Business Club : le coup de gueule de Patrick Robin. Ecoutez son ITW

Publié le Mis à jour le

Ne dites pas à ma mère que j’étais un entrepreneur de gauche …elle croit que je suis devenu un salaud de riche ! 

(article le plus lu cette semaine) – Voici l’interview.
Patrick Robin, président fondateur de l’agence 24h00 s’explique dans le Business Club de France sur son « coup de gueule » qu’il a publié le 30 juillet dernier. Un coup de gueule « retwitté » au moins 20 000 fois ! Il ne s’attendait pas à une tel engouement.
Ce serial entrepreneur, depuis qu’il a 22 ans a créé pas moins de 15 entreprises,  s’explique sans tabou, sans langue de bois …

L’ITW diffusée sur BFM Business

Moi entrepreneur, j’ai mis 2 ans à oser me verser mon premier salaire

Moi entrepreneur, j’ai épuisé mes maigres économies pour investir dans mon premier projet

Moi entrepreneur, durant plusieurs années j’étais le moins bien payé de mon entreprise

Moi entrepreneur, il m’a fallu attendre 8 ans avant de prendre mes premières vacances

Moi entrepreneur, je travaille 6 jours sur 7 et ne parlons pas des horaires

Moi entrepreneur, j’ai sacrifié des amies et des amours

Moi entrepreneur, si je dépose le bilan, je suis marqué au fer rouge

Moi entrepreneur, si j’échoue je n’aurais pas le droit au chômage

Moi entrepreneur, après un dîner je retourne souvent travailler

Moi entrepreneur, je me suis souvent demandé comment j’allais faire mes échéances

Moi entrepreneur, je ne passe pas toujours de très bonnes nuits, ni de très bonnes journées d’ailleurs

Moi entrepreneur, en 30 ans j’ai créé une quinzaines d’entreprises et quelques 300 emplois sans doute

Moi entrepreneur, je n’ai jamais considéré l’argent comme un moteur, et quand il y en a je l’apprécie parce qu’il me permet d’entreprendre encore et encore…

Moi entrepreneur, je suis souvent reparti à zéro animé uniquement par la foi, l’enthousiasme et le gout de l’aventure

Moi entrepreneur, j’ai pris chaque fois tellement de plaisir à créer, construire, partager

Moi entrepreneur, j’ai fait des rencontres extraordinaires

Moi entrepreneur, je crois avoir créé de la valeur pour mon pays et j’en suis assez fier

Moi entrepreneur, sans doute coupable d’avoir « réussi », au yeux des autres tout du moins, je ne crois pas mériter d’être la cible de qui que ce soit comme si je devais avoir honte aujourd’hui d’avoir gagné de l’argent…

Moi entrepreneur, je ne crois pas devoir être catalogué de « riche » comme s’il s’agissait d’une insulte simplement parce que j’ai la chance d’avoir cédé certaines de mes entreprises à des montants qui ont été à la hauteur des risques et des renoncements qui leurs ont permis de se développer.

Moi entrepreneur, après avoir vendu ma première société j’ai tout réinvesti dans la suivante. Mais surtout je suis resté en France et j’étais même fier de payer mes impôts dans mon pays.

Moi entrepreneur, depuis 15 ans j’ai investi une partie de cet argent pour aider d’autres jeunes entrepreneurs – pour ceux qui s’imaginent que l’on ne fait cela que motivé par l’appât du gain, la rentabilité moyenne de ce type d’investissement est d’environ 2% l’an avantages fiscaux inclus (Mais les projets de la prochaine loi de finance pourrait bien nous décourager à tout jamais de continuer à prendre ce genre de risques imbéciles.)

Moi entrepreneur, je me sens persécuté, dénigré, mais aussi énervé, révolté et pour la première fois en 30 ans, découragé, démotivé… à quoi bon réussir, c’est tellement mal vu ces derniers temps.

