en France et en Corée du Sud.

L’entreprise fournit l’Elysée, et a fabriqué son premier matelas de 2 mètres pour le Général de Gaulle!

hist1L’entreprise fut fondée par le grand père de Christine Péjaudier. François Péjaudier, né en 1885 en Auvergne se retrouve, malheureusement,  orphelin à l’âge 15 ans. Le Certif’ pour seul bagage, il « monte»  à la capitale et devient apprenti dans un grand magasin au rayon literie. Cela l’inspire jusqu’à fonder sa propre entreprise en 1909 à l’époque l’entreprise s’appelait « LES USINES NATIONALES DE LA LITERIE » au Pré Saint Gervais, où elle sont encore aujourd’hui!

Quelques dates importantes

1920 : la création d’un lit en cuivre qui portera le nom de « lit national » et donnera d’ailleurs son nom à l’entreprise…

En 1924, sont inaugurés de vastes ateliers de fabrication au 7 rue Baudin dans la commune du Pré-Saint-Gervais. Baptisés « usine moderne électrique », ils sont tournés vers l’avenir et le progrès en marche.

1934 • La légion d’honneur

Après dix ans de travail, sa réussite sociale est reconnue. En 1934, François Péjaudier, qui dirige huit magasins (dont celui du Trocadéro, inauguré en 1928), est fait chevalier de la légion d’honneur. Il célèbre l’évènement en invitant tous ses employés en Normandie pour un dimanche convivial.

1939 • La guerre : les années noiresimages-2

Dépression économique, guerre, occupation et captivité de son fils … Le fondateur, François Péjaudier, s’éteint en 1941. Le Lit National tourne au ralenti en attendant des jours meilleurs.

1945 • La renaissance

Lorsque son fils Georges est libéré, il s’attelle immédiatement à la reconstruction. En dix ans, il renoue avec les racines de l’entreprise de son père et privilégie la qualité : le Lit National devient haut de gamme. Entre intimité, douceur nocturne et convivialité, la maison familiale renaît.

1958 • L’invention du Duo-Rêve

« Dormir ensemble, chacun dans son lit. » L’apparition du Duo-Rêve fait l’effet d’une petite révolution. Symbole du nouveau Lit National, il associe le confort indépendant, l’accroissement des dimensions de couchage et le sur-mesure.

logodelisleLA MAISON DELISLE

Activité: fabricant de luminaires – 5ème génération

Lieu: 4 rue du Parc royal, 75003 Paris – atelier à Montreuil

Date de création: 1895 – en 2015, la maison fête ses 120 ans

CA: 3,6 millions d’euros

Effectif: une vingtaine

70% des productions sont destinées à l’étranger : Moyen-Orient, Asie, Etats-Unis et surtout, donc Russie.

La Maison Delisle compte dans ses ateliers à Montreuil une quinzaine de collaborateurs : dessinateur, sculpteur, monteur, ciseleur, modeleur, ferronnier, peintre

95% des clients de la maison sont des architectes d’intérieur, qu’ils travaillent pour des particuliers ou des institutions.

Parmi les projets prestigieux menés par Delisle : le Château de Versailles, le Metropolitan Museum à New-York, Le Four Seasons Georges V Paris, Le Ritz Paris ou plus récemment le Prince de Galles Paris.

La Maison Delisle crée chaque année plus de 100 nouveaux modèles.

Les lustres, qui peuvent parfois accueillir jusqu’à 10.000 perles de cristal, sont suspendus dans une caisse, lorsqu’il n’atteignent pas 2.50 mètres.

delisle2HISTOIRE

« Delisle est aujourd’hui le dernier grand couturier du luminaire ».

Tout a commencé avec Henri Delisle, jeune décorateur, bronzier et ferronnier parisien qui obtient le prix du dessin d’art de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1897. Fort de ce prix prestigieux, il se fait connaître du Tsar Nicolas II, alors exilé en France, qui lui passe commande pour décorer son hôtel particulier à Boulogne. Lorsque ce dernier retournera en Russie, il fera encore appel à lui pour l’ornementation de sa nouvelle résidence. Dès lors, Henri Delisle se met à travailler pour les têtes couronnées de l’époque : le roi Albert Ier de Belgique, Pierre Ier de Serbie… Après la Première Guerre mondiale, il diversifie sa clientèle et se tourne vers les fortunes américaines puis le Moyen-Orient. Ses fils prendront la suite et ne cesseront d’élargir son périmètre, notamment avec la restauration des monuments historiques comme le Grand Trianon de Versailles en 1958.

« Plus de la moitié des créations signées Delisle sont réalisées sur mesure et dessinées à partir de documents d’archives de la Maison, de modèles inspirés d’une gravure ou encore de l’esquisse d’un architecte d’intérieur… » affirme Jean-Michel Delisle, Directeur Général de la Maison éponyme.

Depuis plus de 120 ans, Delisle a rassemblé dessins, aquarelles et esquisses qui constituent aujourd’hui plus de 7000 modèles archivés. Ce fond unique et exceptionnel retrace l’histoire des luminaires et des bronzes décoratifs depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui.

« Dans les années 60, mon grand père a recréé d’après archives tous les luminaires de l’Opéra de Versailles dans les années 60, celui-ci ayant été dépouillé lors de la révolution française ».

RAPPEL HISTORIQUE

En 1914, l’Europe domine le monde. Les grandes puissances rivalisent entre elles et forment des alliances défensives. L’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie forment la Triple Alliance ou Triplice alors que le Royaume-Uni, la France et l’Empire Russe forment la Triple Entente. L’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 déclenche le jeu des alliances, qui débouche sur une guerre européenne puis mondiale.

La bataille de Verdun en 1916 est une bataille de tranchées entre les Allemands et les Français. Elle a fait 300 000 morts de chaque côté. Les Etats-Unis entrent en guerre en 1917. La Triple Entente remporte la victoire. L’Allemagne signe l’armistice le 11 novembre 1918.

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