L’essentiel de l’émission des 12 & 13/11: le point sur le G20YES avec Sealock, Faguo et Borderline / Vérandas Rideau / Scoop.it / L’Unifi de Rodolphe Pedro

Ces samedi et dimanche 12 & 13 novembre, vous avez écouté sur les ondes de BFM Business : Jean-Marc Barki, dirigeant de SealockSébastien Specht, cofondateur de BorderlineNicolas Rohr, cofondateur de Faguo, qui nous ont révéle ce qui s’est passé au G20 YES. Gustave Rideau, fondateur de Vérandas RideauMarc Rougier, président de Scoop.itRodolphe Pedro, fondateur de l’Unifi.

INFO : L’interview de Rodolphe Pedro est à la fin du podcast. Des informations supplémentaires à découvrir en fin d’article ! 

Ecoutez l’émission:


RETOUR SUR LE G20 YES avec Sealock, Faguo et Borderline

SEALOCK

Avec Jean-Marc Barki, dirigeant

Membre de croissance plus depuis juin 2010

Activité : fabrication de colle industrielle

Lieu : Sallaumines (62)

CA : 4,7 millions d’euros – 10 millions pour le groupe (trois sites en Europe : Angleterre, France et Pologne) / croissance de 20%

Effectif : 21 – 49 pour le groupe

300 clients dans les domaines des arts graphiques, de l’emballage, du bâtiment, de l’industrie automobile et de l’aéronautique. Pour l’assemblage de supports aussi divers que du papier, carton, bois, PE, PP, PET, Métal).

L’entreprise SEALOCK fait partie des 1000 PME Françaises à potentiel de croissance recensées par le Ministère des PME. Elle a été récompensée en 2006 par le Trophée des Ponts d’Or remis par la Chambre de Commerce de Lens et en 2010 par le Trophée de la Performance Environnementale remis par la Chambre Régionale de Commerce et de l’Industrie du Nord-Pas-de-Calais.

Participation au G20 des entrepreneurs

Jean-Marc BARKI a fait partie de la délégation des 400 entrepreneurs du monde entier, dont 60 entrepreneurs français, qui se réuniront du 31 octobre au 2 novembre à Nice lors du G20 YES (Young Entrepreneur Summit) avec pour objectif de remettre aux autorités politiques du G20 des propositions de mesures destinées à promouvoir l’entrepreneuriat, une des clés  pour sortir de la crise.

Présentée par le réseau d’entrepreneurs Croissance Plus, la candidature de Jean-Marc BARKI a été sélectionnée parmi près de 800 candidatures par un jury de personnalités du monde économique le 16 juin dernier en présence du Ministre de l’Economie, Christine Lagarde.

Pour Jean-Marc BARKI, 46 ans, dirigeant de SEALOCK depuis 1996, sa participation au G20 YES est un moyen de rappeler que le tissu économique français, y compris celui du Nord-Pas-de-Calais dont il sera le seul représentant, ne se limite pas aux grandes entreprises mais que 98% des structures sont des TPE-PME et qu’elles sont le moteur économique de demain. Afin de favoriser leur croissance, il proposera d’harmoniser les règles du jeu au niveau européen : délais de paiement, impôt sur les sociétés, démarches administratives etc.

Reçu à l’Élysée avec une dizaine d’entrepreneurs de la délégation française du G20YES par Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy le 13 octobre 2011, puis par Monsieur

Éric Besson le 27 octobre avec l’ensemble de la délégation, le dirigeant de la PME SEALOCK, Jean-Marc Barki a participé au G20YES (Young Entrepreneur Summit) du 31 octobre au 2 novembre à Nice. Durant ces trois jours de sommet, Jean-Marc Barki a partagé avec  plus de 400 entrepreneurs emblématiques des pays du G20 la mission de débattre, au sein de différents groupes de travail, de la culture entrepreneuriale, du rôle de l’enseignement et la formation, de l’accès au financement, de la réglementation et des écosystèmes entrepreneuriaux.

Leurs travaux seront rendus sous forme de propositions aux Chefs d’État du G20, rassemblés à Cannes à partir du 3 novembre. Leur ambition : relayer l’urgence de prendre des décisions au plus haut niveau pour développer l’entrepreneuriat dans tous les pays du G20.

