
Pierre Kosciusko-Morizet est un entrepreneur français, co-créateur du site de ventes en ligne PriceMinister et co-fondateur du fonds d’investissement des entrepreneurs de l’Internet ISAI. Il répond aux questions de la FEDAE (Fédération des Auto-Entrepreneurs) sur le régime de l’auto-entrepreneur.
Quel bilan tirez-vous du régime de l’auto entrepreneur ?
Un bilan excellent ! Non seulement le statut propose d’accompagner en douceur le coût social de son entreprise pour l’entrepreneur, mais surtout – et j’y attache une très grande importance – il est facile et rapide à mettre en place : on peut s’enregistrer en ligne et être aussitôt officiellement actif. Pour ceux qui créent leur emploi et doivent s’occuper de toutes les tâches à la fois de l’entreprise, chaque seconde gagnée compte, et cette facilité de mise en œuvre est un avantage unique dans notre dispositif juridique et social lié aux entreprises !
En termes d’impact social, quels éléments en tirez-vous ?
Une plus grand justice et équité : permettre au plus grand nombre de créer son activité officiellement et légalement, sans avoir forcément une formation ou culture générale en création et gestion des entreprises, est un avantage pour toute la société. C’est un facteur de dynamisme, et in fine d’emploi.
En ce qui concerne les charges sociales et fiscales, le fait qu’elles soient calculées en fonction du chiffre d’affaires réel – ce qui n’est pas le cas pour les autres créations d’entreprise où des minimums de prélèvements sociaux s’appliquent immédiatement avant même le premier euro de chiffres d’affaires – est aussi plus juste et plus motivant économiquement pour l’apprenti créateur.
En termes de soutien à l’entrepreneuriat, quels éléments en tirez-vous ?
La France n’a jamais autant créé d’entreprises ! « Toutes les entreprises ont été petites un jour », c’est le sous-titre du livre que j’ai écrit sur la saga PriceMinister.com.
Pensez-vous qu’il faille apporter un soutien aux auto-entrepreneurs ?
Oui. Il faut encourager, faciliter, motiver et même récompenser la création d’entreprises en France. A commencer par les auto-entrepreneurs.
Pensez-vous au contraire qu’il faille amoindrir le dispositif ?
Je vous laisse deviner ma réponse.
Quels aménagements pensez-vous qu’il faille appliquer au régime ?
Augmenter les plafonds maximaux de chiffres d’affaires, aussi bien pour les activités d’achat/revente que pour les prestations de services.
Pensez-vous que ce modèle soit un modèle d’avenir ou pas ?
Oui, car l’économie, et l’emploi, ont besoin de solutions multiples, qui apportent plus de souplesse et d’autonomie aux acteurs du marché.
Quels dispositifs plus généraux d’aide à l’entrepreneuriat souhaiteriez-vous voir appliqués ?
Des exonérations de charges sur les premiers emplois créés et pendant les premières années de la vie de l’entreprise. On ne demande pas à un bébé de savoir marcher au bout de 3 mois !
Source : FEDAE
Sur le même sujet : Réaction de Guillaume Cairou, PDG du groupe DIDAXIS et Président du Club des Entrepreneurs, membre de CroissancePlus, à la remise en cause envisagée par le Gouvernement du statut d’autoentrepreneur.
« La remise en cause de l’autoentreprise n’est pas justifiée. Supprimer ce statut c’est priver 1 million de personne d’un complément de revenu déclaré, c’est priver 3 millions de chômeurs d’un outil de lutte contre la précarité »
Quelques chiffres sont à cet égard révélateurs. Sur 23,5 millions d’entreprises américaines, 76% étaient il y a encore peu des autoentreprises alors même qu’en France, sur les 2,9 millions d’entreprises, à peine 50% d’entre elles étaient des entreprises individuelles, dont une infime partie seulement pouvaient alors être considérées comme des autoentreprises.
Les autoentrepreneurs apportent une indéniable contribution économique, fiscale, sociale et surtout, sociétale. Cela s’illustre d’ailleurs parfaitement par le fait que les seniors et les jeunes diplômés utilisent massivement ce statut, or ce sont avant tout les premières victimes de la rigidité de notre marché du travail.
Comprenons enfin que la création d’une activité d’autoentreprise c’est le premier pas vers la création d’une entreprise. Au-delà de tous les clivages politiques, reconnaissons que devenir autoentrepreneur c’est faire un premier pas vers la création de valeur. N’oublions pas que l’autoentreprenariat n’est qu’un sas, un régime juridique, social et fiscal de transition. C’est un test de la viabilité de son projet grandeur nature. L’autoentreprise n’est pas autre chose que ce stade 1 de l’entreprise. C’est l’initialisation d’une dynamique positive, si précieuse en période de crise et alors même que la durée moyenne de recherche d’emploi s’allonge de jour en jour.
S’il y a des dérives, je les condamne sans détours, mais cela ne justifiera jamais la remise en cause d’un statut aussi prometteur pour l’emploi.
Quoi de plus efficace que l’autoentreprise pour que les plus brillants d’entre nous testent leurs capacités à entreprendre. Encore faut-il que l’Etat remplisse son rôle : celui de la sécurisation de ces parcours. L’INSEE nous apprend d’ailleurs que « trois autoentrepreneurs sur quatre n’auraient pas créé d’entreprise en dehors de ce régime ». Pourquoi dès lors le démanteler ? A quoi veut-on vraiment renoncer? A leurs 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires ? A leurs 600.000 euros de contribution fiscale ?
Nous aimons, en France, entretenir les faux débats, attaquons-nous, enfin, aux vrais chantiers.
L’autoentrepreneur initie le cycle de l’entreprise dans notre économie. Ce sont les jeunes pousses d’aujourd’hui qui feront les grandes moissons de demain.
A propos de Didaxis
Créée en 2004 par Guillaume Cairou, Didaxis est un groupe de sociétés leader du conseil en prestations intellectuelles de haut niveau. La société réalise un chiffre d’affaire estimé à près de 45 millions d’euros en 2010 en progression constante depuis 6 ans. En 2010 Didaxis intègre la 1ère place du classement informatique Fast500 EMEA établi par Deloitte avec +2 234% de croissance.