PS: Nous aurions été des milliers d’entrepreneurs à pouvoir écrire ces quelques lignes. Un de mes amis, célèbre et talentueux entrepreneur lui, en réponse à la question d’un journaliste qui lui demandait s’il était de gauche ou de droite eut cet réponse juste et pleine d’ironie.

Patrick Robin

ITW et explications de Patrick Robin sur le point.fr

Le Point.fr : Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous exprimer ?

Patrick Robin : Je sens depuis plusieurs années la montée d’un malaise. Et par ailleurs, jamais autant de porteurs de projet ne m’ont confié : “Mon entreprise, je vais la créer, mais surtout pas enFrance.” C’est un immense gâchis pour ces créateurs et pour notre pays dans son ensemble. Cela me fait de la peine. Et m’a poussé à écrire cette tribune sous forme d’anaphore, la figure de style utilisée par François Hollande lors de la campagne présidentielle sur le modèle “Moi, président de la République”. Et comme l’ex-candidat, j’aurais pu continuer à dérouler mes arguments encore longtemps…

Quelles réactions ont suivi la publication de votre prise de position ?

Un buzz auquel je ne m’attendais pas sur Twitter. Et une foule de messages de type “merci d’avoir mis des mots sur un malaise que nous ressentions”. Par contre, aucun dirigeant politique n’a réagi à mon coup de gueule, ce que je trouve dommage. Les responsables politiques, de droite ou de gauche, sont très loin d’avoir la moindre idée de ce qu’est le quotidien d’un entrepreneur : plus de six jours travaillés par semaine, un pari sur l’avenir, et, en cas d’échec, aucune indemnité, alors même que nous cotisons et créons des emplois. Nous ne sommes pas des patrons voyous !

Que reprochez-vous à nos responsables ?

Essentiellement de faire l’amalgame entre quelques abus de dirigeants qui n’ont pas créé leur entreprise et le quotidien d’entrepreneurs qui risquent toutes leurs économies et leur réputation en développant un projet. Il y a quelques jours, Arnaud Montebourg a expliqué que “les entrepreneurs” devaient agir “en capitaines d’industrie plutôt qu’en rentiers”. Cette déclaration est le parfait exemple de la stigmatisation et de l’amalgame qui est fait entre entrepreneur et “richesse”, alors que des milliers d’entrepreneurs gagnent à peine plus que le smic. La France a un problème avec la réussite et l’argent, et on n’y encourage pas assez la prise de risque. Quand vous regardez la liste des personnalités préférées dans l’Hexagone, vous trouvez Yannick Noah ou Mimie Mathy, qui sont des personnes que je respecte beaucoup, mais aux États-Unis, c’est Steve Jobs qui est porté au nues. Or créer de la richesse n’est pas sale surtout quand cela permet de la redistribuer ensuite.

Que voulez-vous dire par là ?

Investir dans de jeunes entreprises devrait être facilité, et non pénalisé. Comme je l’ai écrit pour ceux qui s’imaginent que l’on place de l’argent dans une start-up motivé uniquement par l’appât du gain, “la rentabilité moyenne de ce type d’investissement est d’environ 2 % l’an, avantages fiscaux inclus”. Or, la prochaine loi de finances pourrait taxer davantage encore ces investissements. Résultat, en France, il sera bientôt moralement plus acceptable, et plus intéressant, d’investir dans une oeuvre d’art coûteuse et de la cacher dans un coffre que d’investir dans une start-up. C’est tout sauf faire un pari sur l’avenir.

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Une réflexion au sujet de « Business Club : le coup de gueule de Patrick Robin. Ecoutez son ITW »

    Eric a dit:
    16 septembre 2012 à 09:35

    Bonjour,
    Il y a aussi des entrepreneurs (mon patron et ses associés) qui, c’est certain, travaillent beaucoup mais prennent aussi leur week-end, des vacances et profite de leur vie.
    Bravo pour vos réalisations !

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