Jean-Marc Barki faisait partie des 30 entrepreneurs du monde entier réunis au sein du groupe de travail sur la transformation de l’écosystème entrepreneurial conduit par le Professeur Daniel Isenberg, de Babson Global aux Etats-Unis, spécialiste mondial de l’entrepreneuriat. Le groupe a réfléchi aux moyens de développer la culture entrepreneuriale. Leurs travaux et plans d’actions opérationnels ont été restitués aux 400 entrepreneurs à l’issue de la première journée du sommet.

Jean-Marc Barki a également collaboré aux travaux préparatoires du prochain G20 YES qui se tiendra à Mexico en 2012 dans un groupe de travail sur le financement. Il a notamment proposé : une baisse de la fiscalité pour encourager l’innovation  et l’investissement,  une franchise d’impôt sur les bénéfices « spécial PME » pour améliorer les fonds propres, un assouplissement des règles d’amortissement des investissements, une harmonisation de la fiscalité en Europe (TVA unique) ainsi qu’une réduction des délais de paiement (45 jours maxi) dans toute l’Europe.

Le marché de l’industrie de colles, mastic et adhésifs + expansionLa PME présente en Europe (Benelux, Espagne, Royaume-Uni, Pologne, Italie, Portugal) évolue dans le marché fructueux des industries  de colles, mastics et adhésifs évalué à près de 15 milliards d’euros. « Nous nous concentrons d’abord sur l’Europe, puis sur les marchés de la Tunisie, de l’Egypte et de la Turquie» explique Jean-Marc Barki qui  ne délaisse pas pour autant ses plans d’innovation. « Nous lançons actuellement une opération en Inde avec le groupe Tata pour développer un produit high-tech » ajoute le PDG.

Portrait de JM Barki

Ancien champion de cross équestre, grand amateur de jeu d’échec (« Une excellente leçon de vie pour un chef d’entreprise qui doit toujours avoir au moins trois coups d’avance sur son marché »), ancien comédien de théâtre, ancien président de la Fédération européenne des industries de colles et adhésifs, membre de la commission consommation du MEDEF, militant actif de Croissance Plus et de la cause des PME, membre de multiples think tank et comités stratégiques, patron d’une entreprise de colle industrielle de 23 salariés à Sallaumines, enfin heureux mari et papa de trois beaux enfants dont les portraits tapissent les murs de son bureau. « Je suis un hyperactif, c’est vrai. Pendant longtemps, j’avais besoin d’être partout, de ne rien rater, un besoin de reconnaissance aussi sans doute ».

Autodidacte

Très certainement. Car Jean-Marc Barki fait partie de ces entrepreneurs autodidactes, un ancien gaucher contrarié, qui a « brillamment raté » deux fois son bac et son BTS informatique, qui a dû longtemps prouver à lui-même et aux autres qu’il n’était pas un bon à rien. Mais qu’il était surtout un « déterminé », soucieux « d’apporter et de bâtir ». Fils et petit-fils d’agents de fabrique dans la papeterie en région parisienne, Jean-Marc Barki a toujours vécu dans la culture de l’entrepreneuriat, de la rigueur et du sens du travail. « Au cours de mon BTS, j’avais créé une junior entreprise. J’avais envie de construire quelque chose ». L’opportunité se présentera en 1993, quand il devient agent commercial pour la France du fabriquant britannique de colle industrielle Sealock, et qu’il bâtit en 1996 à Sallaumines la première usine française du groupe, dont il prend la direction. « J’ai choisi le Nord car j’y ai rencontré des gens déterminés et volontaires ». Comme lui.

Le petit patron de PME se retrouve propulsé en 2006 à la présidence de la Fédération européenne des industries de colles et adhésifs, au milieu des dirigeants des plus grands groupes. « C’est là que j’ai voulu faire entendre la voix des plus petits. L’économie française, c’est moins de 200 entreprises de plus de 5 000 salariés, mais 165 000 PME de moins de 250 salariés et 2,5 millions de moins de 10. Ce sont ces petits ruisseaux qui font les grandes rivières, qu’il faut défendre, soutenir. Les vrais créateurs de valeurs et d’emplois sont là ».

http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Chimie_et_Pharmacie/2011/09/26/article_jean-marc-barki-ce-sont-les-petits-ruis.shtml

FAGUO

Avec Nicolas Rohr, dirigeant cofondateur

Les propositions formulées par Nicolas Rohr

« Il faudrait que la culture de l’entrepreneuriat soit plus présente dans les cycles d’études. Cela pourrait passer par l’introduction de cours d’entrepreneuriat dès le collège et avec un véritable test de création de projet avant le baccalauréat».

« Il faudrait encourager le développement des pratiques d’accompagnement des jeunes entrepreneurs, telles que le mentorat».

« Il faudrait que nous soyons unis entre PME pour rencontrer les banques et bénéficier ainsi d’une voix plus forte. Cela nous éviterait de perdre du temps avec des démarches fastidieuses. Un temps précieux pendant lequel nous ne travaillons pas ».

Pour plus d’informations sur Faguo, lisez l’essentiel de l’émission des 8 & 9 octobre

BORDERLINE

Avec Sébastien Specht, cofondateur

Pour plus d’informations sur Borderline, lisez l’essentiel de l’émission des 8 & 9 octobre

VERANDAS RIDEAU – ALUMINIUM RIDEAU

Avec : Gustave Rideau, Président fondateur, ancien compagnon du Tour de France

Activité : Vérandas, abris piscine, mobil-homes

Date de création : 1975

CA : 58 millions d’euros en 2010

Effectif : 470

Siège social : La Roche sur Yon (85)

60 emplois créés entre 2009 et 2010

58 équipes de pose

Plus de 5000 réalisations annuelles

3 sites de production en Vendée + 1 dans le Pas-de-Calais

Un des leaders du domaine en France, dans le Top 15 des entreprises vendéennesAmbassadeur : l’expert en habitat Stéphane Plaza (M6)

Véranda Rideau a créé sa propre équipe cycliste

Moyenne âge des clients : 45-75 ans

Gustave Rideau a entamé sa conquête du territoire national en évoluant à contre-courant de la crise. Son entreprise a enregistré une croissance de 10 % en 2009 pour un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros.

Source : http://www.velo101.com/amateurs/article/interview-de-gustave-rideau–243

Historique
En 1975, Gustave Rideau et son épouse créent leur société en Vendée, dans un modeste local de 200 m². Dix ans plus tard, l’entreprise dispose de sa propre gamme de profilés aluminium et développe sa production de vérandas. En 1993, la société emménage dans une usine neuve de 1 500 m², qui sera rapidement portée à 6 500 m², à Saint-Mathurin, près des Sables d’Olonne. Suivront successivement plusieurs diversifications dans l’abri de piscine, la construction de mobil homes (Ridorev’) et de maisons bois en kit.
Début 2008, la nouvelle unité de production a ouvert ses portes sur le Parc Eco 85 proche de la Roche-Sur-Yon. Cette usine ultra moderne s’étend sur 22 000 m² d’ateliers et de bureaux et donne un nouvel essor à l’entreprise en doublant sa capacité de production. Située à proximité du réseau autoroutier reliant le grand Ouest à l’ensemble du territoire, cette implantation favorise l’expansion du groupe vers le marché français, à  commencer par la région parisienne. De plus l’entreprise se rapproche ainsi d’un bassin d’emploi où elle pourra recruter de nombreux nouveaux collaborateurs. En 2009, le Groupe Rideau met en place une stratégie marketing et de communication offensive visant à s’étendre sur le territoire national. Il se dote à la fois d’une nouvelle marque commerciale : Véranda Rideau (vérandas et abris de piscine) et d’un nouveau logo. Stéphane Plaza, expert habitat de la chaîne TV M6 devient l’ambassadeur de la marque Véranda Rideau. En 2010, le groupe Rideau rachète la société Rondelez dans le Nord et se dote de 18 nouveaux Espaces Conseil. Véranda Rideau se déploie désormais de Boulogne/Mer à Dax. Un réseau de distributeurs réunis sous la marque Véranda Plus assure le développement commercial de la marque sur le reste de la France.
A cette même date Gustave Rideau, passionné de cyclisme, s’engage dans le sponsoring sportif avec l’équipe de vélo évoluant en DN1 : Véranda Rideau Sarthe. En juin 2011, Freddy Bichot, un des leaders de l’équipe, devient Champion de France Amateur à Boulogne sur Mer.

Produits

3 pôles :

-       Vérandas : site de 22 000 m2 à La Roche sur Yon

-       Abris de piscine : 7 000 m2 à St Mathurin, près des Sables d’Olonne

-       Mobil-homes : gamme destinée aux professionnels de l’hôtellerie de plein air. Près de la Roche sur Yon

SCOOP.IT

Avec Marc Rougier, président

16 salariés

Basé à Toulouse

ACTU

Lancement de la version publique cette semaine!

Pour Scoop.it, c’est la fin de phase de béta privée, avec des chiffres super encourageants: plus de 2 millions de visites le dernier mois, 35% de croissance par mois depuis avril, une communauté super active. Ils avaient parié sur l’idée de baisser la barrière de l’expression par la curation, permettre à chacun de devenir un éditeur sur ses sujets de passion ou d’expertise. Les utilisateurs ont répondu positivement!

Pour RMC(opération Trophées PME "Bougeons Nous" nous avions réalisé un reportage dans les locaux de Scoop.it

Ils lancent donc la version publique, ouverte à tous sans invitation, et gratuite. Et en même temps, la version Business, qui comprendra quelques fonctions supplémentaires (full branding, performance tracking et quelques fonctions avancées). Une version qui vise les entreprises qui doivent être présentes sur le web et les média sociaux. Ils ont déjà quelques clients et quelques résultats ultra prometteurs (en SEO notamment). Un des associés est maintenant installé aux US.

Le principe

Le principe de Goojet est déjà de trier, de thématiser les infos qu’on rend disponibles sur le téléphone mobile car c’est une plateforme moins pratique pour surfer qu’un ordinateur. Cette façon de catégoriser l’information correspond aujourd’hui à une nouvelle tendance : la curation. C’est un mot venu des Etats-Unis, et qui fait référence au « museum curator », le commissaire d’exposition en français, qui sélectionne les pièces en vue d’une exposition, et les mets en valeur. Certes, le terme de curation n’est pas très joli, mais il a une racine latine, qui signifie « prendre soin de », ce qui est plutôt charmant !

En quoi consiste exactement cette curation ?

Avec Scoop.it, nous avons voulu permettre à tout un chacun de créer son propre thème par l’agrégation de contenu. La curation devient de plus en plus importante car elle propose une 3ème façon de chercher du contenu sur le web. Jusqu’ici, la 1ère façon passait par l’utilisation des moteurs de recherche, et la 2ème par le partage des infos entre êtres humains via les réseaux sociaux. La curation propose une nouvelle façon de trouver l’information, par le sens, la valeur qu’elle a. La curation est avant tout un espace d’expression. Tenir un blog prend beaucoup de temps, et demande un savoir-faire qu’on n’a pas nécessairement ? La curation permet une autre optique : celle de l’édition. On n’écrit pas ses propres articles, mais on agrège le meilleur d’internet sur un sujet précis (la cuisine italienne, le vin, les logiciels gratuits, etc.) et on le partage. Ce qui donne un magazine qualitatif, fait par un être humain, qui souhaite partager sa passion.

La plateforme vous offre 3 outils :

-       Un moteur de suggestion, qui fait pour vous de la veille sur internet, fouille Google, Twitter, Digg, etc. et en ressort le contenu approprié

-       Un moyen simple de sélectionner ce qui vous intéresse, en un clic, qui ouvre une fenêtre d’édition, vous permettant de changer la photo, le titre, d’ajouter un clin d’œil, etc.

-       Un outil de partage: vous possédez alors un URL, par exemple, scoop.it/leviolonparjeandupont, ce qui permet, dans le même acte de curation, de partager vos recherche sur les autres médias sociaux

UNIFI 

Avec son Président fondateur : Rodolphe Pedro

Rodolphe Pedro est un autodidacte issu d’un quartier défavorisé et qui s’est battu activement sans baisser les bras pour créer la CFCI, première compagnie financière indépendante de France.

Les promotions sont en fait des classes de 20 élèves – tous décrocheurs, c’est-à-dire qu’ils ont quitté le système scolaire sans même un bac ou un brevet des collèges – qu’on amène au métier de démarcheur financier. L’idée est de former ces jeunes pour les placer ensuite directement dans des grands groupes du domaine de la banque ou de l’assurance. A l’issue de la 1ère promotion, la CFCI a placé les diplômés dans des compagnies financières comme Axa, qui leur ont donné la priorité d’embauche. Cette 1ère promo comportait donc 20 élèves dont 13 ont été embauchés, et 7 qui n’ont pas eu le diplôme. R. Pedro insiste sur le fait que ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas bons, mais tout simplement qu’ils ne sont pas prêts. La matière humaine est difficile à travailler, quand on est dans un engrenage d’échec depuis sa plus tendre enfance, que les profs et l’entourage nous renvoient une image négative, c’est difficile d’avoir confiance en soi.

Extraits de l’interview au Business Club de France en 2010

« Je suis capable de créer 10 000 emplois de démarcheurs financiers. Rappelons les chiffres, en France, les banques, compagnies d’assurances ou CGPI (Conseillers en Gestion de Patrimoine Indépendants) que je représente à travers mon groupe CFCI ont besoin de 50 000 démarcheurs financiers. Avec l’aide de mécènes privés et des pouvoirs publics, je suis capable de créer sous 36 mois 10 000 emplois. Mais je ne vais pas tout faire tout seul, j’ai financé la 1ère promo, pour la 2ème j’ai la chance d’avoir le soutien d’AGEFOS PME qui me permet de donner une aide financière aux jeunes que je forme. Car l’idée est bien sûr d’avoir université gratuite mais surtout d’aider les jeunes à payer leurs déplacements, à se payer le costume et la cravate obligatoires dans cette université, etc.

Je crois réellement que tant qu’on aura une élite surdiplômée, blanche, et complètement déconnectée de la masse, qui elle est arc-en-ciel, on n’y arrivera pas. D’où me vient cette énergie? Tout simplement des injustices que j’ai vécues. Ma volonté est surtout de mettre mon pragmatisme au service des autres, je ne veux pas être un acteur politique, ça ne m’intéresse pas, la seule chose que je veux faire c’est créer cette université, parce que la valorisation par le travail est selon moi la seule chose qu’on peut offrir à nos jeunes. On leur a déjà proposé des boulots rébarbatifs d’employés municipaux, qui ne leurs convenaient pas du tout, il faut leur proposer des formations motivantes. En France, il y a 160 000 décrocheurs par année, 3 sur 4 sont inscrits au chômage longue durée, et c’est ce qui est à l’origine des problèmes de violence ».

J’imagine qu’une telle entreprise peut devenir décourageante de temps en temps, non?

C’est vrai, mais jusqu’ici j’ai eu la chance d’avoir le relais des médias qui ne m’oublient pas. La classe politique ne réagit qu’aux médias. Tant qu’on arrive à communiquer, il y a de l’espoir, je suis sûr que la situation va se débloquer un jour. L’UNIFI n’est pas toujours bien perçue par les élitistes financiers, mais personnellement j’affirme que la différence entre un bon et un mauvais employé est la formation. Ce n’est ni l’origine sociale ou ethnique, ni le bagage scolaire, mais la formation qu’on donne à nos jeunes qui les conduira à trouver place dans la société.

Beaucoup ont une image négative de ces jeunes, pensant qu’ils ne veulent pas travailler, qu’ils sont fainéants, etc. J’ai personnellement rencontré beaucoup d’entre eux, et c’est faux, vous le confirmez?

Tout à fait, et le profil de ces jeunes, c’est le mien! Je suis un décrocheur, j’ai quitté l’école à 16 ans, monté ma boîte à 17 et j’étais en faillite personnelle à 21. Quand on sort d’un quartier, qu’on n’a aucun code, aucun réseau, on se casse la figure et c’est ainsi qu’on apprend. J’ai dû me relever plusieurs fois. Et je peux affirmer que si je n’avais pas créé ma boîte, qui est devenue la 1ère compagnie financière indépendante en France, dont je suis le président depuis 15 ans, personne ne m’aurait donné cette place, alors que je la méritais, la preuve! En France, on est dans la sanction du diplôme, la sanction sociale. Il est temps de faire éclater ce plafond de verre omniprésent. Des millions de gamins ont besoin de trouver un boulot et une place dans la société. Parce que s’ils ne trouvent pas leur place, c’est la société dans sa globalité qui court à sa perte.

Vous avez tout de même des critères de sélection pour l’entrée à l’Unifi?

Effectivement, car je ne suis ni un éducateur ni une assistante sociale. La perfusion sociale sous laquelle on a mis nos quartiers défavorisés depuis 30 ans, je n’y adhère pas. Chez moi, c’est une méritocratie. Pour la 2ème promo, une centaine de jeunes se sont présentés et je n’ai pu en prendre que 20, j’ai pris uniquement les jeunes qui ont franchi les 7 étapes du recrutement. En 2011, on ouvre dans le 93 et j’appelle le public, les politiques et les mécènes privés, à réunir leurs forces afin d’ouvrir une promo dans chaque grande ville française et à arrêter de me laisser faire ça à bout de bras tout seul car effectivement, parfois j’ai l’impression d’être Don Quichotte!

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Publié dans Résumés émissions Business Club de France

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